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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAu café Amistad, sur la rue Jean-Talon, l’ambiance est encore à la fête au lendemain de la victoire du Maroc en 16es de finale de la Coupe du monde de la FIFA contre les Pays-Bas. Les discussions tournent autour du soccer, mais rapidement d'autres sujets s’imposent. Il est surtout question d’appartenance, de famille et de racines.
En compagnie de son fils Taha, 12 ans, Rachid Namat regarde les clients discuter avec le sourire. Pour lui, les rassemblements en marge du Mondial représentent beaucoup et vont bien au-delà du soccer.
C’est une occasion pour tout le monde de se rencontrer. C’est comme une grande rencontre familiale. Le fait que le Maroc ait gagné ajoute une autre dimension, surtout parce qu’on affrontait une très grande équipe que tout le monde voyait favorite. On a dominé le match et tout le monde était heureux, raconte-t-il.
Pour la rencontre entre le Maroc et le Canada, samedi prochain, en huitièmes de finale, il n'a pas de favori.
Pour moi, choisir entre le Maroc et le Canada, c’est comme choisir entre papa et maman. Si le Maroc gagne, je serai heureux. Si c’est le Canada, je serai heureux aussi, confie Rachid Namat. Je vais suivre le parcours des deux équipes jusqu’au bout. J’espère même qu’une des deux ira jusqu’en finale et remportera la Coupe du monde.
Cette double appartenance, son fils Taha la vit déjà naturellement. Je m’appelle Taha, j’ai 12 ans et j’habite à Repentigny. Je suis un Canadien et un Marocain, lance fièrement le jeune garçon.
Pour lui, la victoire du Maroc contre les Pays-Bas restera un moment marquant. C’était un moment très spécial de voir le Maroc battre une équipe aussi forte que les Pays-Bas. Avant les dernières Coupes du monde, le Maroc n’était pas considéré comme un grand pays de soccer. Aujourd’hui, on montre qu’on est capables de battre les meilleures équipes du monde, explique-t-il.

Les trois enfants de la famille Namat, âgés de 12, 9 et 4 ans, posent fièrement en arborant des symboles du Canada et du Maroc.
Photo : Patricia Ann Beaulieu
Son intérêt est bien présent aussi pour l’équipe canadienne. J’étais très fier de voir le Canada battre l’Afrique du Sud. Ce n’était pas une équipe facile. Maintenant, ils vont jouer contre le Maroc. Ça va être un choix difficile, mais à la fin, que le meilleur gagne, ajoute le jeune partisan.
L’attachement pour une équipe, mais l’amour d’un pays
Ce sentiment est partagé par plusieurs personnes rencontrées au café. Ami de la famille, Mounir El Maddah résume en quelques mots ce que plusieurs ressentent à l’approche de cette rencontre.
Ce qui est beau dans ce match, c’est que peu importe le résultat, on va sortir gagnants. C’est l’avantage d’avoir une double appartenance, affirme-t-il. Au fil des années, son attachement au Canada s’est développé en voyant ses enfants grandir ici.
Mon amour du Canada ne vient pas seulement de la citoyenneté. Il vient surtout de la chance que mes enfants ont eue de naître ici et de grandir ici. Ça crée un amour sincère pour ce pays.
Il reconnaît toutefois qu’une partie de lui sera divisée samedi.
Ce sera quand même un peu déchirant. Il y aura toujours une petite part de tristesse pour l’équipe qui perdra. Mais le Canada a déjà fait un très beau parcours. Avec les moyens qu’on a ici, on est déjà gagnants sur toute la ligne, admet-il.
Derrière le comptoir, le propriétaire du café, Zouair, a lui aussi assisté à l'explosion de joie qu'a suscitée la victoire marocaine.
Le Maroc a dominé une équipe néerlandaise très bien classée, que tout le monde voyait favorite. Les gens ont explosé de joie. C’était une victoire largement méritée, souligne-t-il.
Les gens étaient fous, ils ont cassé des tables et des chaises. Mais je suis très content parce qu’on a remporté la victoire, ajoute le propriétaire, enchanté du résultat de la partie.
Le prochain match ne changera rien à mon amour pour les deux pays. Maintenant, on va affronter le Canada. C’est notre deuxième pays. Nos enfants sont canadiens. Nous, on garde toujours notre attachement au Maroc, mais que le meilleur gagne. Dans tous les cas, on sera contents.
Le sport comme thérapie
Pour Zouair, cette Coupe du monde au Canada laisse un héritage aux plus jeunes.
Ça donne envie à nos jeunes, à nos enfants canadiens, d’aimer le soccer. Moi, j’ai deux enfants qui jouent au soccer. On les encourage, on leur montre des modèles. On aime voir nos jeunes réussir. Le sport est important. Il permet de garder les jeunes sur le bon chemin et de les éloigner des mauvaises influences, ajoute le papa convaincu.

Au premier plan, Rachid Namat est avec son ami Mounir El Maddah. Ils vivent ensemble un moment de partage et de fierté avec les deux cultures qui se rencontrent.
Photo : Patricia Ann Beaulieu
Au comptoir, au moment de commander son café, Abdel, l’ami du propriétaire, ajoute : On appuie les deux, mais le choix du cœur, c’est toujours le Maroc. En même temps, on souhaite bonne chance au Canada pour le prochain match, avoue-t-il.
Pour lui, ces rassemblements procurent bien plus qu’un simple divertissement. Quand le sport dépasse les résultats au tableau, les impacts semblent réels pour le client régulier.
Le sport, aujourd’hui, c’est presque une thérapie psychologique. Les gens vivent des difficultés. Le coût de la vie, les logements, les factures. Après la pandémie, plusieurs cherchent simplement une occasion d’être heureux. Une victoire comme celle-là, c’est de la joie gratuite. Ça ne demande aucun médicament. Ici, ce n’est pas seulement un café, c’est un lieu de rassemblement pour toute la communauté, conclut Abdel.
Au café, en ce lendemain de victoire, les témoignages se ressemblent. Les racines marocaines demeurent profondément ancrées, mais le Canada occupe une place importante dans le cœur de plusieurs partisans qui y ont bâti leur vie et vu grandir leurs enfants. Samedi prochain, à 13 h, peu importe le résultat, ils auront une raison de célébrer.


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