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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCourir 911 kilomètres en 11 jours dans le parc d'Oka. C'est le défi que s'est lancé l’ambulancier paramédical Louis Marois.
Le coureur va s'élancer le 11 septembre prochain, 25 ans jour pour jour après les attentats du même nom, survenus en 2001. Sa mission : amasser des fonds et sensibiliser la population aux besoins en santé mentale des premiers répondants.
Louis Marois a couru toute sa vie, incluant des courses d’endurance un peu partout sur la planète. Il a notamment couru la Diagonale des Fous, une épreuve mythique de 180 kilomètres sur l’île de la Réunion. Il a aussi affronté l’Ultra-Trail de Madère, au Portugal, une torture de 115 kilomètres ponctués 6850 mètres de dénivelé positif.
Cette fois, il s’est créé son propre défi dans son terrain de jeu, au Calvaire d’Oka. Il veut parcourir 911 kilomètres en 11 jours, une moyenne de 84 kilomètres par jour, d’un pas lent, mais régulier. Il invite le public à courir avec lui, quelques kilomètres à la fois dans le parc national d’Oka, en échange de dons.
Mais, pour lui, ça veut dire courir de 6 h à 22 h et dormir dans un mini-chalet du parc national d'OKA pour maximiser sa récupération. Le défi sera aussi physique que mental. L’aspect physique ne l’effraie pas, il est en forme et bien entraîné.
Je m’attends à ce que ce l'aspect psychologique soit particulièrement difficile lors des 5e, 6e, 7e et 8e journées au milieu du défi. Dans ces moments-là, tu as le goût souvent de tout lâcher, mais c'est un peu ça la thématique avec La Vigile. Même quand tu as envie de lâcher, bien chaque jour, tu recommences.
La Vigile, c'est une maison de ressource, dans la région de Québec, dédiée au bien-être des premiers répondants, dont l'habit de superhéros finit souvent par se fissurer. Louis Marois, 54 ans, est ambulancier paramédical sur la Rive-Nord de Montréal depuis 30 ans. Il a lui-même eu besoin d’y séjourner pendant quatre semaines en 2018.
Parce qu' intervenir dans des situations d'urgence, ça laisse des traces.
Durant toute ma carrière, j’ai toujours eu la réputation d’être le guerrier, celui qui ne reculait jamais et qui n’avait qu’une seule vitesse, toujours vers l’avant. Tu te confortes dans cette position et ça devient ton identité. À un moment donné, ça ne fonctionne plus, mais tu ne t’en rends pas compte immédiatement. On est tous des êtres humains et les drames dont on est témoin finissent par nous rentrer dedans.
Dans des événements comme le 11 septembre, quand tout le monde fuit les tours, nous, les premiers répondants, on entre. Ton travail quotidien c’est d’aider des gens en détresse, mais des fois, toi non plus, tu ne vas pas bien.

Louis Marois devant une ambulance.
Photo : Gracieuseté : Louis Marois
À La Vigile, il a suivi des ateliers avec d’autres premiers répondants, comme lui, des pompiers et même des policiers. Les échanges lui ont permis de grandir et les intervenants en psychologie lui ont diagnostiqué un syndrome de fatigue de compassion sévère.
C'est le résultat de minis chocs post-traumatiques que tu as accumulés au fil des années et que tu pensais avoir gérés, mais pas toujours. Lors de nos interventions, tu absorbes la douleur des autres et ta carapace finit par craquer. C’est comme si tu partageais la douleur des familles, alors que je ne les connais pas. C’est insoutenable sur le long terme.
Depuis sa sortie de La Vigile, mieux outillé pour faire face aux défis de son métier et moins ruminer les journées difficiles, il s'investit dans les courses d'endurance. C'est le véhicule qu'il veut utiliser pour sensibiliser la population à sa réalité et celle de ses collègues.
Parce que chaque appel d'urgence peut déstabiliser.
C’est dur parce que tu le sais dans quoi tu t'en vas, tu le sais que tu vas ouvrir la porte et que tu vas voir la famille et que tu vas être témoin d’une détresse totale, encore plus quand il est question d’enfants, confie Louis Marois. C'est la souffrance, quand la famille est là, les cris que tu entends et qui ne te sortent plus de la tête, comme certaines images qui nous suivent jusqu’à notre mort.
On s’entraîne pour ce genre de situation dans nos formations ou à l’école de police, mais tu le sais que ce sont des comédiens. Quand ça arrive pour vrai, les détresses des parents en particulier, ça frappe.
Malgré le coût personnel, Louis Marois continue de travailler comme premier répondant. Parce que c’est important, parce que la société ne pourrait s’en passer. Surtout que les besoins semblent de plus en plus grands à ses yeux avec tous les enjeux de santé mentale.
Le Défi 911, c’est une cause de cœur pour Louis Marois. Il veut que ses collègues premiers répondants reçoivent la reconnaissance de la population et surtout l'aide nécessaire en cas de besoin.
Il veut s'assurer que ses plus jeunes collègues puissent aussi en profiter, comme lui, en 2018. Parce que, pour le moment, les ressources d’aide sont très limitées.


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