PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Canadien savait quel genre de pression en échec avant allaient appliquer les Hurricanes de la Caroline, mardi soir. Toute la LNH est au courant, mais toute la LNH a de la misère à la gérer, comme en fait foi cette Association de l’Est que les Hurricanes regardent de haut, bien perchés au sommet du classement.
Le Canadien s’y attendait, mais cela ne l’a pas empêché d’être complètement dérouté en première période et de multiplier les faux pas.
Les dix premières minutes, on ne jouait même pas au hockey, a reconnu Nick Suzuki après que le CH eut célébré une victoire de 5-2.
Il a fallu que l’entraîneur-chef intervienne, il a fallu que les joueurs sur le banc s’autorégulent et qu’ils fassent preuve de leadership pour tracer la ligne de l’inacceptable, et il a fallu un premier entracte pour se regrouper et entreprendre le reste du match d’un meilleur pied.
Mais dans tout cela, il a aussi fallu que Jakub Dobes affiche un sang-froid que le reste de son équipe ne semblait pas avoir d’entrée de jeu.
Dire que le gardien a permis au Canadien de rester dans le match ne serait pas suffisant dans ce cas-ci, précisément à cause du type de hockey que pratiquent les Hurricanes.
En possession de la rondelle, leur plan est de poivrer le filet adverse de tous les angles, ce qui ajoute à la pression exercée sur le gardien. Il ne s’agissait donc pas seulement d’aider à attendre que la tempête passe et que ses coéquipiers se replacent. Dobes allait être exposé à un dur barrage toute la soirée, et plus longtemps les joueurs devant lui allaient s’empêtrer, plus le compteur allait monter.
Il s’est finalement arrêté à 41 arrêts.
Il a été excellent ce soir, surtout avec notre début de match, a reconnu Martin St-Louis, qui perçoit le gardien de 24 ans très confiant à l’heure actuelle.
Il a fait de gros arrêts. Tu regardes les lancers tentés, c’est une équipe qui tire de partout et qui crée beaucoup de chaos. Il faut que tu sois alerte et il l’était.
Drôle et un peu épeurant
Les Hurricanes ont passé quatre bonnes minutes en fin de troisième période à tenter de combler leur déficit de deux buts à jouer sans gardien et à attaquer à six.
Ça a paru une éternité pour St-Louis.
À un certain moment durant cette séquence, la rondelle a glissé jusqu’à Dobes. Il s’est quelque peu penché, comme s’il s’apprêtait à tenter de tirer la rondelle avec le plus de force possible. Sauf qu’un joueur des Hurricanes arrivait en trombe devant lui.
Le défenseur Mike Matheson a fait un geste avec son gant pour inviter Dobes à calmer ses ardeurs et à plutôt immobiliser le disque.
Lorsqu’Ivan Demidov, l’autre héros de la soirée, a été invité à commenter la performance de Dobes, cette scène est la première chose qui lui est venue à l’esprit.
Il a été incroyable, mais il a aussi essayé – en fait, je ne sais pas s’il a vraiment essayé, mais il voulait marquer un but. C’était à la fois drôle et un peu épeurant. Mais il a tellement eu un bon match ce soir.
Il ne fait aucun doute que sa façon de manipuler la rondelle est un atout dans le jeu de Dobes que n’ont ni Jacob Fowler ni Samuel Montembeault. Ce n’est pas encore du calibre de Carey Price, mais il y a dans cette facette du jeu une volonté d’être constamment impliqué et un certain sang-froid à essayer des choses qui paraissent extracurriculaires pour certains gardiens.
C’est un détail, mais cela donne une idée de la contribution que Dobes veut apporter dans chacune des rencontres.
Les voir venir de loin
Lorsqu’on repense aux difficultés qu’a éprouvé Montembeault cette saison, on doit se rappeler que le gardien québécois s’est montré tout particulièrement vulnérable sur les tirs de loin, même ceux qui ne se frayaient pas un chemin dans la circulation lourde.
Le match face aux Hurricanes est en plein le genre de match où, lorsque les rondelles arrivent de partout, un gardien dont le suivi de rondelle n’est pas à point peut se faire piéger par un lancer qui ne constitue pas nécessairement un réel danger.
C’est également à ce niveau-là où Dobes a apposé sa signature, mardi. Dans le fait que son intensité et son niveau de compétitivité l’ont mené à approcher chaque lancer de la même façon.
Même s’il est encore un gardien de but recrue, mais s’il a connu des hauts et des bas cette saison et qu’il doit encore prouver qu’il est prêt pour une charge de travail vraiment soutenue, Dobes a au moins démontré qu’il ne cèdera pas aussi facilement sur les lancers qu’il doit arrêter.
Il a flairé l’opportunité et maintenant il ne veut pas en démordre.
Il n’a pas cessé d’essayer de prendre cette place-là. De voler cette place-là. C’est un travail de tous les jours, et dès qu’on cesse de s’en inquiéter, c’est généralement à ce moment-là que quelqu’un vient vous voler votre place.
Il a énormément progressé et il apprend à devenir un pro dans cette ligue, à comprendre à quel point elle est compétitive, et il fait bien.
Y a-t-il là, en filigrane, un commentaire sur la complaisance dont aurait pu faire preuve Montembeault dans son rôle de numéro un?
C’est possible, mais cela n’importe plus maintenant.
Ce qui importe, c’est que le Canadien mise désormais sur deux gardiens recrues en fin de saison et qu’il apprend peu à peu de quel bois ils se chauffent.

Jacob Fowler
Photo : imagn images via reuters connect / David Kirouac
Deux attitudes
Il y a deux tempéraments chez les gardiens de but. Il y a ceux qui sont plus à l’aise quand leur rôle est confirmé, qu’ils sentent qu’on leur fait confiance et qui aiment sentir qu’ils sont l’homme de la situation. Projetez du doute autour d’eux, remettez leur place en question, et ils ne seront plus aussi à l’aise. Il y a toute une gamme de gardiens qui préfèrent se sentir bien en selle pour mieux performer.
Puis il y a ceux qui sont à leur mieux lorsqu’ils sont en pourchasse. Lorsqu’ils ont des choses à prouver, un rival à supplanter, une étiquette de négligé à effacer.
Il est encore trop tôt pour déterminer dans quelle catégorie se situe Dobes, car il n’a encore jamais été gardien numéro un dans la LNH. Peut-être y trouvera-t-il une zone de confort qui lui sied encore mieux. Mais il semble assurément être ce genre de compétiteur qui va revendiquer et qui va se battre pour sa place.
Dans la mesure où Fowler est perçu par plusieurs comme l’héritier, comme le prochain gardien de but numéro un du Canadien, cette attitude serait normale. Chose certaine, Dobes excelle dans le rôle de celui qui défend son territoire, et cet instinct de compétition – sinon de survie – sert bien le Canadien en ce moment.
Il faut que tu apprennes à connaître les individus pour savoir comment gérer l’un et l’autre. On en est conscients et on y porte attention.
Est-ce que la façon de peser sur ces boutons peut influencer la décision d’utiliser un gardien plutôt qu’un autre?
Tout fait partie de l’équation, mais la personnalité ne va pas toujours guider la décision de l’entraîneur à savoir qui joue, a répondu St-Louis. Il y a un côté performance aussi, il y a un côté fatigue… Il y a beaucoup de choses qui entrent en ligne en compte.
À quel point le veux-tu?
Le Canadien a rappelé Fowler parce que Montembeault ne faisait pas le travail, et non pas parce qu’il y avait une soudaine volonté de l’organisation de vouloir tout lui donner tout cuit dans le bec.
Fowler devra mériter son temps d’utilisation autant que Dobes.
Cette gestion des jeunes gardiens en fin de calendrier est un bon exemple de la recherche d’équilibre qui a cours présentement chez le Canadien entre le développement à long terme et la nécessité des performances à court terme.
Nous sommes loin de l’ancien DG Bob Gainey qui avait jadis déroulé le tapis rouge pour Price en disant qu’il était le pur-sang de son organisation. (Mais encore là, Fowler est peut-être loin de Price.)
La direction est bien au fait du niveau de talent qui existe au sein de cette équipe, mais elle veut aussi maximiser son instinct de compétition. Ce qui se dessine à la position de gardien est une bonne opportunité de valoriser ce genre de dépassement.
Et ce n’est pas banal quand on tient compte du peu d’expérience des deux jeunes et de ce qui leur est demandé pour aider le CH à décrocher une place en séries.
La pression est forte sur nos gardiens dans ces moments décisifs de fin de saison, sachant à quel point c’est serré au classement, a observé le défenseur Noah Dobson.
(Dobes) a exactement le bon état d'esprit pour ça. Il plaisante avant les matchs, il est détendu, puis dès qu'il arrive devant le filet il est hyper concentré. C'est un vrai battant, il est compétitif devant son but et il nous a donné de gros départs ces derniers temps.
Après l’entraînement facultatif de mercredi, le Canadien va s’embarquer dans une pas pire épopée de sept matchs en l’espace de 11 jours. Les deux gardiens seront sollicités durant cette séquence qui aidera à déterminer si le CH peut confirmer sa place en séries ou s’il devra attendre aux tout derniers jours du calendrier pour prouver sa valeur.
Autant Dobes que Fowler seront mis à l’épreuve.
Mais on sait depuis le 14 mars, soit depuis que le Canadien a entamé une séquence de trois matchs en quatre soirs en Californie et qu’il a confié le départ à Dobes dans deux de ces trois matchs, que le Tchèque a premier droit de regard sur le poste de gardien numéro un. Et jusqu’à maintenant, il n’a pas déçu.
Parfois ce n’est pas juste une question de potentiel ou de pedigree.
Parfois, c’est de laisser ceux qui veulent le plus prouver à quel point ils le veulent.
Et ce faisant, il est possible que les victoires suivent.


2 months ago
28





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·