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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ Port Hope, une municipalité de 16 500 habitants située à une heure de Toronto, la course à la mairie est dominée par la promesse – ou la menace – de la construction de « la plus grande centrale nucléaire au monde », annoncée par le gouvernement ontarien. Pourtant, bien que le projet divise profondément la communauté, aucun des candidats à l'élection du 26 octobre ne s'y oppose ouvertement.
Ontario Power Generation (OPG) envisage d'ériger cette future centrale sur un terrain du secteur de Wesleyville qu'elle possède depuis plus de 50 ans. Acquis à l'origine pour y produire de l'électricité, ce site pourrait accueillir des installations d'une capacité allant jusqu'à 10 000 mégawatts, soit de quoi alimenter l'équivalent de 10 millions de foyers.
Dans un article de La Presse canadienne publié en août, la mairesse sortante, Olena Hankivsky, vantait les mérites de ce projet tout en rappelant qu'il n'en était qu'à ses débuts. Elle précisait qu'une évaluation exhaustive était en cours pour examiner ses répercussions environnementales, sanitaires, sociales et économiques, ainsi que ses effets potentiels sur les peuples autochtones. Nous sommes déterminés à faire en sorte que les voix locales contribuent à éclairer la position de la municipalité au fur et à mesure du déroulement de ce processus, assurait celle qui tentera de conserver son poste en octobre.
Mme Hankivsky fait face au conseiller sortant du quartier 1, Todd Attridge, ainsi qu'à Angela Grogan et Ian West.
Seule candidate à avoir répondu à la demande d'entrevue de Radio-Canada, Mme Grogan soutient que la Ville doit exiger que les résidents tirent des avantages concrets – en matière d'emplois et d'infrastructures – en échange de l'accueil du projet.

Port Hope est une ville du sud de l'Ontario située à environ 110 kilomètres à l'est de Toronto et 160 kilomètres à l'ouest de Kingston sur la rive nord du lac Ontario. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Sur son site Web, M. Attridge exprime une position similaire : Je soutiens toute industrie, pourvu qu'elle soit bénéfique pour Port Hope. Port Hope doit avoir voix au chapitre; c'est ce pour quoi je me suis battu, affirme-t-il. Il fait ainsi référence à une somme de 4 millions de dollars accordée par OPG pour permettre à la Ville de se préparer et de participer activement à l'étude d'impact en cours.
Également sur son site Internet, M. West se montre plus résigné, affirmant que le projet verra le jour, que cela nous plaise ou non. Il souhaite néanmoins l'établissement d'une confiance mutuelle afin que toutes les parties puissent en tirer profit.

David Erland et Faye More, deux résidents de Port Hope, vivent encore avec les conséquences de la présence d’une usine de raffinage de radium puis d’uranium dans leur communauté, près de 90 ans plus tard. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sharif Hassan
Pour certains citoyens rencontrés, le projet demeure porteur d'espoir. Cela nous apportera de l'emploi pour nos enfants et pour l'école secondaire que nous avons presque perdu, indique une résidente de Port Hope.
On a des magasins qui ferment. […] On avait une Metro ici, il a fermé il y a 10 ans. […] Giant Tiger a fermé juste ce mois-ci, en septembre, souligne un autre habitant.
Selon les données du gouvernement Ford et d'OPG, le projet devrait générer plus de 10 500 postes à l'échelle de la province et contribuer à hauteur d'environ 235 milliards de dollars au PIB de l'Ontario sur l'ensemble de la durée de vie de la centrale. À l'échelle locale, la province estime qu'il créera 1700 nouveaux emplois à Port Hope, ce qui représente une augmentation moyenne de 15 % à 20 % du niveau global d'emploi dans la région.
Cependant, ces perspectives d'essor économique ne rassurent pas une partie de la population, toujours inquiète face aux défis que représente l'accueil d'une telle infrastructure.

Au poste de maire, la mairesse sortante, Olena Hankivsky, fait face au conseiller sortant du quartier 1, Todd Attridge, ainsi qu'à Angela Grogan et Ian West.
Photo : Radio-Canada / Annie Poulin
Il n'y a pas un candidat à la mairie de Port Hope qui s'oppose au projet proposé ou qui demande des réponses sur l'hébergement, les services et le besoin d'agrandir les services municipaux , déplore Michael Perley, militant au sein du groupe environnemental Blue Dot Northumberland, qui s'oppose au projet dans le cadre de sa campagne Protect Northumberland.
M. Perley garde également en mémoire l'histoire industrielle de la ville.
Il y a près d'un siècle, l'entreprise minière Eldorado, devenue par la suite une société d'État, ouvrait une usine de raffinage de radium à Port Hope. Une dizaine d'années plus tard, l'uranium est soudainement devenu une matière première précieuse, et ce minerai autrefois considéré comme un déchet s'est retrouvé très recherché. L'usine a alors commencé à le raffiner pour approvisionner l'armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment dans le cadre du projet Manhattan – le programme américain à l'origine des premières bombes atomiques.
Pendant plusieurs décennies, l'usine a déversé des terres, des roches et des matériaux de construction contaminés dans toute la région. Ces résidus ont principalement servi de remblais, mais aussi à la construction de parcs, de routes, d'écoles et de maisons.

Roger Bernard est propriétaire du café Dreamer's à Port Hope. Comme plusieurs, il redoute l'arrivée de la centrale nucléaire dans sa communauté.
Photo : Radio-Canada / Annie Poulin
En 2001, le gouvernement fédéral a conclu une entente avec Port Hope et la ville voisine de Clarington afin de nettoyer, d'isoler et de gérer ces déchets radioactifs de faible activité, une opération toujours en cours aujourd'hui.
Linda McClelland, également résidente de Port Hope, affiche clairement son opposition devant sa maison. Comme M. Perley, elle craint le développement rapide de sa municipalité, mais redoute aussi les déchets nucléaires que générera une telle installation.
De son côté, Roger Bernard, propriétaire du café Dreamer's au centre-ville, redoute lui aussi les conséquences du nucléaire sur sa communauté. Ça me fait vraiment peur, avoue-t-il. Depuis qu'il a acquis son commerce, son bâtiment a été testé à de nombreuses reprises pour détecter la présence de matériaux radioactifs. À moins d'un mois du scrutin, il reconnaît que ses craintes influenceront son vote.
Quoi qu'il en soit, le débat se poursuivra bien au-delà de la campagne électorale. OPG espère obtenir les permis de construction et d'exploitation au cours des années 2030, en vue de démarrer ses activités dans les années 2040.
Avec les informations d'Annie Poulin


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