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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDes policiers du Service de police de Lévis ont eu du mal à expliquer, mardi, pourquoi ils n’ont pas concentré leurs recherches plus tôt dans le boisé où Maëlyne Lugez a été retrouvé sans vie au lendemain de sa disparition, en novembre 2024, malgré les directives de leur propre guide et des informations transmises par la famille.
Les dessous de l’opération de recherche policière entourant le décès de la jeune Maëlyne Lugez ont été scrutés à la loupe lors de la deuxième journée de l’enquête publique sur son décès, qui se déroule toute la semaine au palais de justice de Québec.
Plusieurs policiers se sont succédé mardi pour répondre aux questions du coroner Luc Malouin, qui préside ces audiences publiques visant à faire la lumière sur les circonstances entourant le décès de l’adolescente de 13 ans.
Après le signalement de sa disparition en début d’après-midi le 6 novembre 2024, un rayon de 300 mètres a d’abord été rapidement ratissé par les policiers, conformément aux bonnes pratiques dans de telles circonstances, a souligné Me Malouin.
À plusieurs reprises, le coroner a cherché à comprendre pourquoi des recherches dans les boisés et près des cours d’eau n’ont pas été effectuées en fin d’après-midi cette journée-là. Les policiers ont plutôt privilégié les quartiers résidentiels situés près de l’école secondaire de l’Horizon, à Lévis, où la jeune fille avait été aperçue pour la dernière fois.

Les parents de Maëlyne Lugez et son frère suivent de près les audiences. Son père, Samuel Lugez, (ici au premier plan) est très attentif aux témoignages et prend beaucoup de notes.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard
Le guide du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) en cas de disparition stipule pourtant que des recherches en bordure de cours d’eau et dans les zones boisées doivent être effectuées en tout temps dans un rayon d’un kilomètre dans de telles circonstances.
L’adolescente a été retrouvée sans vie le lendemain, 24 heures après sa disparition, dans un ruisseau situé dans un boisé à environ 500 mètres de son école secondaire.
Des informations laissées en plan
Le sergent Danny Labbé, qui était responsable des opérations de recherche lors des événements pour le SPVL, a indiqué mardi qu’il ne connaissait pas l’existence d’un ruisseau dans ce secteur.
Il ne détenait par ailleurs aucune information lui permettant de croire que le boisé pourrait être un lieu d’intérêt, a-t-il ajouté.
La famille de la jeune fille avait toutefois indiqué, peu de temps après sa disparition, que Maëlyne avait tendance à s’isoler et qu’elle pourrait s’être dirigée vers le boisé situé près de son école secondaire. Je n’ai pas eu cette information-là, a laissé tomber le sergent Labbé.
L’information avait pourtant été rapportée sur les ondes policières par l’agent Ghislain Pouliot en après-midi le 6 novembre, a-t-on pu entendre lors de la diffusion d’un enregistrement audio mardi.
Des idées suicidaires le matin de sa disparition
Par ailleurs, le contenu d’un message dévoilé en début de journée mardi a permis d’apprendre que Maëlyne Lugez voulait en finir avec la vie le matin de sa disparition. Elle n’avait jamais été aussi près de passer à l’acte, avait-elle confié à une amie dans un message envoyé par Instagram le matin de sa disparition, le 6 novembre 2024.
Je sais pas si je vais tenir. C’est pas comme les autres fois que je te disais que j’allais en finir et que je faisais rien. Mais là, je suis à deux doigts vraiment de me tuer je sais pas en tout cas, pouvait-on lire dans ce message rapporté par le procureur Pierre-Olivier Bilodeau, à l’ouverture de la deuxième journée d’audience publique.
Si vous ressentez de la détresse, sachez que vous n'êtes pas seul.
Pour les jeunes dans le besoin, voici les ressources offertes par Tel-jeunes :
Texto : 514 600-1002
Appel : 1 800 263-2266
Chat : ici (nouvelle fenêtre)
Pour les parents d'adolescents :
Appel : 1 800 361-5085
Chat : ici (nouvelle fenêtre)
Le coroner Luc Malouin, qui préside l’enquête publique, a par la suite tenu à faire un commentaire éditorial envers le Service de police de la Ville de Lévis et les corps policiers, affirmant qu’il n’est pas normal de découvrir une telle information à ce moment-ci de l’enquête.
C’est important que les policiers fassent toutes les démarches et donnent toute l’information, a déclaré Me Malouin.
L’avocat du Service de police de la Ville de Lévis a affirmé que les agents n’étaient pas en possession du contenu de ce message, qui aurait dû apparaître dans le rapport policier si tel avait été le cas.
Cette information a toutefois été contredite par deux intervenantes de l’école secondaire L’Horizon depuis le début des audiences.
Ces nouveaux éléments d’informations ont été dévoilés alors que la thèse de la noyade accidentelle survenue peu après la disparition de l’adolescente a été remise en question lors de la première journée d’audience lundi.
Ce scénario avait été retenu par la coroner Sophie Régnière, qui avait conclu que la jeune fille s’était noyée dans un ruisseau à la suite d’un malaise.
Or ce rapport a été jugé incomplet par la famille, puisqu’il occultait la détresse psychologique de l’adolescente, des failles dans son accompagnement ainsi que des lacunes dans l’opération policière.
À la suite d'un reportage de Radio-Canada, une enquête publique avait été déclenchée en novembre 2025 par le coroner en chef pour faire la lumière sur les événements.
Le témoignage de policiers ayant participé aux opérations de recherche se poursuit mercredi au palais de justice de Québec.


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