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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMême si l’odeur de la campagne électorale se fait sentir à plein nez au Québec, les autobus n’ont pas encore démarré leur moteur. N’empêche, les différentes formations politiques multiplient les annonces pour tenter, déjà, de séduire les électeurs.
Que doivent faire les chefs cet été pour séduire les Québécois? À quel point doivent-ils être visibles? Peuvent-ils se permettre de prendre des vacances? Nous en avons discuté avec deux politologues.
Une campagne électorale, c’est très court. Il faut commencer avant à dévoiler à la population ce qu’on a à leur proposer, lance le professeur en science politique à l’Université de Montréal, Frédérick Bastien.
La commande est costaude, puisque la campagne durera entre 33 et 39 jours. La première ministre, Christine Fréchette, décidera de la date officielle du déclenchement des élections fin août.
Une fois la campagne lancée, les chefs sillonneront les quatre coins de la province à la rencontre des électeurs. Ils participeront également à des débats et de grandes entrevues, entre autres.

Frédérick Bastien est professeur titulaire au Département de sciences politiques de l'Université de Montréal.
Photo : Radio-Canada
Pour pouvoir exceller en campagne électorale, il faut que ces personnes soient reposées et soient en forme, souligne Frédérick Bastien. La réalité, c’est que c’est extrêmement difficile pour les chefs de prendre des vacances, renchérit le professeur à l'École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, Jean-François Daoust.
Les politologues expliquent que, même pendant l’été, ceux qui aspirent au poste de premier ministre doivent toujours être prêts à intervenir si l’actualité l’impose, puisque les gens s’attendent à ce que la personne réponde.
L’équilibre d’être assez visible
Les deux experts conviennent aussi que, si les partis politiques doivent commencer à se positionner et à dévoiler certains aspects de leur plateforme électorale avant le déclenchement officiel, il y a un équilibre à respecter. Il ne faut pas aller trop loin et ne pas brûler toutes les cartouches, précise Frédérick Bastien.
Soyons honnêtes, nous sommes au mois de juillet. Ce n’est pas la période de l’année où les gens sont les plus à l’écoute de ce que les partis politiques ont à leur dire, explique-t-il, ajoutant que les politiciens doivent occuper l'espace public et ne pas laisser toute la place à leurs adversaires.
Jean-François Daoust est d’avis que les électeurs indécis ne se laisseront pas nécessairement séduire en plein été. Les partis politiques doivent tout de même être prudents pour éviter les gaffes, puisque le cycle médiatique est au ralenti et les erreurs collent plus longtemps dans l’actualité.
La première chose à faire, c’est de minimiser les mauvais coups. Et ça, selon moi, c’est nettement plus important que de tenter de frapper de grands coups durant l’été.
Il cite en exemple les désistements de candidats. Ce genre de nouvelle est difficile à surmonter en plein été pour les équipes politiques, surtout que le temps presse pour recruter suffisamment de candidats. Les cinq principales formations politiques doivent en recruter 127 d’ici le déclenchement de la campagne électorale.
Les partis ne veulent pas arriver à la fin du mois d’août avec la possibilité que les adversaires disent qu’ils n’ont pas vraiment d’équipe!, lance le politologue.

Jean-François Daoust est professeur à l'École de politique appliquée à l'Université de Sherbrooke. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier
À travers ce processus, Jean-François Daoust soutient qu’il y aura nécessairement de mauvaises surprises en épluchant le passé de certains candidats. Ce qu’il ne faut pas, pour les partis politiques, c’est d’avoir l’air amateur dans leur filtrage des candidatures, dit-il.
Priorité : mobiliser les militants
L’autre grande priorité estivale pour les chefs de partis, c’est de mobiliser leurs militants.
On veut avoir une base militante qui est là, qui est enthousiaste et qui va répondre présente dans quelques semaines essentiellement pour préparer la campagne électorale, souligne Jean-François Daoust.
Ces militants et bénévoles doivent être séduits et prêts à aller poser des pancartes, faire des appels téléphoniques, faire du porte-à-porte et identifier les intentions de vote. Ils sont essentiels aux succès électoraux.
Ce travail de terrain estival pour les chefs implique des barbecues et des épluchettes de maïs dans les associations locales pour amasser du financement et encourager les militants.
Selon Frédérick Bastien, le choix géographique des circonscriptions dans lesquelles les chefs passeront du temps cet été est aussi un indice pour évaluer leurs intérêts stratégiques.
Est-ce qu’ils s’orientent davantage vers ce qu’on pourrait appeler une campagne de conquêtes ou au contraire vers une campagne de maintien où on essaye de limiter les pertes?, se demande le professeur.


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