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Choisir entre l’aide médicale à mourir et les derniers sacrements

3 weeks ago 358

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Dix ans après la légalisation de l’aide médicale à mourir au Canada, l'Église catholique n’a toujours pas pris de décision claire quand vient le temps d’offrir les derniers sacrements et les rites funéraires à leurs fidèles qui font ce choix en fin de vie.

Des catholiques qui choisissent l’aide médicale à mourir doivent parfois renoncer aux derniers sacrements dans les hôpitaux ou à des messes funéraires catholiques dans leur communauté.

Dans un récent reportage, Radio-Canada a discuté avec une famille d’Acadieville au Nouveau-Brunswick, qui n’a pas eu droit à une messe funéraire avec communion, parce que le défunt avait choisi l’aide médicale à mourir.

Les mains d'une religieuse catholique en train de prier.

L’aide médicale à mourir est toujours un sujet délicat pour l’Église catholique.

Photo : Reuters / Hannah McKay

Suite à ce reportage, nous avons contacté la Conférence des évêques du Canada, l’assemblée qui regroupe tous les évêques au pays, pour connaître sa position sur l’aide médicale à mourir.

Dans une déclaration écrite, on nous répond qu’il n’y a pas de ligne directrice présentement au sujet des messes funéraires.

Il n’y a pas de directive nationale standardisée au Canada régissant les funérailles catholiques dans les cas où une personne a choisi l’euthanasie.

On précise toutefois que l’Église n’endosse pas l’aide médicale à mourir et est plutôt une ardente défenseure des soins palliatifs.

Cette approche peut offrir un soulagement significatif de la souffrance et aider les individus à vivre leurs derniers jours avec dignité et, dans la foi, à porter la croix de la maladie avec espérance, dit-on.

Des nuages noires se glissent à l'arrière-plan d'une croix sur le toit d'une église catholique de Pittsburgh.

Au diocèse de Moncton, on dit que tous les fidèles ont droit à des funérailles. Dans des cas d'aide médicale à mourir, il y a parfois des célébrations de la vie au lieu d'une messe avec communion.

Photo : Reuters / Jason Cohn

Au Canada, l’aide médicale à mourir est légale depuis le mois de juin 2016. Dix ans plus tard, l’Église reconnaît que de plus en plus de familles catholiques font ce choix en fin de vie.

L’Église ne perd pas de vue la réalité humaine qui sous-tend ces décisions. De nombreuses personnes qui envisagent l’euthanasie font face à des souffrances profondes, que ce soit sur le plan physique, émotionnel ou spirituel, notamment lorsqu’elles sont confrontées à une maladie grave ou dégénérative.

C’est pour cette raison, nous explique-t-on, que la décision de tenir des rites funéraires catholiques est laissée à la discrétion des évêques.

En ce qui concerne les funérailles, le Code de droit canonique permet soit d’accorder soit de refuser des funérailles catholiques, selon les circonstances. Un élément clé à considérer est la possibilité de scandale public, c’est-à-dire une confusion parmi les fidèles ou l’impression que l’Église approuve l’euthanasie. En cas d’incertitude, il revient à l’évêque de rendre la décision définitive.

Dans la réponse que nous avons obtenue, on spécifie que, dans certains cas, des funérailles catholiques peuvent être autorisées, même si la personne a choisi l’aide médicale à mourir. La Conférence des évêques tient toutefois à préciser qu'une telle exception ne constituent pas une approbation ou une célébration de l’euthanasie, mais une expression de miséricorde.

Zones grises dans les hôpitaux

Une famille, qui préfère ne pas être identifiée, a confié à Radio-Canada qu'un de leur proche hospitalisé au CHU-Dumont de Moncton, n'a pas eu droit à la visite d’un prêtre pour les derniers sacrements.

Le CHU Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton.

L'approche de Vitalité c'est que personne ne demeure sans accompagnement, même lorsque certaines demandes religieuses ne peuvent être comblées.

Photo : Gracieuseté Vitalité

Au Réseau de santé Vitalité, on refuse de commenter les situations particulières. Dans une déclaration écrite, on indique ne pas avoir de contrôle sur les services religieux aux personnes choisissant l'aide médicale à mourrir.

[Ces rites] relèvent exclusivement des autorités et des leaders religieux eux-même, indique Vitalité.

On ajoute qu’aucun patient n’est laissé à lui-même en fin de vie, même s’il se voit refuser les derniers sacrements catholiques et que des services spirituels sont offerts pour accompagner les patients.

Une lettre pastorale qui se fait attendre

Dans la région, l’évêque de Moncton, Guy Desrochers, s'était engagé à envoyer une lettre pastorale avec les directives à l'intention des différentes paroisses au sujet de l’aide médicale à mourir qu’il qualifie de « suicide assisté ». Cependant, Mgr Desrochers affirme qu’avec son horaire chargé, il n’a pas encore eu le temps des rencontrer les prêtres des différentes paroisses à ce sujet.

Mgr Guy Desrochers pose pour la photo dans son bureau.

L'archevêque catholique de Moncton, Mgr Guy Desrochers, prépare une lettre pastorale au sujet de l'aide médicale à mourir. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

J'ai l'impression que ma lettre pastorale ne sortira qu'à la fin 2026 puisque je dois aussi consulter tous les prêtres avant sa publication.

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