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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes politiques d’immigration de Donald Trump continuent d’être lucratives pour les entreprises spécialisées en sécurité. Une filiale de la firme canadienne GardaWorld vient de décrocher un nouveau contrat massif avec le gouvernement américain.
Basée en Virginie, GardaWorld Federal Services a obtenu le 6 mars une entente d’au moins 436 millions de dollars (313 millions de dollars américains) avec le département de la Sécurité intérieure pour gérer un centre de détention situé à Surprise, en Arizona, au nord-ouest de Phoenix.
D’ici la fin du contrat, prévue en février 2029, ce montant pourrait même grimper jusqu’à 980 millions $ (704 millions $ US), selon des données diffusées sur le site web des dépenses fédérales américaines. Cette somme n'est cependant pas garantie.
Cette branche américaine de GardaWorld aura pour mission la rénovation d’une structure permanente appartenant à l’ICE, peut-on lire dans des documents publics. Il s’agit en réalité d’un entrepôt commercial acheté en début d’année par le gouvernement fédéral pour 97 millions $ (70 millions $ US) pour détenir des migrants avant leur éventuelle expulsion.
Ce nouveau centre de détention, de plus de 38 000 mètres carrés, pourra accueillir 1500 personnes, et GardaWorld doit également fournir tous les services connexes à son fonctionnement, est-il mentionné.
Quels sont ces services connexes? Contactée par Radio-Canada, GardaWorld a refusé de donner des détails sur cette entente, en invoquant des obligations contractuelles.

Environ 1500 lits seront installés dans cet entrepôt en Arizona, qui va se transformer, avec l’aide de GardaWorld, en centre de détention de migrants.
Photo : Photo tirée d'un document du Département de la sécurité intérieure
Un rôle essentiel à Alligator Alcatraz
Ce n’est pas la première fois que GardaWorld, qui a déjà bénéficié d’importants fonds publics au Québec, est liée à la police américaine de l’immigration (ICE), dont les méthodes ont récemment été dénoncées par la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, après le décès d’un autre migrant mexicain placé en détention.
Comme l’a déjà révélé Radio-Canada, la multinationale, qui a son siège social à Montréal, est devenue un partenaire majeur de l’administration de Donald Trump.
L’an passé, l’une de ses filiales américaines a par exemple obtenu un contrat pouvant aller jusqu’à 191 millions $ (138 millions $ US) pour aider l’ICE dans la détention d’urgence [de] migrants.
Elle joue aussi un rôle essentiel dans le fonctionnement d’Alligator Alcatraz, le centre de détention controversé créé l’été passé dans les Everglades, en Floride. GardaWorld y fournit des gardes armés, des interprètes, des équipements de transport ou encore des barbiers.
Différents contrats, totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars, ont été signés à cet effet avec l’État de la Floride.

Alligator Alcatraz a été construite sur le site d’un aérodrome abandonné, au milieu des Everglades.
Photo : Getty Images / Alon Skuy
Cette enceinte, bâtie au milieu d’une réserve naturelle, est régulièrement décrite comme la prison de l’enfer par des organismes et des avocats en immigration. Les personnes détenues vivent dans des conditions inhumaines, déplore un rapport (nouvelle fenêtre) d’Amnistie internationale, publié en décembre.
Le fait qu’il y ait une société québécoise impliquée dans des centres de détention, dont Alligator Alcatraz, c’est très préoccupant.
Il y a de graves violations de droits humains, y compris de la torture. L’accès à des soins de santé est très minimal, l’accès aux avocats est aussi très difficile et les conditions d’hygiène sont épouvantables, soutient France-Isabelle Langlois, directrice d’Amnistie internationale Canada.
Un ancien détenu, joint par l’émission Enquête l’automne dernier, parle quant à lui d’une expérience humiliante, avec des gardiens enfermant les prisonniers dans une cage extérieure pour les punir, en les exposant aux moustiques et au soleil étouffant.
Garda assure respecter la dignité humaine
En 2022, GardaWorld a obtenu une aide financière de 300 millions de dollars du gouvernement du Québec, notamment pour étendre ses activités aux États-Unis.
L’octroi de cette contribution financière à Garda comportait certaines conditions, dont l’obligation de maintenir son siège et sa principale place d’affaires à Montréal, indique une porte-parole du ministère de l’Économie.
Le gouvernement, ajoute-t-elle, n’a pas de lien avec [l’implication de GardaWorld aux États-Unis].
De son côté, la firme fondée au Québec, qui emploie 132 000 personnes à travers le monde, assure avoir des principes clairs, tels que le respect des droits de la personne [et] la dignité humaine.
Notre rôle est d'offrir des services structurés qui respectent les lois locales et les normes éthiques établies, souligne le service des communications de l’entreprise.
Avec la collaboration de Benjamin Shingler


2 months ago
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