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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa diplomate de carrière Louise Blais a été choisie par le gouvernement du Québec pour représenter la province lors des renégociations de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
J'ai eu la chance, depuis que j'ai quitté la diplomatie dans les cinq dernières années, de travailler avec le secteur privé, de bien comprendre les enjeux. C'est un mariage de ces deux compétences qui a été reconnu par la première ministre, a estimé la principale intéressée, après l'annonce de sa nomination mardi matin.
Son rôle, a-t-elle expliqué en entrevue à Première ligne, sur ICI RDI, sera d'ouvrir le dialogue avec les instances américaines et mexicaines afin de faire valoir l'apport du Québec dans les chaînes d'approvisionnement et dans la compétitivité continentale. Elle compte voyager aux États-Unis et au Mexique pour rencontrer les consuls généraux de ces pays.
Et auprès du gouvernement fédéral – responsable de la révision de l’ACEUM – Mme Blais veillera à défendre les intérêts qui sont propres à l'économie québécoise, notamment en collaborant avec la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette.
C’est de garder le pouls des parties prenantes au Québec : le secteur des affaires, les syndicats, les consommateurs, pour bien comprendre les enjeux qui sont propres au Québec pour pouvoir faire remonter ça [à Ottawa].
J’ai eu la chance de connaître Janice Charette depuis longtemps, dans son rôle de greffière et aussi son rôle d'ambassadrice. On a une très très bonne relation, a également assuré la nouvelle émissaire.
J'ai eu la chance de lui en parler très rapidement de manière informelle la semaine dernière. Je lui ai fait comprendre qu'on allait travailler ensemble en équipe, que l'on n'allait pas laisser les Américains diviser le Canada, mais qu'en même temps, on n'allait quand même pas empêcher le Québec de faire valoir nos intérêts et s'assurer qu'ils soient pris en compte, a-t-elle poursuivi.
Elle assure que les canaux de communication seront ouverts de manière bidirectionnelle tout au long des négociations. On veut être au courant en temps réel des décisions qu’[Ottawa va] prendre.
Mme Blais a en outre souligné qu’il sera crucial pour le Québec de ne pas rester uniquement sur la défensive face à Washington – pour conserver ses acquis comme la gestion de l’offre –, mais de savoir aussi passer à l'offensive avec des demandes spécifiques.
Ça va être un de mes objectifs dans les prochains jours et semaines : aller sur le terrain, au Québec, pour parler à différents joueurs importants afin de comprendre réellement ce qu’on pourrait demander en échange, au-delà de la simple réduction des tarifs additionnels qui nous ont frappés.
Malgré l’imprévisibilité de l’administration Trump, a-t-elle ajouté, ça ne peut pas nous freiner d'essayer d'obtenir des concessions. Il y a toujours un danger, mais en même temps, on peut s’appuyer sur l’ACEUM parce que l’ACEUM a été entériné par le Congrès.

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Un exercice d'équilibrisme avec Ottawa et Washington
Questionnée à savoir si elle craint que le fédéral perçoive d’un mauvais œil l’implication du Québec, Mme Blais insiste sur le fait que la province ne revendique pas le rôle primordial que le fédéral occupe dans les négociations à l’international.
Bien qu'Ottawa soit ultimement responsable de la renégociation de l'ACEUM, elle rappelle que le Québec a toujours travaillé en étroite collaboration avec le fédéral dans les ententes avec l'Europe, l'Asie, l'Amérique latine et par le passé, sur l'ALENA et l'ACEUM.
L'an dernier, l’implication du premier ministre ontarien Doug Ford dans les négociations entre Ottawa et Washington sur un accord sur les tarifs douaniers avait fait dérailler les pourparlers : le président américain avait rompu les discussions après la diffusion d’une publicité ontarienne dénonçant les droits de douane.
Le premier ministre Ford avait ensuite multiplié les entrevues sur les réseaux de télévision américains pour défendre sa publicité.
Mme Blais a assuré qu’elle adopterait une stratégie différente et qu’elle ferait profil bas. Je n’ai pas l’intention de donner des entrevues aux médias américains pour donner la leçon au président, a-t-elle lancé, en référence à M. Ford.
J'ai été représentante du Canada aux États-Unis, je sais ce que c’est. Il faut faire attention de respecter le gouvernement en place. Le travail va être beaucoup plus efficace dans ce cas-ci en coulisses, dans les relations privées.
Pour rappel, l'ACEUM, qui a été négocié lors du premier mandat de Donald Trump, doit être révisé à compter du 1er juillet. Il s'agira de la première procédure de révision depuis son entrée en vigueur, en 2020.
On s'attend à ce que les Américains demandent au Canada de faire plusieurs concessions, notamment en ce qui concerne la gestion de l'offre, système qui protège les producteurs laitiers et d'œufs au Canada.
Lors de la première négociation de l'ACEUM, l'ex-ministre des Finances du gouvernement Charest Raymond Bachand avait été nommé par Philippe Couillard pour occuper les mêmes fonctions que Mme Blais. Cette dernière a d'ailleurs pris contact avec M. Bachand pour lui demander conseil, a-t-elle mentionné à l'émission Midi Info.
Qui est Louise Blais?
Louise Blais détient une longue feuille de route à l'étranger. En 2014, elle a été nommée consule générale à Atlanta, avant de devenir ambassadrice du Canada aux Nations unies de 2017 à 2021.
Elle a fait ses armes en politique internationale dans les années 1990. Elle s'était alors jointe au ministère des Affaires étrangères pour occuper divers postes, d'abord à l'ambassade de Washington, puis à celle de Tokyo et de Paris.
Elle est aujourd'hui conseillère stratégique pour le Conseil canadien des affaires et au Pendleton Group.
Dans un communiqué publié mardi matin, Christine Fréchette et le nouveau ministre de l’Économie, Bernard Drainville, ont vanté Mme Blais comme étant la personne toute désignée pour faire valoir les intérêts du Québec, notamment en raison de son expérience au sein d’institutions multilatérales et de relations bilatérales, [...] qui lui a permis d’acquérir une solide expertise en gouvernance mondiale, en négociations internationales, en politique commerciale et en développement économique.
Notre gouvernement est bien conscient des préoccupations qu’ont certains secteurs de notre économie, dont le secteur laitier. [...] Je peux donc vous assurer qu’on sera là, avec Mme Blais comme représentante, pour défendre nos intérêts et promouvoir les forces et les atouts de ces secteurs
Visite éclair à Washington
Louise Blais pourra bâtir sur les premiers contacts établis par la première ministre du Québec, qui était en visite lundi dans la capitale américaine. Mme Fréchette a notamment rencontré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, un influent membre de l'administration Trump qui est responsable de la renégociation de l'ACEUM.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a eu un tête-à-tête avec le représentant américain au Commerce à Washington, Jamieson Greer, hier matin. (Photo d'archives)
Photo : Émilie Nadeau - Cabinet de la première ministre
En entrevue à Radio-Canada après sa réunion, Christine Fréchette a souligné que le Québec est un joueur important pour les États-Unis, et à l’échelle nord-américaine, citant l'exportation d'hydroélectricité, d'aluminium et les minéraux critiques et stratégiques.
Mme Fréchette a déclaré avoir été ferme sur le maintien du système de la gestion de l'offre, sur la protection du français et sur le fait que le retour des produits alcoolisés américains sur les tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ) serait possible en échange d'une réduction des tarifs douaniers dans les secteurs stratégiques.
La première ministre n'a pas exclu un retour à Washington dans les prochains mois.
Du côté fédéral, le nouveau comité consultatif sur le commerce entre le Canada et les États-Unis, mis sur pied par Mark Carney, s'est réuni pour la première fois lundi.
La rencontre, présidée par le ministre du Commerce Canada-États-Unis Dominic LeBlanc, a permis à divers acteurs du monde des affaires et à des syndicats d'exposer leurs priorités à l'équipe de négociations.
Le bureau du ministre LeBlanc n'a toutefois pas précisé lesquelles de ces priorités ont été évoquées lors de cette réunion.
Jean Simard, président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada, qui était présent à la réunion, a toutefois donné davantage de détails sur son déroulement en entrevue mardi matin à Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE.
L'exercice a été l’occasion de se rencontrer et de se confronter au contact de l'équipe de négociation, de comprendre comment les choses vont se dérouler à l'avenir, de se faire confirmer les lignes rouges sur la culture et sur la gestion de l'offre, a-t-il énuméré.
Il assure également que les secteurs de l'automobile, du bois d'œuvre, de l'acier et de l'aluminium – soumis à des tarifs douaniers américains – font partie des priorités du gouvernement fédéral dans la révision de l’ACEUM.
Par ailleurs, l’idée de remettre les alcools américains sur les tablettes au Canada – leur retrait étant un irritant majeur pour l'administration Trump – a été évoquée lors de la rencontre, a indiqué M. Simard.
Cette mesure ne sera toutefois pas un chèque en blanc.
Pour ce qui est de la position canadienne, on comprend qu'on a intérêt à lâcher du lest à partir du moment où les Américains vont consentir à des demandes canadiennes. C'est du donnant-donnant. Ce que le Canada demande avant de donner du lest, c'est de s'entendre sur comment on va procéder pour s'assurer qu'on couvre tous les aspects que le Canada veut qui soient couverts. Tant qu'on n'est pas rendu là, il n'est pas question de mettre quoi que ce soit sur la table, a-t-il assuré.
M. Simard a en outre salué l’approche de Mme Fréchette lors de sa visite lundi, à Washington, qui a souligné l'importance pour l'économie américaine des huit alumineries québécoises.
Elle l'a fait de façon très stratégique. Elle n'est pas allée leur dire : "Vous avez besoin de nous. Elle leur a dit : "Nous sommes une extension de ce que vous êtes". Les Américains ne veulent pas se faire dire qu'ils ont besoin de nous.
Pour M. Simard, l’argument à faire valoir est que l’importation d’aluminium canadien permet aux Américains d’économiser de l’énergie de production, pour plutôt l’investir dans quelque chose de plus hautement stratégique, comme les centres de données et l'intelligence artificielle .
L'aluminium qu'on exporte aux États-Unis prend 40 millions de mégawattheures d'énergie par année pour être produit. C'est l'équivalent de ce que consomment 460 centres de données, a-t-il donné en exemple.
Avec les informations de La Presse canadienne


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