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Les chefs des Premières Nations du Nord-Ouest de l’Ontario demandent une enquête publique sur la réponse du gouvernement provincial aux feux de forêt, qui ont forcé plus d’une douzaine d’évacuations.
Les chefs des Premières Nations du Nord-Ouest de l’Ontario demandent une enquête publique sur la réponse du gouvernement provincial aux feux de forêt, qui ont forcé plus d’une douzaine d’évacuations.
Au dernier décompte, il y a plus de 2400 personnes évacuées en raison des feux de forêt qui sont actuellement accueillies dans des communautés hôtes d'un bout à l'autre de la province. Les Premières Nations de Namaygoosisagagun et de Whitewater Lake, elles, ont été complètement détruites par les feux dans la dernière semaine.
Lors d’une conférence de presse qui s'est tenue mardi par la Nishnawbe Aski Nation (NAN) à Thunder Bay, le chef de la Première Nation de Gull Bay, Wilfred King, a soutenu que le manque de communication et de soutien dans les évacuations devrait indigner tous les Canadiens, et notre communauté était livrée à elle-même.
Comment cela pourrait-il arriver en 2026? Et surtout, comment est-ce qu’on s’assure que ça ne se reproduise plus? C’est ça qu’une enquête doit expliquer.
Le chef de Gull Bay affirme que l’enquête devrait examiner la prise de décision opérationnelle, la coordination d’urgence, la communication avec les Premières Nations, les plans et l’exécution d’évacuations, l’allocation des ressources et la préparation de la province à d’éventuels feux.

Le chef Wilfred King de la Première Nation de Gull Bay mène la réclamation d'une enquête publique sur la gestion des feux de forêt par le gouvernement de l'Ontario.
Photo : CBC / Sarah Law
Il explique que les chefs demandent également un changement de direction au sein du ministère des Ressources naturelles de l'Ontario. Toutefois, il note que les chefs reconnaissent le travail sur le terrain que font les pompiers et le personnel d’urgence.
L’inquiétude n’est pas avec les employés qui continuent de travailler dans des conditions extrêmement difficiles, mais avec les responsables des politiques, de la prévision, de la supervision et de la prise de décision.
Doug Ford défend les actions du provincial
En réponse aux préoccupations exprimées mardi par les chefs des Premières Nations, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a dit qu’ils étaient en communication constante.
Souvenez-vous que [ce qui se passe dans] les réserves relève du fédéral. L’Ontario prend le devant dans ce dossier. Je vais le répéter : dans les réserves, c’est le gouvernement fédéral qui a la responsabilité de prendre soin des Premières Nations, mais c’est nous qui prenons soin d’elles, a déclaré Ford avant la rencontre annuelle des leaders provinciaux et territoriaux, qui s'est tenue à Charlottetown.
On fait tout ce qu’on peut possiblement faire. Nous avons 155 équipes de pompiers là-bas et près de 8900 pompiers forestiers à déployer. C’est bien organisé à Thunder Bay.
Les nations restent insatisfaites
Wilfred King affirme que, même si le gouvernement prend sa responsabilité, nous n’allons pas accepter de conflits de juridictions.
Le grand chef de la NAN, Alvin Fiddler, est d’accord, et ajoute, en parlant de l'intérêt des gouvernements provincial et fédéral pour le Cercle de feu, que dans leur hâte d’extraire nos ressources sur nos territoires, l’Ontario et le Canada ont ignoré les menaces immédiates auxquelles font face nos communautés à cause des changements climatiques.

Alvin Fiddler affirme que les saisons de feux de forêt de plus en plus intenses reflètent l'absence de mesures gouvernementales pour lutter contre le changement climatique.
Photo : CBC / Sarah Law
Fiddler dit que l’augmentation de l’intensité des orages liés aux changements climatiques aggrave la saison des feux de forêt, ce qui force des évacuations régulières pour les Premières Nations.
Les changements climatiques sont réels; il suffit de sortir dehors et respirer l’air, explique-t-il.
Mark Carney fait le point
Le premier ministre Mark Carney souligne qu’il a rencontré dimanche des travailleurs fédéraux à Ottawa qui soutenaient la réponse aux feux de forêt dans le Nord-Ouest de l’Ontario et partout au pays.
Il s’agit de l’une des périodes de feux de forêt les plus intenses de l’histoire canadienne à cause des canicules et des sécheresses records, a écrit Mark Carney sur Facebook.
Le Canada mobilise plus de 5000 pompiers et près de 300 avions-citernes, hélicoptères et avions d’évacuation pour contenir, contrôler et atténuer les feux.
Nous avons des gens qui veulent juste rentrer chez eux
Le chef Lawrence Wanakamik, de la Première Nation de Whitesand, dit que les membres de sa communauté ont peur de ce qui est arrivé à leur maison. Ils ont été évacués le 13 juillet et sont actuellement à Thunder Bay.

Lawrence Wanakamik parle des défis auxquels font face les membres de sa communauté en raison de l'évacuation en cours causée par les feux de forêt.
Photo : CBC / Sarah Law
Nous avons des gens qui veulent juste rentreur chez eux; iils n’ont pas l’habitude de vivre en ville. Ils veulent être avec le territoire, peu importe ce qu'il va en rester après les feux.
Plus de 940 évacués de la Première Nation d’Eabametoong, aussi connue sous le nom de Fort Hope, ont été transportés par avion à Niagara Falls avec le soutien des Forces armées canadiennes.
Le chef de la Première Nation d’Eabametoong, Solomon Atlookan, a raconté que sa communauté a attendu pendant des jours pour obtenir de l’aide.
Une jeune fille de 14 ans issue de la communauté est allée voir le chef pour lui parler de l’absence de réponse du gouvernement, et elle a demandé s’il s’agissait d’une autre méthode du gouvernement pour se débarrasser des Autochtones.
Ça m’a vraiment frappé qu’une jeune de 14 ans dise ça, a déclaré Solomon Atlookan.
Après une visite à Thunder Bay, la cheffe du NPD de l’Ontario, Marit Stiles, a affirmé qu’il était important que les deux ordres de gouvernement collaborent avec les dirigeants des Premières Nations.
D’après les conversations que j’ai eues avec les chefs et les membres des Premières Nations qui ont été évacués, il semblerait encore et toujours qu’il n’y a eu aucune véritable préparation ni aucun préavis de la part du gouvernement, et qu’ils en avaient fait la demande, a-t-elle indiqué.
Avec le recul, ce qui me préoccupe, c’est ce qui ne s’est pas produit.
D’après un texte de Sarah Law et Kris Ketonen, de CBC News


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