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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ partir de quel seuil devrait-on commencer à imposer les fortunes du Québec? Après avoir causé la surprise en suggérant un plancher de 1 million de dollars lors de la campagne électorale de 2022, puis avoir relevé ce niveau à 50 millions l'an dernier, Québec solidaire (QS) défend maintenant l'idée d'instaurer une taxe sur le capital à partir de 25 millions de dollars.
La proposition, qui devrait se retrouver dans la plateforme du parti en vue du prochain scrutin, est actuellement débattue par les militants, qui s'exprimeront sur le sujet en congrès, du 8 au 10 mai, à Montréal.
En entrevue vendredi après-midi à l'émission La parole aux mordus de politiques, sur ICI RDI, la co-porte-parole de QS et cheffe parlementaire du deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, Ruba Ghazal, a fait valoir que les plus fortunés de la société devraient contribuer davantage au trésor de la province.
Ils ont un patrimoine, et c'est peu, ce qu'on leur demande. C'est vraiment peu. Pour eux, c'est quasiment de l'argent de poche par rapport à [...] la contribution que ça permettrait de donner à nos finances publiques, qui sont en crise à cause des gouvernements précédents, a-t-elle plaidé sur le plateau de Sébastien Bovet.
À moins d'augmenter les revenus de l'État, il est sûr et certain, selon Mme Ghazal, que le prochain gouvernement – si ce n'est pas Québec solidaire, a-t-elle précisé – sera obligé d'augmenter les impôts. Parce qu'on ne peut pas tout le temps demander aux gens de la classe moyenne de payer.
C'est une grande richesse d'avoir une société où il y a plus d'égalité, et ça, ça passe par la fiscalité et par une redistribution de la richesse.
QS, en 2022, avait proposé d'instaurer une taxe progressive sur le capital à partir de 1 million de dollars. Le taux, fixé à 0,1 %, devait passer à 1 % au-delà de 10 millions et à 1,5 % au-delà de 100 millions de dollars.
La proposition – de pair avec une autre, qui visait à imposer un impôt sur les grandes successions – avait alors été qualifiée de « taxes orange » par François Legault, à ce moment chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et premier ministre sortant, une expression qui avait fait mouche.
Sous pression, Gabriel Nadeau-Dubois, qui était alors co-porte-parole de QS, avait, malgré cela, assuré qu'il ne reculerait pas.
La proposition, toutefois, avait été ajustée pour permettre une exemption pour les agriculteurs, dont les actifs, contrairement à leurs revenus, sont souvent élevés en raison de la valeur de leurs terres et de leur machinerie.

Gabriel Nadeau-Dubois, en 2022, avait dû redoubler d'efforts pour défendre les taxes que QS entendait instaurer en cas de victoire aux élections.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Le parti, trois ans plus tard, faisait les manchettes, en avril 2025, en réclamant publiquement que les multimillionnaires soient mis à contribution pour financer les services publics.
Sa porte-parole en matière de finances, Alejandra Zaga Mendez, avait alors demandé au gouvernement Legault d’imposer une taxe sur la fortune nette des Québécois détenant plus de 50 millions de dollars. Le taux, cette fois fixé à 1 %, devait passer à 2 % au-delà de 500 millions.
Il était évalué, à l'époque, que la mesure toucherait 4000 ménages, soit 0,1 % de la population, et qu'elle rapporterait annuellement 3 milliards de dollars au trésor public.
Or, la proposition de QS a été remodelée dans les derniers mois. Quelques jours avant la présentation du budget du ministre des Finances, Eric Girard, le parti avait notamment demandé à ce dernier d'imposer davantage le 0,1 % de la population en créant une taxe sur les fortunes dépassant 25 millions de dollars.
Joint par Radio-Canada vendredi, l'aile parlementaire du parti a confirmé que de nouvelles données ont convaincu QS d'abaisser le plancher de sa proposition, tout en maintenant que celle-ci toucherait environ 4000 familles. Les revenus anticipés, quant à eux, seraient aujourd'hui de 5 milliards de dollars.
L'avenir de cette proposition se trouve maintenant entre les mains des délégués de QS, qui devront déterminer, dans quelques semaines, si celle-ci doit se retrouver telle quelle dans la prochaine plateforme électorale du parti ou si elle doit être modifiée, voire abrogée.
Le Comité d'action politique (CAP) écologiste du parti, par exemple, aimerait ramener son plancher à 5 millions de dollars.


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