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Plaidoyer pour rétablir le financement réservé aux livres dans les écoles

2 hours ago 4

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Huit anciens ministres québécois de l'Éducation et de la Culture du Québec, ainsi que plusieurs acteurs du milieu du livre, dénoncent la décision du gouvernement d'accorder « une plus grande flexibilité » aux centres de services scolaires (CSS) dans la gestion de leurs budgets. Ils déplorent que cette mesure mette fin à la protection des fonds jusqu'ici réservés à l'achat de livres neufs dans les écoles de la province.

L'enveloppe de 288 millions de dollars annoncée récemment englobe désormais toutes les activités sportives, culturelles et sociales.

Cette fusion des lignes budgétaires a donc fait disparaître les 38 millions de dollars qui étaient auparavant consacrés exclusivement à l’acquisition de livres neufs.

Ce montant servait à financer deux aspects distincts d’un programme axé sur les livres : l’un accordait une somme d’environ 300 $ à chaque enseignant pour l’achat de livres pour sa classe, tandis que l’autre visait à regarnir les bibliothèques scolaires.

Le ministère de l’Éducation n’a pas spécifié si le premier volet de cette mesure était toujours en vigueur, laissant présager que les fonds ont été redirigés vers la cagnotte totale.

Sonia LeBel.

La ministre québécoise de l’Éducation, Sonia LeBel (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Certaines préoccupations ont été soulevées au sujet des répercussions de cette mesure sur le développement littéraire et culturel des jeunes.

La lecture n’est pas uniquement un loisir ou un outil pédagogique. Elle est une école de la liberté intellectuelle. Elle nous apprend à suivre un raisonnement complexe, à nous confronter à des idées différentes des nôtres et à développer cette empathie qui permet de reconnaître l’autre comme un semblable, ont écrit les huit ex-ministres signataires d'une lettre ouverte publiée dans La Presse.

Les cosignataires de cette lettre sont :

  • Louise Beaudoin, ministre de la Culture et des Communications du Québec (1995-1998)
  • Agnès Maltais, ministre de la Culture et des Communications du Québec (1998-2001)
  • Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec (2003-2007) et ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (2010-2012)
  • Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (2007-2010, 2012)
  • Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec (2007-2012)
  • Maka Kotto, ministre de la Culture et des Communications du Québec (2012-2014)
  • Hélène David, ministre de la Culture et des Communications du Québec (2014-2016)
  • Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications du Québec (2016-2017)

Campagne de sensibilisation

Cette situation inquiète également l'industrie du livre, puisque maintenant, les dépenses scolaires peuvent entrer en concurrence avec les achats de livres, entraînant une baisse significative des acquisitions dans les bibliothèques scolaires.

En 2025, le bilan Gaspard, publié par la Banque de titres de langue française, révélait même une baisse alarmante de 11,9 % des ventes de livres dans la province.

Pour contrer cette tendance préoccupante, une coalition regroupant des acteurs du milieu du livre de la province lance mercredi une campagne nationale ayant comme objectif de protéger l'achat de livres pour les écoles, à l'occasion de la journée « Le 12 août, j’achète un livre québécois ».

Un présentoir de livres dans une librairie.

L’industrie du livre fait face à l’émergence de l’intelligence artificielle, qui menace les droits d’auteur et met en péril des millions d’ouvrages. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Cette coalition réunit notamment l'Association des libraires du Québec, l'Association nationale des éditeurs de livres, la Fédération québécoise des coopératives en milieu scolaire et l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.

Des signets seront distribués par milliers dans les librairies indépendantes partout au Québec, dans l’espoir de susciter l’intérêt pour la littérature québécoise.

Moins de livres dans les écoles, c’est moins d’occasions pour les jeunes de découvrir le plaisir de lire, de développer leur maîtrise du français, leur imagination et leur esprit critique. C’est aussi moins d’outils pour soutenir leur réussite scolaire.

Par ailleurs, près de la moitié des jeunes Québécois de 16 à 24 ans n'ont pas le niveau souhaité en littératie, d'après une étude réalisée par la Fondation pour l'alphabétisation.

Quant aux huit cosignataires de la lettre ouverte, ils rappellent que, pour des milliers d’enfants, particulièrement dans les milieux moins favorisés, l’école demeure le principal point d’accès aux livres.

Célébrons le livre québécois en lui accordant la protection nécessaire, peut-on lire en conclusion du document.

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