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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn clap de fin à la hauteur de sa légende. Mikaël Kingsbury, roi incontesté des bosses, a mis un point final à sa carrière avec un dernier triomphe samedi au Sommet Saint-Sauveur en décrochant un 15e titre national aux Championnats canadiens de ski acrobatique, à l’épreuve des bosses en parallèle.
Champion olympique en titre de la discipline, il a une fois de plus confirmé son emprise sur les bosses.
En grande finale, le roi des bosses s’est imposé face au jeune Cole Carey, 21 ans, en récoltant 22 points contre 13. Du côté féminin, la Québécoise Laurianne Desmarais-Gilbert a été sacrée championne nationale.
Dossard no 1, Kingsbury a survolé le tableau éliminatoire tout au long de l’après-midi, dominant successivement ses duels en 16es, en huitièmes de finale, en quarts de finale et en demi-finale, sans véritable opposition.
Un moment à part lui a toutefois été réservé dès le premier tour, lorsqu’il a croisé le fer avec son frère, Maxime Kingsbury, lui-même un ancien bosseur. Ce duel fraternel, disputé dans une ambiance bon enfant, a arraché un sourire au champion québécois, en route vers son dernier sacre.
La veille, Kingsbury avait déjà imposé sa loi en remportant l’épreuve individuelle avec aisance, s’offrant du même coup un 14e titre canadien.

Mikaël Kingsbury a offert une dernière performance là où tout a commencé pour lui, à Saint-Sauveur.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Sa carrière a été célébrée lors d’une cérémonie tenue à la fin de la compétition, qui marquait du même coup les 50 ans du ski acrobatique canadien. Légendes du sport, coéquipiers, entraîneurs, amis et membres de sa famille étaient réunis pour souligner cette dernière couronne. Accueilli sous une pluie d’applaudissements de plusieurs centaines de personnes, Kingsbury a pris la parole, visiblement ému, et fatigué par une longue carrière sur la plus grande scène.
Aujourd’hui, je raccroche officiellement mes skis. Et je n’ai aucun regret. Les erreurs que j’ai pu commettre dans le passé ont forgé l'athlète et la personne que je suis aujourd’hui. J’ai fait mes premières compétitions ici, [au Sommet Saint-Sauveur]. J’ai appris à skier les bosses ici. Donc c’est tellement spécial pour moi que ça s'arrête ici.
Gabriel Dufresne, coéquipier de Kingsbury depuis près de dix ans et l’un de ses proches, a lui aussi choisi de tirer sa révérence au même moment. Au micro de Radio-Canada Sports, il a tenu à saluer celui avec qui il a partagé une grande partie de sa carrière.
Quand je suis monté dans l’équipe, ça faisait déjà six ans qu’il était là. Tout de suite, on a eu une belle chimie ensemble. C’est difficile de se démarquer quand ton coéquipier est le meilleur de tous les temps! Mais il nous a poussés à devenir des meilleurs skieurs tout au long de notre carrière, et on espère qu’on a pu le pousser également, a affirmé Dufresne, 29 ans, qui a partagé le podium avec son ami et coéquipier la veille, à l’épreuve individuelle.
C’est toute une légende qui prend sa retraite.
Pour l’entraîneur-chef de l’équipe nationale de bosses Michel Hamelin, le succès de la carrière de Kingsbury repose avant tout sur une assiduité inégalée sur le circuit mondial.

Michel Hamelin (à gauche), entraîneur de Mikaël Kingsbury, a rencontré ce dernier pour la première fois lors d’un camp destiné aux jeunes skieurs québécois il y a plus d'une décennie.
Photo : Julie Thibaudeau
Sa constance est reliée au fait qu’il trouve du plaisir dans tous les aspects du processus pour se rendre à la Coupe du monde, a-t-il affirmé. Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’il est capable de s’ajuster rapidement à n’importe quelle piste. Ça lui prend une descente, et tout de suite, tu vois que c’est un grand.
Pour son coéquipier Julien Viel, l’un des meilleurs bosseurs canadiens actuels, l’impact de Kingsbury dépasse largement son palmarès et a même marqué sa propre trajectoire.
Il a commencé par être une idole, a raconté Viel. Quand j’étais jeune, je voulais être comme lui. Ensuite il a été mon mentor, il m’a donné beaucoup de conseils. Et finalement, il a été mon rival. J’ai été extrêmement choyé de l’avoir. Je lui souhaite le meilleur pour sa retraite.
Il y a quelques semaines, le skieur acrobatique québécois avait laissé planer l’idée d’une retraite après les Jeux olympiques, avant de confirmer la nouvelle à l’approche de ces Championnats canadiens. Une décision venue boucler une carrière exceptionnelle, sur la même piste où, il y a près d’un quart de siècle, il a apprivoisé ses premières bosses.
« Une légende du sport »

Mikaël Kingsbury a remporté 29 globes de cristal dans sa carrière sur le circuit de la Coupe du monde.
Photo : Associated Press / Antonio Calanni
Mikaël Kingsbury quitte le sport au sommet de son art, et dans ses propres termes. Quintuple médaillé olympique, double champion olympique et neuf fois champion du monde, le skieur québécois laisse un vide immense au sommet de sa discipline.
Ce palmarès hors du commun lui a valu les éloges des plus grandes légendes canadiennes, dont Alexandre Bilodeau, lui-même double champion olympique.
Mikaël, c’est une légende de notre sport. Il a battu tous les records. La personne que j’ai appris à connaître quand il était plus jeune et l’humain qu’il est devenu, c’est quelqu’un de fantastique et que je respecte beaucoup.
Il a toujours eu un grand talent et c’est probablement une des personnes les plus passionnées de notre sport, a souligné Bilodeau en entretien avec La Presse Canadienne. C’est un grand passionné, et quand tu es passionné, ça fait une grande différence. Je pense que tout le monde en Coupe du monde est passionné, mais Mikaël, il en mange encore. Il regarde encore des vidéos de Jean-Luc [Brassard] et de Lahtela, et il a [33 ans].
Auteur de 100 victoires en Coupe du monde, Mikaël Kingsbury a effectué son dernier départ sur le circuit à Val Saint-Côme, en janvier dernier. À cela s’ajoutent 29 globes de cristal, un palmarès qui le place sans conteste comme le plus grand skieur acrobatique de l’histoire, et l’un des athlètes les plus marquants du sport canadien.
Avec les informations de La Presse canadienne


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