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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPlus de cinq mois après avoir amorcé son enquête sur l'intervention au cours de laquelle un policier de Longueuil a abattu Nooran Rezayi, 15 ans, avec son arme de service, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a appris Radio-Canada.
Selon nos informations, l'analyse menée par le BEI a ciblé le contexte de l'appel reçu au 911, les renseignements fournis à tous les policiers en déplacement, jusqu’à la chaîne de décision du policier en cause, qui a mis très peu de temps avant de faire feu.
Pour y parvenir, des témoins experts en emploi de la force policière, qui sont fréquemment entendus devant les tribunaux, se sont impliqués dans l'enquête indépendante. Leurs rapports indépendants seront envoyés dans les prochains mois au DPCP.
Selon des vidéos présentées en preuve par les avocats de la famille Rezayi, qui poursuivent Longueuil et son corps de police pour 2,2 millions de dollars, il s’est écoulé moins de 10 secondes entre le moment où la voiture-patrouille du policier s'immobilise et celui où il lance des directives adressées à l’adolescent avant de l'abattre, le 21 septembre 2025.
D'après les transcriptions écrites de la centrale 911 obtenues par Radio-Canada dans les jours suivant le drame, la voiture-patrouille en approche, où se trouvait le policier qui a fait feu, a annoncé son arrivée sur les lieux de l'intervention à 14 h 57.
Cinquante-sept secondes plus tard, l'appelant au 911, qui était en ligne depuis 10 minutes, signalait avoir entendu des coups de feu. L’appelant, décrit comme un témoin oculaire, a rapporté à quatre reprises la présence d'une arme à feu parmi les jeunes.
Il revient maintenant au DPCP de décider de la suite des choses.
Mais, d'ores et déjà, nos sources nous ont indiqué que certains enquêteurs indépendants ayant participé au dossier avaient la perception que le policier de Longueuil avait ouvert le feu rapidement.
L'enquête sur la police de Longueuil peut commencer
En décembre dernier, Radio-Canada dévoilait que la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, avait sollicité le ministère de la Sécurité publique pour enquêter sur son service de police municipal, après avoir constaté que son directeur, Patrick Bélanger, avait signé une lettre comportant des informations erronées et inexactes en réponse à des questions du BEI.

Le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Patrick Bélanger. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
La lettre du chef du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), déposée au greffe de la Ville de Longueuil, devait répondre aux questions soulevées par la directrice du BEI concernant des gestes présumément commis par des policiers du SPAL durant l'heure et demie qui a suivi la mort de Nooran Rezayi.
Ces policiers étaient soupçonnés d'avoir contaminé l'enquête indépendante au lieu de contacter rapidement le BEI, comme le prévoit pourtant la Loi sur la police.
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s'était engagé à ouvrir une enquête sur le SPAL dès la fin du mandat du BEI, afin de ne pas nuire au travail en cours.
Je prends acte du dépôt du rapport du BEI au DPCP. La suite est dorénavant entre les mains des procureurs. Mes pensées continuent d’accompagner la famille et les proches de Nooran.

Catherine Fournier a maintenant des attentes envers le MSP d'enquêter sur des allégations visant son service de police dans le dossier de Nooran Rezayi.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Maintenant que l’enquête du BEI est officiellement terminée, j’invite par ailleurs le ministre de la Sécurité publique Ian Lafrenière à déclencher immédiatement l’enquête sur le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) dont je lui ai fait la demande le 11 décembre dernier en vertu de l’article 279 de la Loi sur la police, ajoute la mairesse.
Nous prenons acte du dépôt du rapport du BEI et nous comprenons l’intérêt du public pour ce dossier, a pour sa part réagi le SPAL. Toutefois, comme l’analyse relève désormais du DPCP, il ne serait pas approprié pour le SPAL de formuler des commentaires, et ce, afin de respecter le processus judiciaire en cours.
L'enquête du SPVM progresse aussi
En marge de l'investigation du BEI, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à neuf perquisitions dans cinq municipalités de la Rive-Sud, le 26 février dernier, dans le cadre de sa propre enquête sur la mort de Nooran Rezayi.
L'enquête criminelle menée par le SPVM ne se penche pas sur l'intervention policière, mais sur les circonstances qui ont mené au rassemblement du groupe d'adolescents, dont le signalement indiquait qu’ils auraient été cagoulés et armés, avant que Nooran Rezayi soit tué par un policier du SPAL.
Deux jours après le drame, nous avons été sollicités par le BEI pour ouvrir une enquête sur le contexte entourant l’intervention. Nous sommes entièrement indépendants. On n’a aucun contact avec le Bureau des enquêtes indépendantes pour faire notre travail. À la fin de cette enquête, les résultats vont être produits au DPCP, avait déclaré David Shane, inspecteur-chef au SPVM.
Poursuite de 2,2 millions $ contre Longueuil et son corps de police
Rappelons que la famille de Nooran Rezayi a déposé une poursuite civile de 2,2 millions de dollars contre la Ville de Longueuil et son service de police pour l'intervention qui a mené à la mort de l'adolescent.
La famille du jeune reproche aux agents du SPAL d'avoir fait un usage déraisonnable et disproportionné de la force en ouvrant le feu extrêmement rapidement, à deux reprises, tuant l’adolescent lors de cette intervention en plein jour dans un quartier résidentiel.

Fahima Rezayi, la mère de Nooran, avait exprimé sa colère lors de l'annonce du dépôt d'une poursuite civile par la famille de l'adolescent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Au cours d’une conférence de presse riche en émotions, la mère de Nooran Rezayi avait tenu à exprimer sa colère sur l’issue dramatique de l’intervention policière.
Ce qui est arrivé à Nooran, ce n’est pas normal. Ce n’était pas supposé arriver. Il y avait d’autres manières de gérer la situation, avait plaidé Fahima Rezayi.


2 months ago
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