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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ Milton, la Couronne au procès de deux femmes accusées de meurtre soutient, dans ses arguments finaux, que le couple a maltraité, torturé et affamé les deux garçons qu'elles avaient adoptés à Burlington. Brandy Cooney et Becky Hamber sont inculpées pour le meurtre prémédité de l'aîné des garçons en 2022, et pour ne pas avoir fourni les nécessités de la vie à son jeune frère.
AVERTISSEMENT : cet article pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs.
Dans ce procès sans jury, la Couronne avance que les deux garçons de 10 et 12 ans ont été séquestrés, battus et affamés, lorsqu'ils ont été placés sous leur garde en 2017.
Outre le meurtre prémédité, les deux femmes de 44 et 46 ans sont accusées, chacune, de voies de fait avec une arme, de séquestration et de manquement à pourvoir aux nécessités de la vie.
La cause exacte du décès de l'aîné n’a jamais été établie avec certitude, mais l'autopsie a révélé qu'il était décédé d'un arrêt cardiaque.
La victime avait été retrouvée en état d'hypothermie et sa taille correspondait à celle d'un enfant de 6 ans.
Des techniques de torture
D'entrée de jeu, la procureure Kelli Frew a demandé au magistrat de rejeter le témoignage des deux femmes, en affirmant que leurs déclarations à la police et à la cour n'étaient pas fiables.
Elles ne sont pas crédibles, elles ont concocté leur histoire pour échapper à leurs responsabilités, dit-elle.
Me Frew ajoute que les accusées utilisaient la nourriture comme d'un moyen pour punir, voire humilier, les deux enfants pour leurs comportements prétendument turbulents.
Elle précise que les messages que les deux épouses s'échangeaient au sujet de leurs enfants montrent qu'elles les détestaient et qu'elles n'ont rien fait pour leur venir en aide.

Les deux présumées victimes du couple Cooney-Hamber ont vécu chez les deux femmes à Burlington de 2017 à 2022. (Photo d’archives)
Photo : Avec l'autorisation de la Cour supérieure de l'Ontario
Elle rappelle que les voisins du couple avaient remarqué des choses bizarres. Ils les ont vus faire des tâches trop difficiles pour leur âge, comme racler des feuilles avec un râteau trop grand ou déblayer la neige, dit-elle.
Les voisins ont cessé de les voir jouer ensemble dehors et le plus vieux n'a pas été revu dans la cour dans la dernière année de sa vie, poursuit-elle en rappelant que les deux enfants faisaient chambre à part.
La procureure souligne que les femmes contrôlaient étroitement la vie quotidienne des enfants, même à l'école. Elles avaient dit au personnel de ne pas célébrer l'anniversaire de l'aîné, précise-t-elle.
Elle affirme que le cadet hurlait qu'il ne voulait pas retourner à la maison à la fin des classes, parce qu'il savait ce qui l'attendait.
Il était terrifié à l'idée de rentrer chez lui, parce que l'école était plus sécuritaire que sa maison, dit-elle.

La chambre du cadet des garçons que les accusées avaient adoptés en 2017. L’enfant dormait sur son lit, mais dans une tente souvent fermée à clef pour l'empêcher de sortir durant la nuit. (Photo d’archives)
Photo : Avec l'autorisation de la Cour supérieure de l'Ontario
Me Frew ajoute que les comportements étranges des enfants étaient en fait des cris d'alarme pour que l'école leur vienne en aide.
Elles refusaient qu'on interroge leurs enfants, parce qu'elles ne voulaient courir le risque qu'ils révèlent ce qu'ils enduraient à la maison, mentionne-t-elle.
La procureure soutient que les accusées n'acceptaient l'aide de la protection juvénile qu'à la condition qu'elles soient présentes lorsque les travailleurs sociaux rencontraient les garçons.
Elles ont réduit le plus possible leurs contacts avec la Société d'aide à l'enfance et les travailleurs sociaux ne devaient pas se présenter chez elles sans les avertir, déclare-t-elle.
Me Frew souligne que la protection juvénile n'est accusée de rien dans ce procès. Les travailleurs sociaux les ont crues sur parole, regrette-t-elle.

Une combinaison de plongée retrouvée dans la chambre de l'aîné après son transport d'urgence à l'hôpital de Burlington le soir du 21 décembre 2022. La Couronne allègue que l'enfant et son frère cadet étaient forcés d'en porter une.
Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA COUR SUPÉRIEURE DE L'ONTARIO
La procureure demande au juge de croire plutôt au témoignage du survivant au procès, même s'il a montré des trous de mémoire. Il a été traumatisé et il a dû témoigner durant trois jours d'affilée, explique-t-elle.
Elle souligne que ses déclarations ont permis de corroborer les vidéos et les messages des accusées et le récit des travailleurs sociaux.
Me Frew affirme que les deux mères avaient pourtant d'autres options que de recourir au confinement forcé, aux exercices obligatoires ou à l'usage de combinaisons de plongée pour les empêcher de faire leurs besoins.
Le cadet a dit qu'il n'aimait pas ces combinaisons, parce qu'elles étaient inconfortables, ni qu'on lui interdise de voir son frère ou d'aller aux toilettes, poursuit-elle.
La procureure ajoute que l'utilisation d'attaches en plastique aux pieds pour empêcher les enfants de retirer leur combinaison était une technique de torture et qu'elles doivent être considérées comme des armes.
Ces attaches laissées durant des jours ont provoqué des blessures aux pieds du plus jeune, rappelle-t-elle.
Une autopsie peu concluante
Sa consœur, Monica MacKenzie s'est attardée à la cause de la mort de l'aîné, en disant qu'il n'existe aucune preuve qu'il souffrait de troubles alimentaires, comme le prétend la défense.
La victime mangeait avec appétit avant son adoption, dit-elle en précisant que les accusés ont délibérément limité leur accès à de la nourriture, chez elles comme à l'école.
Me MacKenzie souligne que les vidéos des accusées montrent que les deux enfants avaient toujours faim.
Elle mentionne que les accusées n'ont jamais été proactives pour aider leurs enfants comme elles le prétendent, sauf lorsqu'il fallait demander aux pharmaciens d'augmenter leurs doses de médicaments.
Même s'il s'avère que la protection juvénile a failli à ses devoirs, les accusées n'ont jamais pris soin d'eux ni mentionné à quiconque ce qu'elles leur faisaient endurer, ajoute-t-elle.

La présumée victime de 12 ans, photographiée lors d'un séjour dans un centre de psychiatrie en 2019, alors qu'elle avait 8 ans. Radio-Canada a flouté son visage pour protéger son identité.
Photo : Avec l'autorisation de la Cour supérieure de l'Ontario
La Couronne croit que l'aîné est mort d'un arrêt cardiaque causé par une malnutrition grave ou une hypothermie, parce qu'il a été affamé sur une longue période, même s'il avait mangé le soir de sa mort.
L'aîné a perdu en neuf jours 5,8 kilos avant sa mort, dit-elle en précisant qu'une hypothermie aurait aussi été provoquée par une malnutrition.
Me MacKenzie suggère même qu'il aurait pu se noyer, parce que le couple aurait tenté de le réchauffer dans le bain à remous à l'extérieur, parce qu'il était en état d'hypothermie dans sa chambre au sous-sol.
Les flaques que les ambulanciers ont découvertes sur le sol de sa chambre pourraient expliquer le fait que les accusées ont sorti l'enfant de l'eau pour le transporter dans sa chambre, déclare-t-elle.

De gauche à droite : Brandy Cooney, l'aîné, Becky Hamber et le cadet. Radio-Canada a flouté le visage des enfants autochtones pour protéger leur identité.
Photo : Avec l'autorisation de la Cour supérieure de l'Ontario
Le bain à remous était toutefois couvert à l'arrivée de la police, mais la Couronne pense que l'une des deux accusées est retournée sur le patio pour recouvrir le bain à remous de sa bâche.
Aucun parent ne laisserait momentanément un appel au 911 pour aller dehors pour couvrir un bain à remous, dit-elle.
La procureure rappelle que le cadet avait révélé à la police que son frère et lui avaient toujours froid et que leurs mères refusaient de leur donner leurs survêtements en coton ouaté.
Elle mentionne que les accusées avaient fait des recherches sur ordinateur pour savoir comment réchauffer un enfant à l'aide d'un chauffage d'appoint ou d'un bain chaud.
Me MacKenzie affirme enfin que le couple savait ce qu'il faisait et que l'aîné était mourant, mais qu'il s'est rendu compte qu'il risquait la prison s'il n'arrivait pas à le réanimer.
Le juge Clayton Conlan, de la Cour supérieure de l'Ontario, a mis le verdict en délibéré jusqu'à une date indéterminée.


2 months ago
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