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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDans une entrevue exclusive accordée à CBC News, un des vice-présidents de Live Nation Entertainment – la plus grande entreprise de divertissement au monde – a affirmé que le conglomérat n’était pas un monopole et qu’il ne devrait pas être séparé de sa filiale Ticketmaster.
Les adeptes ont des frustrations à l’égard du marché du spectacle sur scène et ils les associent surtout à Ticketmaster, parce que la plupart des gens achètent leurs billets sur Ticketmaster, a déclaré Dan Wall, vice-président responsable des affaires corporatives et réglementaires pour Live Nation, en entrevue avec Dave Seglins, de CBC News, dans les bureaux de l’entreprise à New York.
Prenant la défense de l’entreprise, il a ajouté qu’il s’opposerait à toute tentative de séparer Ticketmaster et Live Nation à la suite d’un verdict historique rendu en avril par un jury fédéral américain, déclarant Live Nation coupable de « monopole illégal ».

Dan Wall est vice-président resonsable des affaires corporatives et réglementaires chez Live Nation.
Photo : Getty Images / Anna Moneymaker
Je pense qu’il est assez clair que les États qui ont amené l’affaire devant les tribunaux avec le gouvernement fédéral ont demandé un procès devant jury parce qu’il est beaucoup plus facile de gagner devant un jury que devant un juge seul dans une affaire comme celle-ci, en particulier contre une grande entreprise. Et bien sûr, je ne suis pas satisfait du verdict, a poursuivi Dan Wall.
Ce dernier a ajouté que, si nécessaire, Live Nation fera appel du verdict en invoquant le fait que les procureurs des 33 États plaignants et de Washington D.C. ont présenté des preuves selon lesquelles Ticketmaster contrôlait seulement 20 % du marché primaire de la billetterie.
Je n’appelle pas ça un monopole. Et je suis même convaincu qu’avec le temps, les tribunaux n’appelleront pas ça un monopole non plus.
Les avocats étaient de retour devant un tribunal de New York, jeudi, pour débattre de la manière dont se déroulera la procédure séparée devant fixer les sanctions contre Live Nation.
Un accord rejeté par une trentaine d’États
Dan Wall reconnaît que le PDG de Live Nation, Michael Rapino, a rencontré des responsables de la Maison-Blanche plus tôt cette année et a négocié un accord avec le département américain de la Justice afin d’éviter un démantèlement de l’entreprise.
Cependant, une trentaine d’États ont refusé d’adhérer à cet accord et ont poursuivi la procédure judiciaire, réclamant des sanctions plus sévères, y compris la possibilité d’un démantèlement.
Richard Blumenthal, sénateur démocrate du Connecticut qui a mené une enquête en sous-comité sur Live Nation et Ticketmaster, a exprimé sa colère face aux tactiques utilisées par l’entreprise.

Le sénateur américain Richard Blumenthal
Photo : Reuters / Evelyn Hockstein
Le règlement du département de la Justice est le résultat d’un processus corrompu. C’est l’aboutissement de contacts avec des lobbyistes et d’autres personnes ayant un fort intérêt personnel, a déclaré M. Blumenthal à CBC News.
[Live Nation] est un monopole parce qu’ils contrôlent plus de 80 % de la chaîne qui englobe la vente de billets, les salles de spectacles, les artistes et les agents, a-t-il poursuivi. Il existe une solution simple, qui consiste à annuler ou démanteler la fusion qui n’aurait jamais dû être autorisée au départ.
Rappelons que Live Nation a racheté Ticketmaster en 2010 avec l’aval du département de la Justice, sous conditions.
Ticketmaster est largement considéré comme le plus gros vendeur de billets au monde pour les spectacles et pour les événements en direct. Live Nation Entertainment possède, exploite, contrôle la programmation ou détient des parts dans des centaines de salles de concert.
Une explosion de la demande
En 2009, lorsque Live Nation tentait de faire approuver le rachat de Ticketmaster, le PDG Michael Rapino avait assuré le sous-comité du Sénat américain sur l’antitrust que le maintien de prix abordables pour les concerts était l’une des plus grandes priorités de l’entreprise.
Dan Wall affirme que les objectifs de Live Nation n’ont pas changé, mais il ajoute que la demande pour le spectacle sur scène a grandement augmenté et que les tournées ont pris de l’ampleur et gagné en complexité, ce qui a fait grimper les prix.
Écoutez, nous ne contrôlons pas le monde. C’est un univers composé de milliers d’artistes qui donnent des milliers de spectacles différents. Ils n’ont pas tous le même niveau de popularité. Et la volonté des gens de payer pour ces artistes varie également, a-t-il expliqué.

Live Nation a racheté Ticketmaster en 2010.
Photo : Reuters / Dado Ruvic
Il ajoute que les tournées étaient jadis subventionnées par les maisons de disques, mais que cela a changé depuis la montée en puissance des plateformes de diffusion, qui ont fait fondre les revenus liés à la vente de disques.
[Les tournées] étaient essentiellement du marketing pour vendre des disques… L’artiste tire désormais la majeure partie de ses revenus des tournées et doit générer les revenus nécessaires pour pouvoir les financer, a-t-il déclaré.
Dan Wall reconnaît que Live Nation encourage les artistes à recourir à la tarification dynamique ainsi qu’à la tarification platine pour les meilleurs sièges, mais il affirme que toute l’industrie fait ça.
Cela permet aux sièges les plus chers de subventionner une plus grande partie des sièges à bas prix, a-t-il ajouté.
Cela permet aussi de garder l’argent dans la chaîne de production. Il va aux artistes, aux membres du groupe, plutôt qu’à un revendeur ou à quelqu’un qui achète le billet s’il est trop bon marché, pour ensuite le revendre à sa véritable valeur.
Une affaire surveillée de près au Canada
Les régulateurs au Canada et ailleurs dans le monde suivent de près le dossier Live Nation aux États-Unis.
Le Conseil des consommateurs du Canada a déposé en décembre une poursuite auprès du Bureau de la concurrence, demandant lui aussi de scinder Live Nation et Ticketmaster.
Nous avons clairement entendu les fans canadiens dire qu’ils en ont assez de la domination de Live Nation et de Ticketmaster, a déclaré David Sterns, l’avocat à l’origine de la requête canadienne.
Ce que nous cherchons à faire, c’est rendre justice au marché canadien et rétablir la concurrence, et surtout, obtenir une compensation pour toutes les personnes qui ont été surfacturées pendant toutes ces années, pour tous ces concerts.
Rappelons qu’en Ontario, le gouvernement de Doug Ford a apporté des modifications à la Loi sur la vente de billets pour empêcher la revente de billets à un prix supérieur (nouvelle fenêtre) au prix d’origine. Ticketmaster a affirmé le mois dernier qu’elle se conformait à la nouvelle loi.
De son côté, le gouvernement du Québec a déposé en décembre dernier le projet de loi 10, qui vise à imposer une plus grande transparence en matière de revente de billets de spectacle et à protéger ainsi les consommateurs contre les pratiques abusives.
Avec les informations de Dave Seglins et Albert Leung
Avec les informations de CBC News


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