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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes Émirats arabes unis ont annoncé leur intention de quitter l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dès vendredi, après 60 ans d'adhésion. Cette décision, qui soulève plusieurs questions, pourrait avoir un impact jusqu'au Canada, particulièrement dans le contexte du blocage du détroit d'Ormuz. Explications.
D'abord, qu'est-ce que l'OPEP? L'organisation compte, jusqu'à vendredi, 12 pays producteurs de pétrole et a comme objectif d'influencer le prix du baril en limitant la production.
Des quotas de production sont fixés pour chaque pays membre dans le but de limiter l'offre de pétrole et d'ainsi maintenir un prix plus élevé et plus prévisible de la ressource. Les États membres sont en discussion constante avec les compagnies pétrolières de leurs territoires respectifs pour tenter d'atteindre ces objectifs.
L'organisation, qui constitue un cartel, a été créée en 1960 dans l'optique de mettre fin à la domination occidentale du marché pétrolier.

Al Mazrouei est le ministre de l'Énergie des Émirats arabes unis.
Photo : Reuters / Leonhard Foeger
Les pays membres sont tous situés au Moyen-Orient et en Afrique, à l'exception du Venezuela, seul représentant sud-américain. En 2016, l'OPEP s'est entendue avec 10 autres pays, dont la Russie et le Mexique, pour former l'OPEP+. Ce regroupement élargi a la même mission que le groupe original.
Les Émirats arabes unis sont parmi les plus importants producteurs de pétrole de l'OPEP+ et ont une grande influence sur l'organisation.
C'est véritablement un tremblement de terre pour l'OPEP, affirme Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM). C'est une date importante dans l'histoire du marché pétrolier mondial. C'est un affaiblissement considérable pour l'organisation, qui contrôle 40 % de la production pétrolière.
Les Émirats arabes unis sont le quatrième pays à quitter l'OPEP depuis 2019, après le Qatar, l'Équateur et l'Angola.

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Les explications de Valérie-Micaela Bain
Photo : Radio-Canada
Des quotas trop restrictifs
Alors, pourquoi quitter le navire? En raison, justement, des bateaux coincés dans le détroit d'Ormuz. Du moins en partie.
Les Émirats arabes unis songeaient déjà depuis un moment à quitter les rangs de l'OPEP. Le conflit actuel a assurément contribué à accélérer la conviction des Émirats arabes unis que leur avenir, en matière de production pétrolière, ne se situait plus à l'intérieur de l'organisation, explique Yvan Cliche.
Ces dernières années, le pays a investi beaucoup dans sa production pétrolière et voyait qu'il perdait des parts de marché en limitant sa production dans le respect des quotas établis par l'OPEP.
Les Émirats produisent environ 3,5 millions de barils de pétrole par jour et pourraient passer à 5 millions de barils quotidiens, selon Yvan Cliche. De plus, le pays est l'un des rares de la région, avec l'Arabie saoudite, à posséder une canalisation qui lui permet d'exporter de l'or noir sans passer par le détroit d'Ormuz.
Malgré le blocage, le pays demeure ainsi relativement actif sur le marché pétrolier. Parallèlement, les importateurs asiatiques ont désespérément besoin de brut, d'après M. Cliche, et Abou Dhabi pourrait aider à leur fournir la ressource qu'ils convoitent. En raison de sa capacité de stockage, le pays est en mesure de mettre rapidement du pétrole sur le marché pour pallier et gérer des crises.

L'Iran a visé de nombreux pays voisins en riposte aux frappes israélo-américaines. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Dado Ruvic
De surcroît, les Émirats arabes unis sont l'un des pays les plus touchés par les drones et les missiles iraniens, envoyés en riposte aux frappes israélo-américaines qui ont déclenché une guerre dans la région. L'Iran est également un acteur majeur de l'OPEP. Le conflit semble ainsi être la goutte qui a fait déborder le vase pour les Émirats.
Baisse du prix à venir?
Si un acteur majeur du marché pétrolier mondial augmente sa production, peut-on s'attendre à une baisse des prix?
Ce n'est pas demain matin qu'on va voir les prix du pétrole diminuer, explique l'économiste en chef à Servus Credit, Charles St-Arnaud. Dans le contexte géopolitique actuel où le détroit d'Ormuz est fermé, ça ne peut pas vraiment avoir un grand impact à court terme.
Cependant, à plus long terme, ça peut changer énormément une fois le rythme des exportations revenu à la normale, précise M. St-Arnaud.
Yvan Cliche, lui, semble un peu plus optimiste, même s'il reste dans des scénarios hypothétiques. En théorie, c'est une bonne nouvelle pour ceux qui utilisent des véhicules à essence, parce que les prix des carburants devraient être moins élevés.

Le prix de l'essence est en forte hausse à l'échelle mondiale depuis le blocage du détroit d'Ormuz. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Les deux experts se gardent de faire des prédictions quant au futur prix du baril ou au moment précis où il risque de diminuer.
L'impact sur le Canada
Si, à terme, les Canadiens peuvent s'attendre à payer leur plein d'essence moins cher, tout n'est pas rose pour le pays d'un point de vue économique.
Certes, l'augmentation de l'offre mondiale de pétrole pourrait faire baisser les prix, mais cette diminution n'est pas vue du même œil par les consommateurs et par les producteurs de pétrole.
C'est moins rentable de construire une mine de sable bitumineux si le baril est à 50 $ US, explique Charles St-Arnaud. Une baisse de prix pourrait ainsi entraîner des changements autant du côté de la demande que du côté des investissements dans le secteur, ajoute-t-il.
Le prix du baril oscille présentement autour de la somme symbolique de 100 $ US, un seuil beaucoup plus rentable pour les pétrolières canadiennes.
Quoi qu'il en soit, à compter du 1er mai, les Émirats arabes unis deviendront un producteur indépendant, tout comme le sont déjà le Canada, les États-Unis et la Chine.
Avec des informations de Valérie Micaela-Bain et de l'Agence France-Presse


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