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Boissons énergisantes : le Royaume-Uni suit le Québec, mais le Canada ne bouge pas

2 hours ago 1

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Juste avant qu’il ne quitte ses fonctions, Keir Starmer et son gouvernement ont décidé d’aller de l’avant avec l’engagement de l’ancien premier ministre britannique, pris dès le début de son mandat.

Après avoir mené une consultation publique à l’automne, Londres a conclu qu’il fallait resserrer la réglementation encadrant ces produits. À compter d’avril 2027, les boissons énergisantes contenant plus de 150 milligrammes de caféine par litre seront visées par une interdiction aux jeunes.

Et cette mesure s'appliquera non seulement aux ventes réalisées dans les magasins, mais également aux machines distributrices et aux marchés en ligne, comme c’est le cas au Québec.

Dans un document qui annonce sa décision (nouvelle fenêtre) et fait un compte rendu de la consultation publique, le gouvernement souligne qu’il agit de la sorte parce qu’il est inquiet pour les jeunes, notamment parce que les données récentes révèlent que 100 000 enfants dans ce pays consomment ces boissons sur une base quotidienne.

Une preuve grandissante suggère un lien entre la consommation de boissons énergisantes à forte teneur en caféine et une gamme de résultats négatifs possibles sur la santé physique et mentale des enfants, aussi bien que sur leur éducation, est-il indiqué.

Il cite en exemple des maux de tête, de l’irritation, de la fatigue, des maux d'estomac, une durée et une qualité de sommeil réduites, un risque accru de difficultés émotionnelles, telles que le stress, l'anxiété et la dépression, et même de suicide.

Le premier ministre britannique, Keir Starmer, s'exprime à Downing Street, dans le centre de Londres, le 28 février 2026.

L'ancien premier ministre britannique, Keir Starmer, a respecté son engagement d'interdire les boissons énergisantes aux jeunes tout juste avant de quitter ses fonctions.

Photo : Getty Images / JONATHAN BRADY

Et le Canada?

Les parents de Zachary Miron, mort après avoir consommé une seule canette de Red Bull et son médicament prescrit pour le TDAH, comme l’a révélé Enquête (nouvelle fenêtre), pensent que cette décision du Royaume-Uni envoie un message clair.

Soutenus par une pétition de plus de 35 000 signatures portée par le député Guillaume Cliche-Rivard et déposée en mai à l’Assemblée nationale,  ils ont convaincu Québec de déposer un projet de loi pour interdire la vente de ces boissons aux moins de 16 ans, au printemps dernier. La loi a finalement été adoptée en juin.

Les parents de Zachary Miron appellent maintenant les autorités fédérales à emboîter le pas au Québec et à en faire une priorité nationale. La législation du Royaume-Uni ne fait que renforcer leur conviction.

L'Angleterre envoie un message fort, la santé des jeunes passe avant les intérêts commerciaux, et c’est reconnaître que ces produits ne sont pas anodins et que leurs effets exigent une action responsable des gouvernements , indique Veronica Martinez, la mère de Zachary Miron.

Qu'est-ce qu'on attend? Encore quelque chose de dramatique? Quand le Québec agit avec courage, quand il montre la voie, c’est plus qu’une mesure, c’est un geste puissant qui ouvre la marche. L'Angleterre a agi, la Norvège a agi. Pour nous, le message au reste du Canada est clair : attendre n’est plus une option.

Véronica Martinez et David Miron, les parents de Zachary, accompagnés de la ministre de la Santé Sonia Bélanger et du député solidaire Guillaume Cliche-Rivard.

Veronica Martinez et David Miron, les parents de Zachary Miron, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale en juin, quelques jours avant l'adoption du projet de loi qui vise à prévenir les effets nocifs des boissons énergisantes sur la santé des jeunes.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Interpellée par Radio-Canada, la ministre fédérale de la Santé ne s’avance pas sur la possibilité d’interdire ces boissons aux jeunes. Marjorie Michel n’était pas disponible pour répondre à nos questions, mais par la voix de son porte-parole, Alexandre Bergeron, elle a fait savoir que les témoignages d’enfants ayant subi des effets néfastes après avoir consommé des boissons énergisantes sont très préoccupants, ajoutant que la santé et la sécurité des jeunes demeurent une priorité pour son gouvernement.

Nous continuons de suivre les mesures prises par des pays ayant la même optique en ce qui concerne la santé des jeunes, y compris la récente initiative du Royaume-Uni. Au Canada, le Québec a déjà pris des mesures pour encadrer la vente de ces produits, et nous continuons de suivre la situation de près.

Malgré les récents développements, Santé Canada ne semble pas non plus avoir un plan quant à un resserrement de la réglementation, et se limite à dire qu’il a pris connaissance de l’interdiction, en Angleterre, de la vente de boissons énergisantes à forte teneur en caféine aux enfants de moins de 16 ans, ainsi que du projet de loi n° 9 au Québec, qui restreint la vente de BEC [boissons énergisantes caféinées] aux enfants de moins de 16 ans.

L’autorité de santé canadienne assure avoir une réglementation fédérale rigoureuse qui comprend notamment un étiquetage obligatoire indiquant clairement que ces produits ne sont pas recommandés aux enfants de moins de 14 ans, ainsi que des limites quant à leur teneur en caféine et renvoie sinon la balle dans le camp des provinces.

En plus de cette réglementation fédérale, les provinces et les territoires peuvent, en vertu de leurs compétences législatives, imposer des exigences et des restrictions supplémentaires aux points de vente, comme le Québec a fait plus tôt cette année, a indiqué Mark Johnson, porte-parole de Santé Canada.

Zachary Miron, pas un cas unique

La mort subite de Zachary Miron n’est pas la seule qui a été documentée et dont les autorités canadiennes ont été informées.

En 2019, un premier reportage d’Enquête révélait qu’au moins sept cas de personnes mortes après avoir consommé une BEC ont été documentés et portés à l’attention des autorités canadiennes entre 2012 et 2017. Le reportage relatait les tragiques histoires de Brian Shepherd, un Ontarien de 15 ans, et Zachary Mitchell, 21 ans, originaire de l’Outaouais, deux jeunes Canadiens morts subitement après avoir consommé des boissons énergisantes.

Nos recherches démontraient également que les autorités avaient reçu plusieurs signalement pour ce qu’elles qualifient d’effets indésirables, tels que des palpitations cardiaques, des convulsions ou de la détresse respiratoire.

Des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l’accès à l’information avaient également révélé de nouveaux cas d’effets secondaires graves potentiellement liés à l'interaction entre des médicaments pour traiter le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et des boissons énergisantes caféinées (BEC) – allant de sérieux troubles du sommeil au décès. C'est ce même cocktail qui avait causé la mort de Zachary Miron.

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