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Ce que les partielles révèlent sur la future dynamique aux Communes

5 hours ago 1

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Les libéraux ont raflé les trois circonscriptions fédérales qui étaient en jeu aux élections complémentaires de lundi soir, avec un score bien plus élevé qu’anticipé. Comment expliquer ce résultat et que signifie-t-il, à trois semaines de la reprise des travaux parlementaires? Voici trois constats à tirer de ces partielles.

1. Les électeurs se sont mobilisés… mais ils pourraient déchanter

Tout le monde s’attendait à des résultats serrés dans Chicoutimi–Le Fjord. Au fil de la campagne, il est apparu évident que les conservateurs – qui tentaient de conserver le siège de leur député Richard Martel – n’étaient plus vraiment dans la course. Dans les derniers jours, bloquistes et libéraux croyaient que la victoire se jouerait à peu de voix.

Avant le scrutin, une source bloquiste estimait que la marge pour la victoire frôlerait les 500 à 1000 voix… Or, le libéral Daniel Gobeil a finalement devancé la candidate bloquiste Caroline Dubé au fil d'arrivée par près de 6000 votes. Avec plus de 51 % des suffrages dans la circonscription saguenéenne, la victoire des troupes de Mark Carney est certainement décisive.

Pour y voir plus clair, il faut regarder le taux de participation : 42,2 %. C’est beaucoup moins que pour des élections générales, mais c’est très élevé pour une élection partielle.

C’est donc que les électeurs ont trouvé une raison pour laquelle voter, une motivation intrinsèque pour sortir de chez eux et inscrire leur X dans la case de leur choix.

On peut penser que c’est pour faire un pied de nez à Donald Trump. Et comment rendre la monnaie de sa pièce au président américain, sinon en se rangeant derrière celui qui lui tient tête?

Les libéraux ont particulièrement le vent dans le dos depuis 10 jours, quand Mark Carney a mis fin aux négociations avec la Maison-Blanche. Les gens ont aimé qu’on ne se soit pas fait manger la laine sur le dos, avance une source libérale.

Mais attention : cela ne veut pas dire qu’ils en aimeront les conséquences.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déjà prévenu le Canada que les Américains allaient répliquer aux contre-tarifs qu’imposera le gouvernement Carney le 8 septembre prochain. Il a même évoqué l’idée de bannir carrément certains produits canadiens des tablettes aux États-Unis.

Si Ottawa s’engage dans une spirale tarifaire qu’il n’arrive pas à contenir et qui fait mal à l’économie canadienne, les Canadiens seront peut-être moins enthousiastes à l'idée de lui offrir un chèque en blanc à un prochain scrutin.

2. Les plaques tectoniques politiques semblent bouger

En l’emportant dans les trois circonscriptions en jeu avec plus de 50 % des voix, Mark Carney renforce non seulement sa majorité, mais il assoit également sa légitimité. Son gouvernement est d'abord passé de minoritaire à majoritaire non pas par la voie des urnes, mais en attirant des transfuges dans ses rangs.

Remporter un siège de plus, celui de Chicoutimi–Le Fjord, au Québec, et obtenir un appui populaire sans équivoque dans trois circonscriptions de trois provinces différentes – Beaches–East York (Ont.) et North Vancouver–Capilano (C.-B.) étaient les deux autres – lui permet de confirmer la validité de son approche.

Le premier ministre n’a d’ailleurs pas manqué de faire allusion à cette légitimité renforcée, mardi. Je crois que le message est clair. Les électeurs ont donné un vote de confiance dans le plan du gouvernement, a-t-il déclaré d’entrée de jeu en point de presse.

Est-ce que la dynamique aux Communes en sera affectée? Possiblement. Mark Carney n’a pas montré une grande ouverture à la collaboration avec les partis d’opposition au cours des 18 derniers mois. Une majorité plus solide ne lui donnera probablement pas d’incitatif pour s’ouvrir davantage à eux au moment de la reprise des travaux parlementaires, le 21 septembre.

Une conférence de presse à l'extérieur.

Le candidat conservateur Régis Gaudreault est arrivé troisième dans Chicoutimi–Le Fjord, avec 12,5 % des voix.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

3. Les prochaines partielles seront encore plus importantes

C’est aux conservateurs que la défaite de lundi soir fait le plus mal. Dans les trois circonscriptions, ils ont obtenu un score moins reluisant qu’aux élections générales de 2025.

Le contexte géopolitique y est certainement pour quelque chose. Tout comme le fait que leur ancien député Richard Martel, nommé au Sénat, était très connu dans la région de Chicoutimi–Le Fjord.

N’empêche, tous les yeux se tournent désormais vers le chef conservateur Pierre Poilievre, qui n’a pas pipé mot depuis la défaite.

L’un des défis de M. Poilievre sera de trouver une façon de garder la cohésion au sein de son caucus, alors que des députés craignent pour leur propre siège. C’est toujours de mauvais augure pour un chef quand les membres du caucus se mettent à avoir peur de perdre leur emploi.

Mais surtout, la pression sur les épaules de Pierre Poilievre en vue des prochaines élections partielles vient de s’accentuer. Pas moins de six élections complémentaires devront être déclenchées dans les prochains mois : trois au Québec, deux en Ontario et une en Saskatchewan.

Dans les rangs conservateurs, on note que celle dans Brantford–Brant-Sud–Six Nations sera particulièrement importante. Le député conservateur Larry Brock en a surpris plusieurs, cet été, en annonçant qu’il quitterait son siège le 18 septembre prochain pour reprendre son ancien travail de procureur à Brantford, dans le sud-ouest de l’Ontario. Il l’avait emporté avec plus de 51 % des voix aux dernières élections générales.

Si Pierre Poilievre veut montrer qu’il demeure compétitif, il ne peut certainement pas se permettre de perdre ce siège.

Après avoir encaissé le départ de sept de ses députés, dont quatre qui ont fait le saut chez les libéraux, le chef conservateur n’a plus beaucoup de marge de manœuvre.

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