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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe conflit au Moyen-Orient s'invite directement dans les champs au pays. En bloquant l'approvisionnement en carburant et en engrais, la fermeture du détroit d'Ormuz fait exploser les dépenses des agriculteurs qui sont confrontés à des « choix difficiles ».
Le prix du carburant a augmenté fortement dernièrement. Avec la saison des récoltes qui arrive à grands pas, plusieurs devront faire des choix difficiles, comme repousser l’achat d’équipement pour améliorer la productivité, explique le vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Michel Dignard.
Les coûts de production augmenteront de 10 à 15 % [pour les agriculteurs].
L’augmentation du prix du carburant a des impacts en chaîne sur tous les autres coûts, notamment le transport, les machines, le chauffage et les serres. La rareté des engrais crée aussi de l’inquiétude, explique Patrick Mundler, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l’Université Laval.
Pas d'option électrique
Nous n’avons pas d’option électrique. Nos gros tracteurs ne roulent pas avec de l’essence ordinaire. Le diesel était auparavant abordable. Aujourd’hui, il est devenu un produit de luxe, explique Clint Cameron, directeur de la zone 11 de la Fédération de l’agriculture en Ontario.
Au-delà du prix des semences et de l’essence, le coût des assurances s’ajoute également à la facture pour les agriculteurs.
Quand le prix du diesel atteint 2 $ le litre, cela représente presque le tiers de nos coûts d’exploitation lorsqu’on met les semences en terre. Ça nous fait vraiment mal cette année.
Nous pouvons augmenter nos prix, mais cela aura assurément des répercussions sur la quantité que les clients achèteront, croit Keith Wright, propriétaire de la Ferme Wrightland, spécialisée principalement dans la production d’asperges.

Michel Dignard est le vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot
M. Cameron poursuit en mentionnant que les répercussions se feront aussi sentir dans les paniers d’épicerie, même si elles ne seront pas aussi importantes que celles auxquelles les agriculteurs feront face prochainement.
Nous ne pouvons pas augmenter le prix du maïs de 30 ou 50 % simplement parce que le diesel a augmenté de 30 ou 50 %, indique-t-il. Il est donc possible que les agriculteurs enregistrent une marge de profit moins élevée cette année.
L’année dernière, plusieurs fermes ont été frappées par la sécheresse. Nous, les agriculteurs, pouvons avoir une année plus difficile, mais nous ne pouvons pas en avoir une deuxième, ce qui accentue le sentiment d’inquiétude.
Le milieu agricole affecté par la compétitivité
Nous faisons face à une forte concurrence à l’extérieur du Canada pour le maïs et le soya, par exemple. Les États-Unis sont un acteur majeur. Le Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud prennent aussi de plus en plus de place sur le marché, mentionne M. Cameron.

Clint Cameron est directeur de la zone 11 de la Fédération de l’agriculture en Ontario et représentant des fermes de l’Est de l’Ontario.
Photo : Avec l’autorisation de Clint Cameron.
Michel Dignard explique également que le prix des batteries utilisées dans certains équipements est devenu si élevé que les agriculteurs ne sont plus capables de rivaliser avec les grandes entreprises. Nous n’avons pas les mêmes moyens que les fabricants automobiles, lance-t-il. Nous voulons que le gouvernement soit conscient de notre réalité.
Les commerces de détail sont eux aussi touchés. Il n’y a pas assez d’argent pour acheter de nouveaux équipements. Cela va devenir difficile pour plusieurs concessionnaires de machineries agricoles. Ils ont déjà commencé à le constater il y a un an, indique Clint Cameron.
Avec les informations de Jérémie Bélanger


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