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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAprès avoir vécu un « psychodrame » en francisation, le ministre Jean-François Roberge affirme que la situation est maintenant « sous contrôle ». Il en veut pour preuve le nombre de personnes inscrites sur la liste d'attente pour suivre un cours, passé d'environ 33 000 à 6000 en un an.
Ce sont de bonnes nouvelles, assure le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
Du 1er avril 2025 au 28 février 2026, près de 77 000 personnes ont pu avoir accès à l'offre de services d'apprentissage du français, selon des données fournies par le ministère que dirige M. Roberge. Il s'agit d'une diminution par rapport à l'année précédente, où ils avaient été plus de 90 000 à s'être inscrits à un cours.
Au lancement de Francisation Québec, en 2023, il y avait un arrérage important, explique le ministre. Beaucoup de gens souhaitaient faire des cours de français, mais ne savaient pas à qui s'adresser.
Aujourd'hui, il affirme que les services sont mieux rodés après une période durant laquelle les problèmes du guichet unique ont été bien documentés.
En date du 28 février 2026, par exemple, le ministère indique qu'un peu plus de 6000 personnes étaient en attente d'une place dans une classe de francisation comparativement à plus de 33 000 au même moment l'an dernier.
Il y a aussi le fait qu'on a mieux repris contrôle de notre immigration, précise M. Roberge.
Le gouvernement Legault a effectivement entrepris une réduction des seuils d'immigration permanente et temporaire, en plus d'abolir le Programme de l'expérience québécoise (PEQ).
Oui, il y a [déjà] une diminution du nombre de travailleurs étrangers temporaires, surtout du Programme de mobilité internationale, qui relève d'Ottawa, explique Jean-François Roberge. Ensuite, on a une diminution du nombre d'étudiants étrangers aussi, qui est modeste mais qui est là.
Ces changements permettent donc d'expliquer en partie pourquoi la demande diminue.
De l'inquiétude pour la suite
Pour éviter de futurs psychodrames, Québec avait conclu l'an dernier une entente pour financer les services de francisation dans les centres de services scolaires, qui devait prévenir les fermetures de classes de façon subite.
Maintenant, il n'y a pas de profs qui disent : "Je perds mon emploi", il n'y a pas d'étudiants qui disent : "Je ne suis pas capable de terminer mon cours", indique le ministre de l'Immigration. Tout ça, c'est derrière nous.
La maison est vraiment en ordre.
Sauf que dans le réseau, certains n'en sont pas aussi convaincus.
D'abord, le budget consenti par le ministère de l'Immigration à celui de l'Éducation en matière de francisation pour la prochaine année scolaire n'a pas encore été confirmé. Des discussions sont en cours à ce sujet, se limite à dire le cabinet de Jean-François Roberge, qui promet toutefois qu'il n'y aura pas de mauvaise surprise.
Le montant et les détails de l'entente seront connus prochainement, affirme le cabinet.
Pour l'année financière 2025-2026, la somme avait atteint 119,4 millions de dollars.

Vincent Vachon, enseignant au Centre Saint-Michel à Sherbrooke, redoute de nouvelles restrictions budgétaires en francisation.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Vincent Vachon, enseignant au Centre Saint-Michel à Sherbrooke, est de ceux qui s'inquiètent pour l'avenir.
Notre direction nous a annoncé qu'il y aurait des réductions de budget l'année prochaine, dit-il. Ce n'est pas confirmé, mais ça ne regarde pas bien.
M. Vachon est également porte-parole du Collectif francisation, un regroupement de 700 professeurs touchés par la vague de fermetures de classes de l'automne 2024 et du printemps 2025.
Ça me rappelle étrangement la crise de l'année dernière, ajoute-t-il. On peut s'attendre à ce que les gens aient encore de la difficulté à trouver une place dans une classe de francisation.
Il se demande également à quel point les données transmises par Québec représentent la réalité compte tenu du fait que des élèves dont la classe a été fermée avaient été comptabilisés dans le bilan précédent.
On nous dit que seules 14 personnes attendaient pour intégrer les classes du Centre Saint-Michel, signale-t-il, alors que cet établissement compte quelques centaines d'étudiants. Je doute fortement qu'il y ait seulement 14 personnes qui attendent à Sherbrooke pour intégrer des classes de francisation.
Il s'agit d'une prudence dont fait également preuve Nadine Bédard St-Pierre, première vice-présidente à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Je ne suis pas certaine qu'on est en train d'améliorer l'offre, j'ai plutôt l'impression qu'on est en train de faire chuter la demande.
Par exemple, elle souligne que le gouvernement a récemment déployé une offre d'apprentissage en ligne pour les élèves qui tentent d'obtenir les niveaux 1, 2 et bientôt 3 de l'Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.
Mettre l'accent sur une francisation en ligne avec des modules de formation, sans personnel qualifié, sans effet de classe, de groupe, sans socialisation, c'est peut-être une façon aussi d'atteindre des scores plus élevés, mais à quel prix? se demande-t-elle.
Ce n'est pas ça, être francisé au Québec.
En dehors des centres de services scolaires, des cours sont également offerts dans des organismes communautaires et dans des points de service du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. Le budget alloué à ces ressources pour l'année financière 2026-2027 atteint 257 millions de dollars.


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