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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ quelques jours du déclenchement de la campagne électorale provinciale, Culture Montréal a présenté mardi ses 37 recommandations pour le prochain gouvernement, dont celle de porter la part du budget du Québec consacrée à la culture à 3 % d’ici quatre ans.
Cette portion n’a pas dépassé 1,85 % depuis 10 ans, selon l'organisme.
Si celui-ci reconnaît que l'objectif est ambitieux, il estime que ces investissements sont nécessaires pour répondre à la menace à notre souveraineté culturelle et appelle les partis politiques au Québec à en faire une priorité.
On est conscients que c’est ambitieux, mais on pense aussi qu’on ne peut plus simplement tenir pour acquis la culture, il faut en faire une mission d’État, explique Emmanuelle Hébert, directrice générale de Culture Montréal. Et je rappelle que, pour chaque dollar investi en culture, il y a des retombées de 1,66 $, donc ce n’est pas une dépense, c’est un investissement.
La publication de ces recommandations survient dans un contexte tendu sur le plan commercial avec les États-Unis, après que le premier ministre du Canada, Mark Carney, a annoncé, tard vendredi soir, la suspension des négociations avec l'administration du président américain Donald Trump.
De nouveaux droits de douane américains de 50 % sur une vaste gamme de produits canadiens sont entrés en vigueur samedi. Le premier ministre Carney a promis d’y riposter, au dollar près.
Samedi, ce dernier a également affirmé : Nous n’étions pas prêts à faire de compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture. Selon Mark Carney, les États-Unis auraient tenté de limiter des mesures canadiennes protégeant la langue française, notamment en matière de découvrabilité du contenu francophone sur des plateformes de diffusion.

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont soldées par un échec dans la nuit de vendredi à samedi. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Pour Culture Montréal, le Québec est à un moment charnière où sa culture doit tenir tête à des géants états-uniens aux moyens colossaux, explique Emmanuelle Hébert.
Notre culture est notre superpouvoir : c'est notre capacité à exister, à raconter nos histoires et à enrichir notre territoire et sa métropole, qui est en jeu.
Défendre la notion d'exemption culturelle
Selon Culture Montréal, le milieu culturel québécois doit absolument avoir voix au chapitre dans la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et le prochain gouvernement doit défendre sans relâche l'exemption culturelle dans ses négociations commerciales.
Culture Montréal demande au prochain gouvernement de faire toutes les pressions nécessaires dans les négociations afin [...] de faire en sorte que les activités, les biens et les services culturels soient exclus des accords de libre-échange, stipule l’organisme dans sa plateforme de recommandations. La protection des contenus québécois, particulièrement francophones, y est directement menacée.
Culture Montréal presse par ailleurs le futur gouvernement du Québec de donner du mordant au projet de loi 109 sur la souveraineté culturelle et la découvrabilité des contenus francophones, en s'assurant de fournir les ressources financières nécessaires pour en assurer l’application effective.
Cela est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel où le gouvernement fédéral n’entend plus imposer de redevances obligatoires aux entreprises étrangères de diffusion en continu, ajoute l’organisme, évoquant le recul de Mark Carney sur la « taxe Netflix ».

Emmanuelle Hébert est la directrice générale et la responsable de la protection des renseignements personnels de Culture Montréal.
Photo : Site web de Culture Montréal
Passer à l’offensive
Par ses recommandations, Culture Montréal invite les futurs dirigeants du Québec à passer du mode défensif au mode offensif en matière de souveraineté culturelle, ce qui passe notamment par des budgets plus prévisibles et moins de financement à la pièce.
On n’a pas vraiment de vision sur l’avenir de notre culture qui est ancrée dans le contexte actuel. Il y a eu des changements de paradigmes majeurs [dans les dernières années] et on ne peut plus répondre à la pièce, explique Emmanuelle Hébert.
Si on est sérieux, il faut passer d'un mode défensif – on protège notre culture, on reste dans le statu quo – à une approche offensive.
Les 37 recommandations présentées par Culture Montréal ratissent large, de l’entretien et de la modernisation des infrastructures culturelles au retour des dimanches gratuits dans les musées nationaux, en passant par la protection des sommes réservées à l’achat de livres dans les écoles.
L’organisme présente aussi une série de recommandations visant à garantir l’autodétermination culturelle des Premières Nations et des Inuit, proposant notamment d’accélérer la réalisation du projet structurant d’ambassade culturelle et touristique autochtone à Montréal.
Culture Montréal encourage aussi le futur gouvernement à ne pas mettre sur les tablettes les discussions amorcées avec le milieu culturel par le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, dans les récentes années.
Le dernier gouvernement a fait plein de concertations avec le milieu : une table sur les festivals, un rapport sur l’audiovisuel, un autre sur les arts vivants. On sait ce qui doit être fait; là, c’est le temps de se projeter et de le mettre en place, conclut Emmanuelle Hébert.


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