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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayFébrilité au sein de l’industrie des pêches de Terre-Neuve-et-Labrador, où la morue du Nord, longtemps un symbole de la surpêche et de la mauvaise gestion, pourrait bientôt obtenir une certification mondiale en matière de durabilité.
Signe du rétablissement des stocks de morue, l’obtention du fameux label bleu du Marine Stewardship Council (MSC), un organisme créé en raison de l’effondrement des stocks de morue et du moratoire décrété au large de la province, donnerait aux transformateurs l’accès à plus de marchés et arriverait à un moment où le ministère des Pêches et des Océans (MPO) augmente progressivement les quotas.
Le MSC existe en raison de ce qui est arrivé ici, au Canada, en 1992, explique Alberto Wareham, PDG d’Icewater Seafoods, dans son usine d’Arnold’s Cove. À l'époque, le moratoire supprimait d'un coup environ 30 000 emplois à Terre-Neuve-et-Labrador.
C’était un moment assez poignant quand nous étions à Barcelone, en avril dernier, et que nous avons annoncé que la morue du Nord, l’emblème de la surpêche, était en cours d’évaluation par le MSC, raconte-t-il.

Alberto Wareham, propriétaire d'Icewater Seafoods, dans son usine à Arnold's Cove, à Terre-Neuve, le 8 juillet 2026
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Revirement extraordinaire
Le mercredi 8 juillet, quelques jours seulement après l’ouverture de la pêche commerciale à la morue dans les eaux à l’est de la province, 320 travailleurs étaient à l'œuvre jour et nuit pour transformer ce poisson de fond blanc.
Notre usine a survécu au moratoire, affirme fièrement Alberto Wareham, dont huit générations de sa famille ont travaillé dans le secteur des pêches.

Un bac rempli de glace et de morues du Nord à l'usine d'Icewater Seafoods, le 8 juillet 2026
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
On en est fiers, renchérit son fils, Ryan, habillé en filets à cheveux et à barbe, sur le plancher de l'usine de 70 000 pieds carrés. C'est une entreprise familiale. [...] Le bureau de mon père, il est ici, il n'est pas à Halifax ou Saint-Jean ou Toronto.
Lorsque le moratoire sur la morue du Nord a été annoncé, l’usine achetée par la famille Wareham en 2004 est restée à flot en achetant de la morue pêchée par des navires norvégiens et russes.

Des travailleuses transforment de la morue du Nord à l'usine d'Icewater Seafoods, le 8 juillet 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
La pêche commerciale à la morue a enfin rouvert au Canada en juin 2024 et, depuis l’an dernier, Icewater ne transforme que de la morue terre-neuvienne à longueur d’année. C’est extraordinaire, croit Alberto Wareham, qui a dépensé environ 15 millions de dollars à l’usine entre 2018 et 2020 afin de se préparer pour le retour de la morue locale.
Nous avons l’usine, nous avons les travailleurs, nous avons les marchés, claironne celui qui espère transformer 25 % de plus de morue, en 2026, et qui emploie actuellement 97 travailleurs étrangers temporaires. Résultat de l’expansion des activités de l’usine, mais aussi de la main-d’œuvre vieillissante de l’entreprise rurale, située à 150 km à l’ouest de Saint-Jean.

Un tapis roulant transporte des morues du Nord à l'usine d'Icewater Seafoods, à Arnold's Cove, dans l'est de Terre-Neuve, le 8 juillet 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Déclin des quotas norvégiens, russes
Les stocks de morue canadiens sont les seuls qui sont prévus d’augmenter dans les années à avenir, ajoute-t-il, en soulignant notamment la dégringolade (nouvelle fenêtre) des quotas de la Norvège et de la Russie, qui atteignent 285 000 tonnes, soit leur plus bas niveau depuis 1991.
En Islande, les autorités ont recommandé en juin que les quotas soient réduits (nouvelle fenêtre) de 1 %, passant à 202 000 tonnes, pendant la prochaine saison de pêche.

L'usine d'Icewater Seafoods, à Arnold's Cove, dans l'est de Terre-Neuve, le 8 juillet 2026
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Ce déclin des quotas en Europe et en Russie fait surgir (nouvelle fenêtre) la demande et les prix. Les Wareham s'en réjouissent.
On atteint des prix record, indique Alberto Wareham.
Pour sa part, le Canada a augmenté de 55 % le total autorisé des captures de morue du Nord, cette année. Les quotas globaux s’élèvent désormais à 59 000 tonnes et devraient continuer de grimper, croit Alberto Wareham, puisque les données scientifiques montrent que la biomasse du stock reproducteur en eaux canadiennes dépasse (nouvelle fenêtre) désormais les 542 000 tonnes, soit une augmentation de 20 % par rapport aux estimations de 2025.
La biomasse du stock reproducteur représente le poids total de tous les poissons d'un stock qui ont atteint la maturité de reproduction.

Des filets de morue du Nord à l'usine d'Icewater Seafoods, le 8 juillet 2026
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Certains groupes environnementaux, dont Oceana Canada (nouvelle fenêtre), dénoncent la gestion myope de l'espèce par le MPO et la hausse des quotas, qui risque d'être trop rapide, selon l'organisation.
Nous pensons nous aussi au long terme, soutient pourtant Alberto Wareham. [Le Canada] adopte une approche très précautionneuse.
Une certification très convoitée
Alberto Wareham explique que certains clients en Europe et en Amérique du Nord se tiennent à l’écart de produits qui n’ont pas la certification du MSC, ce qui fait que le label bleu de l’organisme est très convoité.
Il espère qu’en obtenant le label, sa compagnie, qui a aussi reçu en juin une certification Brand Reputation through Compliance Global Standards (BRCGS), sera capable de vendre ses produits à n’importe quel acheteur sur la planète.
Icewater s’attend à ce que le MSC prenne sa décision au premier trimestre de 2027.


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