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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMarcelle Ferron, Guido Molinari, Claude Tousignant… Autant de figures emblématiques réunies dans la collection d’art du parolier Luc Plamondon, dont plusieurs œuvres seront mises en vente par la maison d'enchères Heffel à Toronto le 21 mai prochain. Le public peut les découvrir jusqu'à lundi à la Galerie Heffel de Montréal avant leur départ pour la Ville Reine.
De Robert Charlebois à Johnny Hallyday en passant par Françoise Hardy et Céline Dion, Luc Plamondon a écrit pour les plus grands artistes de la chanson française et québécoise. Toutefois, au-delà de la musique, il est également un passionné d’arts visuels depuis longtemps, comme en témoigne sa vaste collection privée, constituée sur des décennies.
Une partie de cette collection se dévoile à l’occasion de la vente printanière de la maison de ventes aux enchères Heffel. Six de ces toiles seront comprises dans une vente en direct le 21 mai à Toronto, alors qu’une quarantaine d’autres se retrouveront dans une vente en ligne qui se déroulera du 7 au 28 mai.
Cette collection s’est construite au fil du temps, guidée par l’émotion et par un profond attachement aux artistes et à leur vision. Plusieurs des œuvres ont été acquises à des moments marquants de ma vie, souvent à la suite de grands succès, comme une façon de célébrer ces étapes, affirme Luc Plamondon dans un communiqué.
La voir aujourd’hui se transmettre à une nouvelle génération de collectionneurs est à la fois émouvant et naturel. J’espère que ces œuvres continueront de vivre, de dialoguer et d’inspirer.

Le parolier et producteur Luc Plamondon est depuis longtemps un féru d'arts visuels.
Photo : Radio-Canada
Affection pour les peintres québécois
Parmi les six œuvres de la vente en direct qui sont exposées à la Galerie Heffel de Montréal, on compte deux toiles de Marcelle Ferron, signataire de Refus global, ainsi que des toiles de Guido Molinari, de Lise Gervais, de Serge Lemoyne et de Claude Tousignant.
Ce sont des œuvres avec un impact visuel très fort. C’est très coloré, ça s’impose dans l’espace, ça attire le regard, explique Marie-Hélène Busque, directrice de la Galerie Heffel à Montréal et codirectrice des ventes aux enchères en ligne.
Il a aussi un parti pris pour l’art moderne, pour l’art contemporain et, surtout, pour les artistes québécois. Il y a beaucoup d’abstraction, un peu de figuration. Et il y a un dialogue entre sa carrière à lui et son parcours en tant que collectionneur.
Parmi sa collection, on remarque une grande toile de Marcelle Ferron datée de 1959, alors qu’elle habitait à Paris. La valeur de cette œuvre sans titre est estimée entre 150 000 $ et 250 000 $.

Une toile sans titre de Marcelle Ferron datée de 1959 et tirée de la collection de Luc Plamondon.
Photo : Maison de vente aux enchères Heffel
Sa pratique évolue énormément à cette époque. Elle a accès à de nouveaux pigments, il y a un mécène qui lui a donné des sachets de pigments en poudre qu’elle mélangeait elle-même. Elle a aussi une bourse du Conseil des arts du Canada qui lui permet d’acheter des toiles beaucoup plus grandes, explique Marie-Hélène Busque en parlant de Marcelle Ferron et de sa toile.
C’est très structuré, même si Marcelle Ferron fait partie du mouvement automatiste, qui est très spontané. Ici, la composition est très maîtrisée.
La vente comprend aussi une toile de Guido Molinari, un peintre montréalais associé à la seconde génération du groupe des plasticiens. Cette œuvre de 1966 intitulée Structure rythmique vert-bleu est estimée entre 200 000 $ et 300 000 $.
Marie-Hélène Busque affirme toutefois que les estimations de la Maison Heffel sont assez prudentes. Les toiles se vendent souvent beaucoup plus cher.
Les plasticiens étaient comme une réponse aux automatistes. On ne sent quasiment pas le coup de pinceau. Molinari travaille surtout la couleur et les relations entre les couleurs. La séquence n’est pas régulière, le jaune et le rouge n’ont pas la même relation que le jaune et le vert.

De gauche à droite, des toiles de Claude Tousignant, de Serge Lemoyne et de Lise Gervais, tirées de la collection de Luc Plamondon.
Photo : Radio-Canada / Charles Rioux
Autre œuvre visuellement saisissante : une toile sans titre tirée de la série Bleu, blanc, rouge de Serge Lemoyne, datée de 1976. Cette série déterminante de la carrière de ce peintre québécois, amorcée en 1969 et poursuivie pendant une décennie, obéissait à une règle stricte : Lemoyne avait décidé de peindre exclusivement en bleu, en blanc et en rouge.
La palette rappelle indubitablement les couleurs du Canadien de Montréal, dont le peintre était un grand amateur. Pour Serge Lemoyne, qui a notamment réalisé un portrait de Ken Dryden intitulé Le masque (1975), le hockey était non seulement un sport mais aussi un repère culturel capable de rassembler les publics.
D’autres perles réalisées par des Canadiens
Au-delà des toiles tirées de la collection de Luc Plamondon, la vente de Heffel comprend plusieurs œuvres phares de peintres canadiens, comme l’imposant tableau Coastal Boats Near Sidney, BC, du natif de Vancouver E.J. Hughes. Réalisée en 1948, elle met en scène des paquebots observés à partir des rives de Sidney, une ville en Colombie-Britannique.

La toile Coastal Boats Near Sidney, BC (1948) du peintre canadien E.J. Hughes.
Photo : Maison de vente aux enchères Heffel
C’est un tableau qui est consigné par l’Université d'art et de design Emily Carr, à Vancouver, afin de ramasser de l’argent pour des bourses étudiantes, explique Marie-Hélène Busque. La valeur de cette toile de 26 pouces sur 48 est estimée entre 1,25 et 1,75 million de dollars.
La vente comprend également une toile d’Alex Colville, un artiste peintre néo-écossais décédé en 2013. Ce tableau, réalisé en 1955 et intitulé Cattle Show, montre des taureaux exhibés dans un concours bovin, entourés de trois participants et d'un juge dans un décor agricole dépouillé et soigneusement composé.

La toile Cattle Show (1955) du peintre néo-écossais Alex Colville est considérée comme un chef-d'œuvre du réalisme magique.
Photo : Radio-Canada / Maison de vente aux enchères Heffel / Charles Rioux
Peinte avec une géométrie précise et des couleurs sourdes, cette toile est considérée comme un chef-d'œuvre du réalisme magique.
Autre œuvre qui vaut le détour : une toile sans titre de très grand format réalisée par Jean-Paul Riopelle en 1950. Elle compte parmi les œuvres les plus onéreuses de la vente avec un prix estimé entre 1 et 1,5 million de dollars.

Une toile sans titre de Riopelle est exposée à la Galerie Heffel à Montréal.
Photo : Radio-Canada / Charles Rioux
La vente de printemps de la Maison de vente aux enchères Heffel réunit des chefs-d’œuvre issus de grandes collections du monde entier, pour une valeur totale estimée entre 11 et 15 millions de dollars. Plusieurs œuvres sont présentées au public de jeudi à lundi à la Galerie Heffel de Montréal.


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