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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn Ontarien retraité affirme que des agents des douanes américaines l’ont retenu pendant trois heures à la frontière et l'ont contraint à fournir un échantillon d'ADN avant de le renvoyer chez lui. Des législateurs américains exigent désormais des explications de la part de l'administration Trump.
La représentante démocrate du Michigan, Debbie Dingell, est outrée de ce qui est arrivé à cet homme.
Elle et son homologue du Maryland, Jamie Raskin, le plus haut responsable démocrate de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, ont rédigé une lettre adressée aux départements de la Sécurité intérieure, des Affaires étrangères et de la Justice afin d’obtenir des informations sur cet événement extraordinaire.
Ce type de traitement hostile et arbitraire à la frontière risque de nuire davantage à l’une de nos relations bilatérales les plus importantes, déjà mises à mal par les propos diffamatoires du président Trump à l’égard du peuple canadien et ses menaces d’annexer ce pays.
Cette situation intervient alors que certains Canadiens limitent ou évitent les visites aux États-Unis. Plusieurs craignent entre autres la manière dont les autorités frontalières pourraient les traiter.
Mme Dingell explique avoir pris connaissance de l’histoire la fin de semaine dernière grâce à une journaliste de Substack qui l'a ensuite mise en contact avec l’Ontarien en question.
Le retraité voulait participer à un rassemblement anti-Trump
Ancien spécialiste en radioprotection pour une centrale nucléaire, Kevin Larson, 68 ans, vit juste au nord de Kincardine, en Ontario. Il dit avoir traversé la frontière de nombreuses fois au fil des ans, pour rendre visite à sa famille ou pour suivre des formations professionnelles.
Le matin du 18 octobre 2025, il a tenté d’entrer aux États-Unis par le pont Blue Water, près de Sarnia. Il souhaitait se joindre au rassemblement anti-Trump No Kings organisé de l’autre côté du fleuve, à Port Huron, dans le Michigan.

Des milliers de personnes se sont rassemblées aux États-Unis le 18 octobre 2025 dans le cadre de la manifestation « No Kings ». (Photo d'archives)
Photo : AP / Nam Y. Huh
Je suis très préoccupé par le fait que l'administration Trump nous qualifie de 51e État, souligne-t-il. Nous sommes alliés et amis depuis des générations, et il jette tout cela par la fenêtre.
M. Larson avoue qu’il pensait qu’il y avait de fortes chances qu’il soit refoulé à la frontière, mais je ne m’attendais pas au traitement que j’ai reçu, soutient-il.
Il affirme qu'il n'a pas de casier judiciaire. Il avait dans sa voiture un drapeau canadien pour l’événement, des copies imprimées de l’itinéraire pour se rendre au rassemblement, ainsi qu’une tenue de rechange au cas où il aurait une crevaison et serait forcé de passer la nuit sur place.
Des menaces d’accusations criminelles
L’Ontarien raconte avoir été envoyé pour un contrôle secondaire après avoir expliqué aux agents frontaliers la raison pour laquelle il souhaitait entrer au pays.
Dans le bureau, il a dû signer un formulaire déclarant qu’il ne fournirait pas de soutien matériel ou de ressources à des organisations terroristes étrangères, en particulier aux cartels de la drogue, selon une copie qu’il a fournie à CBC.
J'ai signé ça. Ce n'est pas grave. Je ne suis pas un criminel, explique-t-il en riant.

Kevin Larson tenté d’entrer aux États-Unis par le pont Blue Water, près de Sarnia. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Paul Sancya
Les agents des services frontaliers l'ont interrogé, fouillé dans son téléphone et sa voiture, relevé ses empreintes digitales et pris sa photo, avant de finalement lui refuser l'entrée sur le territoire.
M. Larson affirme que les agents des douanes lui ont ensuite demandé de fournir un échantillon d'ADN par prélèvement buccal avant de pouvoir rentrer chez lui.
J'ai répondu : ‘‘Non, je considère que cela relève de la vie privée. Je ne le ferai pas’’, déclare-t-il.
Ils m'ont alors expliqué : ‘‘ Monsieur, si vous ne nous fournissez pas d'échantillon d'ADN, nous pouvons vous poursuivre au criminel, et ce serait une infraction si vous êtes reconnu coupable ’’, quelque chose comme ça. Et j'ai répondu : ‘‘ Non, je ne vous donnerai pas d'échantillon d'ADN.’ ’
Selon M. Larson, un superviseur l’a ensuite emmené dans une pièce à l’écart.
Il m’a vraiment lu le règlement qu’il invoquait pour me demander un échantillon d’ADN. '' C’est une infraction si vous êtes reconnu coupable, monsieur. La peine maximale est d’un an de prison' ', m’a-t-il dit.
L'homme raconte qu’il était déconcerté et qu’il a fini par se plier à la demande, en partie pour éviter une interdiction de séjour à plus long terme qui l’aurait empêché de rendre visite à un cousin en Georgie à l’avenir. Il a ensuite été autorisé à retourner au Canada.
Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) n'a pas répondu à une demande d’entrevue plus tôt cette semaine. Or, plusieurs heures après la publication de l’article de CBC, un porte-parole a fourni une déclaration écrite qui ne mentionnait pas le nom de M. Larson.

Selon la CBP, Kevin Larson aurait donné des réponses incohérentes quant à la raison de son voyage aux États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik
Le 18 octobre 2025, un citoyen canadien âgé de 68 ans est arrivé au pont Blue Water, peut-on lire dans la déclaration.
Lors d’un contrôle secondaire, l’étranger a donné des réponses incohérentes quant à la raison de son voyage aux États-Unis. Il a été jugé inadmissible et autorisé à retirer sa demande d’entrée, puis à quitter volontairement les États-Unis. Un échantillon d’ADN a été prélevé conformément à la loi, la loi de 2005 sur les empreintes génétiques, en raison de cette infraction aux règles d’immigration.
CBC a demandé à l'agence frontalière des précisions sur l'infraction en question ainsi que sur les incohérences alléguées, mais n'a pas obtenu de réponse pour le moment.
Le prélèvement était-il légal?
Une directive publiée en février 2025 (en anglais) (nouvelle fenêtre) stipule que l’agence prélève des échantillons d’ADN, et recueille les données biographiques associées, en vue de leur transmission au [Système combiné d’indexation de l’ADN du département de la Justice/FBI], auprès de toutes les personnes arrêtées pour des infractions pénales fédérales et des étrangers placés en détention par la CBP qui doivent se soumettre à la prise d’empreintes digitales. Elle précise également que la CBP peut renvoyer devant la justice les personnes qui refusent de coopérer au prélèvement d’un échantillon d’ADN.
Toutefois, les directives précisent que le prélèvement d'ADN ne s'applique pas aux étrangers se trouvant légalement aux États-Unis ou dont l'admission légale aux États-Unis est en cours de traitement ni à ceux détenus à un point d'entrée pendant l'examen de leur admissibilité, et qui ne font pas l'objet d'une détention ou d'une procédure supplémentaire.

Les représentants démocrates Jamie Raskin et Debbie Dingell exigent des réponses de l'administration Trump sur cette situation à la frontière.
Photo : La Presse canadienne / Allison Robbert/Carlos Osorio
Dans les documents fournis par M. Larson, les agents des douanes ont indiqué qu’ils lui avaient refusé l’entrée parce qu’il avait fourni des preuves insuffisantes quant à la raison de son entrée aux États-Unis.
Or, à aucun moment [les agents] n’ont remis en cause l’objet de ma visite, déclare-t-il.
Un formulaire du FBI que le retraité a fourni à CBC énumère deux infractions présumées dans une section intitulée accusation/contravention : Immigrant sans papiers et Étranger inadmissible en vertu de l'article 212 (a). Ces infractions semblent s'appliquer (en anglais (nouvelle fenêtre)) à ceux qui ont déjà séjourné illégalement aux États-Unis.
Je considère que ces deux affirmations sont fausses.
Le langage utilisé dans ces documents me dérange, car ils ne reflètent pas la réalité ni la compréhension que nous avions tous de ce qui se passait là-bas, maintient-il.
M. Larson affirme que les agents des services frontaliers auxquels il a eu affaire se sont montrés professionnels, mais qu'ils ont commis une erreur en prélevant son ADN et souhaite que celui-ci soit supprimé de la base de données du FBI.
En réponse aux questions concernant la procédure de suppression, le FBI déclare que sa division des laboratoires dispose de processus et de procédures opérationnelles standard conformes aux lois fédérales, mais refuse de faire d’autres commentaires.
Obtenir des réponses
Dans leur lettre conjointe, Mme Dingell et M. Raskin demandent à l’administration de dévoiler son raisonnement juridique pour le prélèvement de l’ADN de M. Larson, de préciser si d’autres personnes ont subi le même sort, ainsi que de détailler les modalités de conservation et la procédure de suppression de l’ADN.
Il n’y avait aucune preuve de mandats d’arrestation en cours ni d’antécédents judiciaires. Il n’y avait rien.
Mme Dingell précise qu'ils n'ont pas encore reçu de réponse, mais qu'ils continueront à faire pression jusqu'à ce qu'ils en obtiennent une.
Nous sommes tous les deux connus pour notre ténacité, et nous obtiendrons des réponses, promet-elle. S'il faut déposer un projet de loi ou organiser des audiences, c'est exactement ce que nous allons faire.
Avec les informations de Emma Loop de CBC


2 months ago
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