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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) lance ses pages jaunes, qui regroupent une soixantaine de collectifs s’adressant aux femmes queers de tout le Québec, qu'il s'agisse d'équipes sportives, de groupes artistiques ou encore de groupes qui organisent des soirées dansantes.
Il y a vraiment eu une explosion de collectifs dans les dernières années. C'est absolument impressionnant, souligne la directrice du RLQ, Tara Chanady, en entrevue avec Radio-Canada.
Ce nouvel annuaire, accessible en ligne (nouvelle fenêtre), a été lancé samedi à Montréal à l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, événement annuel du RLQ depuis plus de 40 ans.
Il y en a pour tous les goûts : ligue de balle molle, chorale, danse en ligne, équipe de bateau-dragon, spectacles d'humour… Bien que la soixantaine de groupes répertoriés se concentrent surtout à Montréal, de nouvelles initiatives émergent aussi en région, dit, réjouie, Mme Chanady, dont en Estrie, à Québec ou en Outaouais.

L'annuaire regroupe notamment des groupes sportifs, dont une ligue de balle molle récréative pour les personnes de la communauté LGBTQ+.
Photo : Réseau des lesbiennes du Québec
Les aînées de la communauté ne sont pas non plus en reste – on compte notamment la maison des Rebelles, la première communauté autogérée pour lesbiennes vieillissantes au Québec, comptant 22 logements.
Si les dernières journées de la visibilité lesbienne chapeautées par le RLQ se centraient davantage sur la lutte contre la lesbophobie, l'organisme souhaitait plutôt offrir une perspective positive pour cette édition.
Il y a des choses extraordinaires qui se font dans la communauté avec peu de ressources. Presque tous les collectifs lesbo-queers sont bénévoles. C'était important d'avoir un moment pour les remercier.
Puisque les informations sur les collectifs étaient jusqu'ici dispersées sur les réseaux sociaux, Mme Chanady estime que l'annuaire fera œuvre utile, en centralisant l’information et en facilitant, par exemple, l'accès aux ressources pour les jeunes femmes en quête d'affirmation de soi et de communauté.
Un tel annuaire s'inscrit dans l'histoire de la communauté à Montréal, souligne également la directrice du RLQ. De 1986 à 1993 était distribué à Montréal le Guide Lavande, ensuite renommé Info Lesbo, des dépliants qui recensaient des ressources pour lesbiennes ou encore pour avoir accès à des services en toute sécurité, allant du cordonnier au vétérinaire.

Tara Chanady (à gauche) a animé lors de la Journée de visibilité lesbienne un panel réunissant des actrices du milieu communautaire (Conseil québécois LGBT, GRIS-Montréal, Archives lesbiennes du Québec, Coalition des familles LGBT+ et Helem).
Photo : Ambre Marionneau
Un besoin de se rassembler
Selon Tara Chanady, cette récente effervescence de regroupements lesbiens est en partie une réponse à la volonté de se retrouver en communauté au sortir de la pandémie.
Mais ces nouveaux collectifs permettent aussi de pallier les rares bars ou autres lieux de socialisation destinés aux femmes queers qui ont existé au fil des années au Québec.
À Montréal, les hommes gais vont dans le Village, mais nous, on n'a pas nos lieux, fait remarquer Mme Chanady.
Historiquement, en raison des disparités de revenus entre les hommes et les femmes, il a été beaucoup plus difficile pour les lesbiennes d'ouvrir un bar, par exemple, par rapport aux hommes homosexuels, explique la directrice du RLQ.

Comme bien des bars lesbiens des années 80, influencés par la seconde vague du féminisme, le Labyris était géré et fréquenté uniquement par des femmes.
Photo : Archives lesbiennes du Québec
Bien que certains bars pour lesbiennes aient déjà existé à Montréal, tous ont mis la clé sous la porte au fil des ans, notamment en raison de la gentrification.
Désormais, les collectifs lesbiens louent des bars existants pour y organiser occasionnellement des soirées dansantes, ce qui permet de réduire les coûts.
Une visibilité en hausse, mais encore des difficultés
Ambre Marionneau, doctorante à l’Institut national de la recherche scientifique, s’intéresse dans le cadre de ses recherches aux nouvelles initiatives de socialisation LGBTQ+ et a contribué avec le RLQ à l'élaboration de l'annuaire.
Elle estime qu’une visibilité médiatique accrue de vedettes queers au cours des dernières années, tant au Québec qu’aux États-Unis, a agi comme un moteur de légitimité. Citant l’exemple des chanteuses Billie Eilish ou Chappell Roan qui parlent ouvertement de leur orientation sexuelle, elle considère que ce genre de figures inspire des initiatives locales portées par des collectifs lesbiens.
Mais en parallèle de cette renaissance lesbienne on observe dans les médias un ressac anti-LGBTQ+, notamment aux États-Unis, met en lumière Mme Marionneau.
Ainsi, au sein des collectifs, il y a cette envie de revendiquer encore plus nos droits et d'être encore plus visibles, avance la chercheuse.
Elle expose toutefois plusieurs obstacles qui se présentent aux organisatrices de collectifs rencontrées dans le cadre des recherches, notamment le manque de financement, l’épuisement lié au travail bénévole ainsi que les difficultés administratives à s'incorporer ou à devenir des OBNL.
La plupart des collectifs disent qu'il y a une grosse difficulté d'avoir accès à des salles, à des espaces, donne-t-elle en exemple. Déjà, c'est très difficile d'avoir accès à des salles de spectacles qui vont avoir une capacité suffisante, qui vont être inclusives.
C'est compliqué pour un collectif lesbo-queer d'exister de façon pérenne. La plupart des collectifs en activité aujourd'hui sont des collectifs qui ont été créés assez récemment, dans un contexte de postpandémie.
Les bienfaits de la communauté
La Journée de la visibilité lesbienne samedi à Montréal a notamment accueilli des panels réunissant des actrices du milieu communautaire, dont le Conseil québécois LGBT, le GRIS-Montréal, les Archives lesbiennes du Québec et la Coalition des familles LGBT+, ainsi que des organisatrices de collectifs.
Elles ont souligné unanimement l'importance de ces regroupements pour briser l'isolement, notamment des femmes queers en région, et pour cultiver un sentiment d'appartenance favorisant une bonne santé mentale, face aux discriminations que peuvent subir les personnes issues de la diversité sexuelle.

L'un des panels était animé par les co-porte-paroles de la Journée de visibilité lesbienne, Anne-Sarah Charbonneau et Florence Nadeau. La discussion réunissait des organistrices de collectifs (Mim Productions, Sweet Like Honey, Balle Molle Queer Softball, LezBoat et Lesbo-Sons). Nathalie Di Palma est tout à droite.
Photo : Ambre Marionneau
Le fait d'être ensemble nous permet d'exister, a déclaré lors d’un panel Nathalie Di Palma, animatrice depuis 1995 de Lesbos-Sons, émission de radio communautaire sur les ondes de CKUT 90.3 FM.
Être ensemble crée de la sécurité et de la continuité. Ces espaces, qu'ils soient militants, festifs, culturels ou informels permettent de partager des ressources, de transmettre des savoirs et de se sentir moins seules.
Il y a aussi une dimension politique : la visibilité collective rend les réalités lesbiennes plus difficiles à ignorer dans les politiques publiques – la santé, l'éducation et la culture, a poursuivi Mme Di Palma.
La journée, réunissant jeunes et moins jeunes, s’est terminée dans une ambiance de fête, avec une soirée dansante.

Accompagnée de ses amies, Anne Charbonneau (à droite) est venue assister à la Journée de la visibilité lesbienne, samedi, à Montréal.
Photo : Radio-Canada / Sandrine Côté
Anne Charbonneau, rencontrée samedi par Radio-Canada, était présente lors de la première Journée de visibilité lesbienne au début des années 1980. Elle se réjouit de cet événement dont la popularité ne tarit pas et qui assure, selon elle, des liens intergénérationnels au sein de la communauté.
Pour une première année, une Journée de la visibilité lesbienne a aussi été organisée par le RLQ à Québec le week-end dernier, un événement qui a réuni quelque 150 personnes, selon Tara Chanady.


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