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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes États-Unis cesseront à la fin de l'année leur appui au Bureau de soutien de l'ONU en Somalie (UNSOS), une décision qui risque de mettre un terme à une mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA), qui en dépend pour épauler les fragiles autorités de Mogadiscio face aux islamistes shebab.
La Commission de l'Union africaine (CUA) a convoqué vendredi après-midi, dans une note transmise à l'AFP, une réunion d'urgence sur l'avenir de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM), à Addis Abeba, en Éthiopie, où se trouve le siège de l'UA. Sollicités par l'AFP, les services du commissaire à la Paix et la Sécurité n'ont pas répondu dans l'immédiat.
Dans une lettre datée du 1er juillet, l'ambassade des États-Unis auprès de l'UA informe la CUA que le gouvernement américain ne soutiendra pas le maintien du Bureau de soutien de l'ONU en Somalie au-delà du mandat actuel de l'AUSSOM qui prend fin le 31 décembre 2026.

Le siège de l'Union africaine à Addis Abeba, en Éthiopie. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / TIKSA NEGERI
Washington ajoute qu'il s'opposera à la reconduction, par le Conseil de sécurité de l'ONU, du mandat de l'AUSSOM si celui-ci comprend un quelconque soutien logistique de l'ONU.
Cette lettre est authentique, a réagi un diplomate africain de haut rang de l'UA, ajoutant que cette décision irréversible implique que l'AUSSOM n'aura plus les moyens d'opérer en Somalie après 2026.
C'est fini. Sans la logistique des Nations unies [...], nous allons devoir tirer un trait sur notre mission en Somalie, a-t-il affirmé. Et si l'AUSSOM quitte la Somalie, la voie est libre pour les shebab, le scénario est catastrophique, estime ce diplomate s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
Luttes intestines
La fin du soutien logistique [de l'ONU] à l'AUSSOM signifie la fin de l'AUSSOM, ce qui aurait de graves conséquences non seulement en Somalie, mais plus largement dans la région et pour la sécurité de la communauté internationale, confirme Zekarias Beshah, chercheur au centre de réflexion Amani Africa, qui a son siège à Addis Abeba.
L'UNSOS, dont Washington est l'un des principaux bailleurs, assure notamment pour l'AUSSOM la rotation des troupes africaines, l'acheminement des équipements, de la nourriture, du carburant et des fournitures médicales, ainsi que les évacuations sanitaires de blessés.
Les États-Unis rappellent avoir depuis 2007 et le déploiement de l'AMISOM – l'ancêtre de l'AUSSOM – versé notamment plus de deux milliards de dollars à l'UNSOS et à ses prédécesseurs et 1,6 milliard pour soutenir les contingents africains en Somalie.
Ils affichent leur frustration, les shebab contrôlant toujours de très vastes zones rurales en Somalie, qui n'a toujours pas organisé ses premières élections nationales au suffrage direct, annoncées depuis plus de dix ans. Et ce, alors que le mandat du président Hassan Sheikh Mohamud a expiré le 15 mai.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Feisal Omar
Les rivalités internes et les luttes intestines d'ordre politique continuent de saper le combat contre les shebab et le groupe État islamique et les effets du soutien international resteront limités tant que les dirigeants somaliens ne s'uniront pas pour régler les défis du pays en matière de sécurité et de gouvernance, explique Washington dans sa lettre.
Début juin, à Mogadiscio, des combats – les premiers dans la capitale depuis plusieurs années – ont opposé des milices de divers dirigeants politiques à des forces gouvernementales loyales au chef de l'État.
Lassitude
Financée à 75 % par l'ONU, l'AUSSOM, forte d'environ 12 000 soldats et policiers, fait face depuis le début de sa mission à d'importantes difficultés financières.
Avant même l'annonce américaine, les missions de maintien de la paix de l'ONU avaient des problèmes de financement [...] et cela avait déjà impacté l'UNSOS, dont le budget avait été amputé d'environ 25 %, avec des conséquences importantes sur l'efficacité de l'AUSSOM, rappelle Zekarias Beshah.

De la fumée s'élève au-dessus d'un quartier résidentiel après des tirs d'artillerie signalés dans le district de Howl Wadaag, à Mogadiscio, en Somalie, le 4 juin 2026. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP
Ses problèmes de financement sont aggravés par la lassitude croissante des bailleurs – dont l'Union européenne qui prend en charge une partie des soldes des soldats et des membres du personnel civil – face à l'incapacité des forces somaliennes à prendre le relais des troupes africaines, après près de 20 ans présence en Somalie.
L'élite politique en Somalie a délégué la responsabilité de la sécurité aux missions de l'UA, relève Zekarias Beshah. Les forces somaliennes étaient censées graduellement prendre en charge la sécurité, mais cela n'est pas le cas parce que l'élite politique est trop occupée à ses luttes intestines.
Et face à la raréfaction des financements, ni les pays fournissant des troupes ni l'Union africaine n'ont les moyens de couvrir les coûts énormes d'une telle mission, note M. Zekarias.
Depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, les États-Unis ont effectué des coupes draconiennes dans leur aide extérieure, ainsi que dans leur financement à plusieurs agences de l'ONU.


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