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« Nous sommes désolés » : au coeur d'une tourmente au sujet d’une image publicitaire qui, selon plusieurs internautes, célébrités et même politiciens américains, évoquait l’imagerie du Ku Klux Klan, Converse présente ses excuses et retire l’image controversée.
Nous comprenons pourquoi cette image est si choquante et reconnaissons que nous avons fait une erreur. Nous l’avons retirée de nos réseaux et travaillons à la retirer partout où elle est apparue. Cela n'aurait pas dû arriver et nous allons faire mieux, a écrit la marque de chaussures, qui appartient à Nike, dans une déclaration envoyée à CBC, lundi.
La publicité, partagée sur les réseaux sociaux de la marque le 3 septembre, montrait la chanteuse coréenne Karina, du groupe Aespa, tenant une paire de chaussures de modèle Chuck 70 X.

Cette image promotionnelle a été interprétée comme une référence au Ku Klux Klan.
Photo : Converse
Des internautes ont souligné que l’éclairage sur la jupe de la mannequin créait un triangle blanc ressemblant aux cagoules du Ku Klux Klan (KKK), un groupe raciste connu pour ses violences meurtrières contre les Noirs.
La disposition des chaussures évoquait également, selon plusieurs observateurs, les pieds d’une personne pendue, ce qui rappelait les lynchages.
Des réactions fortes
Troy Carter, un représentant de la Louisiane au Congrès américain, a qualifié l’image de raciste, irresponsable et profondément choquante.
Nike et Converse, mais qu’est-ce qui vous a pris?, a-t-il écrit dans une déclaration, vendredi dernier.
Là d’où je viens, l’image de personnes noires pendues à des arbres n’est pas de l’histoire ancienne. Cette douleur vit encore dans nos familles et nos communautés, a-t-il poursuivi.
Il a appelé les entreprises responsables à présenter des explications, ajoutant qu’une excuse à elle seule n’était pas suffisante pour réparer les torts causés.
N’insultez pas notre intelligence en prétendant qu’il s’agit simplement d’un malentendu regrettable, a-t-il écrit. Une campagne publicitaire ne se fait pas toute seule. Elle est conçue, photographiée, révisée, approuvée et distribuée.

Des photos publicitaires avec la chanteuse Karina pour des souliers Converse.
Photo : Converse
Cette controverse a un retentissement dans le sud des États-Unis où, au cours des deux dernières années, des personnes noires ont été retrouvées pendues à des arbres – un rappel des lynchages et des violences envers les Noirs dans cette région. Dans certains cas, la police a rapidement conclu à des suicides, alimentant le scepticisme des proches.
Autres publicités controversées
D'autres entreprises ont fait face à des critiques récemment pour des campagnes publicitaires ou des produits jugés racistes.
Le mois dernier, par exemple, la chaîne de magasins Target a retiré de ses rayons un costume d’Halloween pour enfants à la suite d’une vague de réactions négatives sur les médias sociaux.
Le vêtement était critiqué pour sa ressemblance avec les caricatures racistes des spectacles de « ménestrels [minstrels] », un genre de spectacle né au 19e siècle aux États-Unis, dans lequel des acteurs blancs arboraient un maquillage de type « blackface ».
L’an dernier, la marque de vêtements American Eagle a elle aussi défrayé la chronique pour une campagne publicitaire mettant en vedette l’actrice Sydney Sweeney, décrite par les internautes comme faisant la promotion d'idéaux racistes de beauté. La campagne reposait sur un jeu de mot entre les mots jeans et genes (gènes). L’actrice y était décrite comme ayant de bons gènes/jeans.
D’après un texte de Natalie Stechyson, de CBC News


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