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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes coups de feu dans l’hôtel Hilton de Washington, où Donald Trump assistait au dîner des correspondants de la Maison-Blanche, mettent en relief non seulement la rapidité de réaction de la garde rapprochée du président mais aussi des lacunes potentielles dans les mesures de sécurité de l’hôtel, selon des spécialistes consultés par Radio-Canada.
À 20 h 36 samedi, alors que 2600 convives, journalistes et politiciens, entamaient leur repas dans la salle de bal du sous-sol de l’hôtel, un homme de 31 ans, client de l’établissement, a tenté de forcer la zone de sécurité, lourdement armé.
Se sont ensuivis des tirs et l'arrestation du suspect. Même si l’homme, armé d’un fusil de chasse, d’un pistolet et de plusieurs couteaux, était encore à une bonne distance de la salle de bal quand il a été neutralisé, la question de la sécurité est sur bien des lèvres.
Le quartier était bouclé et des chiens renifleurs se trouvaient sur place. Toutefois, selon le journaliste de Radio-Canada Hugo Lavallée, qui assisait au gala, ce n’était pas si compliqué d'entrer. Il pleuvait, les gens voulaient entrer rapidement, il suffisait de montrer son billet. On a regardé le mien rapidement, même pas besoin de montrer de pièce d’identité, a-t-il souligné.
À l’extrémité du lobby de l’hôtel, juste avant les accès qui mènent au sous-sol et à la salle de bal, un point de contrôle et de sécurité avait été installé. Il était doté de détecteurs de métal qui étaient en cours de démontage à ce moment-là. C’est à cet endroit que l’assaillant a tenté de forcer le passage.

Des agents ont maîtrisé le suspect qui aurait ouvert le feu lors du dîner des correspondants à Washington le samedi 25 avril 2026.
Photo : Reuters / Bill Frischling / CQ Roll Call
Dans le manifeste qu'il a fait parvenir à sa famille, le tireur présumé disait prévoir cibler des responsables de l'administration Trump, classés par ordre de priorité du plus haut rang au plus bas.
L'assaillant présumé a également mentionné la sécurité défaillante, selon lui, de l'hôtel Washington Hilton. La première chose que j’ai immédiatement remarquée en entrant dans l’hôtel, c’était ce sentiment d’arrogance, a-t-il écrit. J’entre avec plusieurs armes et pas une seule personne ici n’envisage la possibilité que je puisse être une menace.
Les services secrets ont vérifié les noms des clients de l'hôtel dans une base de données recensant les personnes faisant l'objet de mandats d'arrêt ou recherchées par les forces de l'ordre. Or, Cole Thomas Allen, qui était enregistré comme client de l'hôtel, n'était pas connu des services de police, a déclaré un responsable des forces de l'ordre fédérales à CNN.
Selon Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC, cette situation illustre toute la difficulté d’organiser des activités dans des lieux publics. En entrevue à ICI RDI, il a déclaré que le périmètre extérieur [autour de la salle de bal] semblait être beaucoup plus vulnérable. Mais c'est plus difficile, car il faut laisser les clients de l’hôtel vaquer à leurs occupations.
Cet avis est partagé par Normand Desrochers, policier à la retraite de la Sûreté du Québec et ancien garde du corps de Jean Charest. Il souligne néanmoins que l’assaillant était encore loin de la salle de bal et donc que le président et son vice-président n’ont jamais été en danger immédiat.

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Si les convives ont eu l’impression que les coups de feu étaient tirés tout près, c’est à cause de l’écho occasionné par des tirs effectués à l’intérieur du bâtiment, a expliqué le policier.
M. Desrochers s'est toutefois dit surpris que, compte tenu du contexte politique tendu, l’entourage de Donald Trump l’ait laissé se présenter à un endroit où le président Ronald Reagan avait lui aussi essuyé une tentative d’assassinat en 1981.
On a déjà vu les services secrets américains refuser que le président Barack Obama participe à un événement en Amérique du Sud, car le niveau de sécurité demandé aux autorités en place ne correspondait pas à celui demandé par les services secrets, a-t-il dit.

Le président américain Donald Trump a été évacué lors du dîner annuel de l'Association des correspondants de la Maison Blanche, à Washington, le 25 avril 2026.
Photo : Reuters / Bo Erickson
Ce n’est pas un édifice particulièrement sûr. Notre salle de bal à la Maison-Blanche sera bien meilleure, a d’ailleurs déclaré le président Trump dans la foulée de l'événement.
Cette affirmation fait sourire le professeur Cloutier-Roy, directeur adjoint de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM. Donald Trump a lui-même des hôtels, dont un qui a fait faillite à Washington, alors il était dur pour lui de ne pas en profiter pour parler de sa fameuse salle de bal et pour envoyer une pointe à une compagnie rivale [les hôtels Hilton].
Efficacité de la garde rapprochée
Cela dit, les deux anciens policiers saluent la rapidité d’intervention des équipes de la garde rapprochée du président et de son vice-président.
De prime abord, [les] services secrets dans l’entourage du président ont réagi convenablement en protégeant le président et en s’assurant d’une zone de sécurité immédiate autour de lui, souligne Pierre-Yves Bourduas.
L’équipe de Donald Trump a peut-être eu un petit délai comparativement à celles d'autres dignitaires. Par contre, le bouclier humain s’est formé très rapidement autour de lui, précise Normand Desrochers.

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J.D Vance au moment où il était escorté à l'extérieur du gala de la presse à Washington le 25 avril 2026.
Photo : Getty Images
Par le passé, certains agents des services secrets se seraient montrés réticents à ce que le vice-président et le président assistent ensemble à des événements hors de l'enceinte de la Maison-Blanche, comme c'était le cas hier, rapporte CNN.
S’il s’avère que l’assaillant visait bel et bien le président, il s’agirait de la troisième tentative d’assassinat en moins de deux ans contre M. Trump.
Selon Howard J. Gold, professeur de science politique au Smith College, au Massachusetts, ces événements s’expliquent par l’épidémie d’accès aux armes à feu et par la rhétorique politique où Trump attaque les juges, les journalistes et les démocrates en les traitant comme des ennemis du peuple.
Dans ce contexte, les autorités américaines devraient revoir leurs protocoles de sécurité, notamment dans les édifices fédéraux dont ils ont la charge, croit le professeur Cloutier-Roy.
Au Capitole, par exemple, une fois passés les détecteurs de métal, on n'est jamais très loin des membres du Congrès. Avec la recrudescence des violences politiques aux États-Unis, ça devient un [problème] de plus en plus saillant, a-t-il évoqué en entrevue à ICI RDI.
Malheureusement, cet événement ne fera probablement pas changer les choses quant au contrôle des armes à feu, déplore Rafael Jacob, chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM.
Dans la foulée de la tuerie de Sandy Hook, en 2012, même avec un Sénat contrôlé par les démocrates, il n'a pas été possible de légiférer, car certains démocrates se sont joints aux républicains, a souligné M. Jacob en entrevue à l’émission Tout terrain sur ICI PREMIÈRE.
Aux États-Unis, un pays qui compte plus d’armes que d'habitants, environ 45 % des foyers possèdent une arme. Ce pays compte environ 63 000 commerces qui ont un permis d'armurerie, soit plus que le nombre de supermarchés, de pharmacies et de McDonald's réunis.
Avec les informations de CNN et CBS News


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