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Au cours des prochains jours, le rythme des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis passera à la vitesse supérieure. Le ministre Dominic LeBlanc, doit d'ailleurs rencontrer aujourd'hui – pour la énième fois – le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Mais il y a fort à parier que tout se jouera quelques heures avant la date butoir du 19 août, estiment des représentants de plusieurs industries.
Tout va se passer plutôt vers la fin, à la dernière minute, et c’est là où on va voir véritablement aboutir ces négociations, selon le président de l'Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard.
Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, sont à Washington, notamment pour tenter de trouver une entente qui permettrait d’éviter les nouveaux droits de douane de 50 % que la Maison-Blanche menace d’imposer mercredi prochain.
Ils tentent également de régler une autre question cruciale : celle des droits de douane dits sectoriels, qui affectent depuis des mois les secteurs de l'aluminium, de l’acier, du bois d'œuvre et de l’automobile.
En entrevue sur les ondes d'ICI RDI, Jean Simard estime que le jeu du Canada, c’est de retenir ses cartes les plus fortes jusqu’au moment ultime, pour arriver à extraire une position qui est à l’avantage de l’ensemble des secteurs et de l’ensemble des provinces.
Il ne faut surtout pas céder à la panique, ajoute la PDG de l’Association minière du Québec, Emmanuelle Toussaint. Jusqu'à la dernière minute, on peut avoir l’impression qu’on est très loin de conclure une entente.
C’est exactement le sentiment dont a fait part vendredi le ministre québécois de l’Économie, Bernard Drainville, après une rencontre avec les négociateurs canadiens. Il avait soutenu que les parties étaient encore assez loin d’une entente et qu’il n’y a aucun signe que les États-Unis auraient l’intention de reculer sur leur menace tarifaire.

Des droits de douane dits sectoriels touchent depuis des mois les secteurs de l'acier, de l'aluminium, de l'automobile et du bois d'œuvre. (Photo d'archives)
Photo : Evan Mitsui
Selon Mme Toussaint, le Canada a toujours des as dans sa manche et l’autre partie en a également.
Entre autres irritants du côté américain, on compte notamment le retrait de l'alcool américain des tablettes dans certaines provinces ainsi que la gestion de l'offre du Québec. Selon des sources de CBC News, Ottawa aurait demandé aux provinces de se préparer à remettre l'alcool américain en vente. La gestion de l'offre, toutefois, doit être préservée coûte que coûte, a cependant ajouté la première ministre du Québec, Christine Fréchette.
En entrevue aux Faits d’abord, l’ancien négociateur du Québec dans le dossier du bois d’œuvre, Raymond Chrétien, explique que le Canada travaille actuellement sur une dernière contre-proposition, qu'il présentera lundi à la partie américaine. C’est là que ça va se jouer, selon lui.
Ça va être très difficile et très stressant pour M. LeBlanc et Mme Charette dans les prochains jours.
Comme les négociations sont en cours, le cabinet du ministre LeBlanc a seulement indiqué qu'elles étaient intensives, qu'elles s'attardent aux droits de douane et à la modernisation de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique.
Serpents et échelles
Tous s’entendent cependant pour dire que l’imprévisibilité du président américain, Donald Trump, et de son administration pourrait jouer les trouble-fêtes.
C’est vraiment un jeu de serpents et échelles. On fait des progrès, on est rassurés pendant quelques semaines, mais la menace n’est jamais complètement derrière nous, explique Emmanuelle Toussaint.
Pour ces raisons, Raymond Chrétien ne se dit pas très optimiste. Ce qui m’inquiète, c’est que ce gouvernement n’aime pas le Canada et qu’il ne fait qu’attaquer nos dirigeants et dénigrer notre économie.
Dans une entrevue à La Presse canadienne, un sénateur républicain, Chuck Grassley, a assuré que la menace de nouveaux droits de douane est un moyen de pression, que le Canada devrait la prendre au sérieux et faire des changements dans ses propositions aux États-Unis.
Il rappelle cependant que d’autres dossiers seront aussi à régler dans un second temps, comme les domaines de l’énergie et de la sécurité. Les États-Unis pourraient donc accepter d’assouplir leurs positions pour cette première négociation, dans le but d’arriver dans une posture plus confortable pour ces futurs autres pourparlers.
Les négociations pourraient toutefois aussi se retrouver dans une impasse mardi soir.
Si jamais on en vient à ça, M. Carney aura des décisions difficiles à prendre, comme quitter la table de négociations en disant enough is enough [assez, c’est assez], on retire nos billes, croit Raymond Chrétien.
Jean Simard, de son côté, se dit prudemment optimiste pour les prochains jours.
Est-ce que ça va se faire d’ici le 19 août? Est-ce qu’il va falloir prolonger les discussions? Est-ce qu’il va falloir passer par une confrontation, du type escalade tarifaire? Ça reste à voir.

2:02
Le reportage d'Édouard Dubois
Avec les informations de La Presse canadienne


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