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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayTEL-AVIV, Israël – Au moment où le conflit au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine, le soutien à l'opération militaire américano-israélienne est toujours aussi fort en Israël.
Dans le plus récent sondage sur la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, 81 % des Israéliens se rangent derrière les décisions du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Parmi les quelque 200 000 juifs iraniens qui vivent en Israël, le soutien est quasi indéfectible. Il s'agit des Iraniens qui ont fui le régime vers Israël lors de la révolution islamique de 1979 ou qui sont nés depuis sur le territoire de l’État hébreu.
Dans le quartier de Tel-Aviv, où les Perses font commerce, Moshe Zakaria déploie fièrement le drapeau de l’Iran, son pays d'origine. Un drapeau avec le lion, symbole d’avant la révolution islamique.
Tu ne connais pas l’Iran, me dit-il, c'est un pays magnifique, avec des gens formidables et les musulmans sont les meilleures personnes du monde. Ils sont aimables et gentils.
Moshe est un juif iranien, tout comme Beni Barhordari, le propriétaire d’un populaire restaurant du quartier, où les Israéliens se délectent de spécialités perses.

Beni Barhordari ne croit pas que cette guerre entraînera un changement de régime dans son Iran natal.
Photo : Radio-Canada
Alors que nous allons lui parler, une alerte aux missiles iraniens retentit, faisant fuir la clientèle vers les abris.
Dans son restaurant déserté en quelques minutes, il déplore que son pays d’origine bombarde Israël, qui l’a accueilli alors qu’il avait 7 ans. Les gens, ils étaient là, ils achetaient à manger, et regarde ça maintenant, il n'y a plus personne. C'est très grave, très triste, dit-il.
La nostalgie du shah
Sur le mur de son établissement, il y a plein de photos de célébrités iraniennes à ses côtés, mais surtout un portrait du shah d’Iran. Pas de doute, le régime des ayatollahs le rend nostalgique de cette époque. Avant, on était tous des frères, que l’on soit musulman, juif ou chrétien.
Je veux maintenant la paix ici, plus de guerre, plus d'effusion de sang. Finissons-en!
À quelques coins de rue, dans son magasin d’épices, Iris Gadidi se rappelle l'Iran qu’elle a quitté en 1979 quand elle avait 12 ans. Avec sa fille Hila, elle n'est pas peu fière du chemin qu’elle a accompli en Israël.
J’ai la seule boutique du quartier gérée par une femme, dit-elle. Je suis l’incarnation même de l’émancipation féminine. Ce qu’elle n’aurait jamais pu faire en Iran, selon sa fille. Iris se désole de voir que la guerre a, en quelque sorte, stoppé le mouvement de contestation dans son pays d'origine.
Cela fait longtemps que les Iraniens attendent que quelqu'un vienne les aider à faire la révolution, mais, comme personne n'est venu et qu'ils ont été massacrés, ils restent aujourd'hui chez eux à attendre que l'État d'Israël et les États-Unis s'en chargent.

Iris Hadidi est impatiente de faire visiter son Iran natal à sa fille Hila.
Photo : Radio-Canada
L’Iranien Beni Sbati, chercheur au Centre de recherche israélien sur les questions de sécurité nationale, estime que tous les juifs iraniens sont en faveur de la guerre contre l'Iran parce qu’ils se souviennent de l'époque d’avant la révolution islamique. Mais aujourd’hui encore, le peuple iranien a un problème.
Ils ne sont pas organisés et n'ont pas de leadership, explique-t-il. Le problème, c'est que le président Trump et le gouvernement israélien leur ont dit de rester chez eux, de ne pas sortir tant qu'ils n'auront pas mis fin au régime, et qu'ensuite, ils leur diront de sortir. Je pense que c'est une erreur.
Cette erreur, Roni Aynsaz la dénonce aussi. Il a fui l’Iran il y a presque 30 ans et a donc vécu sous le régime islamique.
Il raconte qu’au moment d’effectuer son service militaire à l’époque, il a prétendu qu’il était musulman, ce qui lui a permis d’obtenir ensuite un travail au département de la Justice iranien et de gravir les échelons. J'ai commencé à venir en aide à de nombreuses personnes en Iran, en particulier des juifs.
Il aurait en effet détruit certains dossiers à charge contre des juifs iraniens. Mais il a été démasqué et a dû fuir en Israël, ce qui lui a sauvé la vie.
Ils m'auraient pendu si j'étais resté là-bas, c'est sûr.

Roni Aynsaz craint que les Américains cessent bientôt leurs opérations militaires.
Photo : Radio-Canada
Aller jusqu'au bout
Aujourd’hui, il voit cette guerre comme une solution juste, mais il a beaucoup de réserves. La population a moins confiance dans les Américains. C'est pourquoi beaucoup, beaucoup de gens là-bas sont désorientés par tout ce qui se passe et souffrent de l'incertitude qui règne, explique-t-il.
Sa crainte, qui est aussi une de ses prédictions : Donald Trump se retirera bientôt du conflit en proclamant que l’opération est terminée, laissant en plan la population à son sort dans un régime en débandade économique et politique.
Il aurait pourtant aimé que le fils du shah, Reza Pahlavi, toujours en exil, prenne les rênes du pouvoir. Mais les Américains, qui décident de tout, dit-il, ne l’aiment pas trop.

Ayant réussi à se faire passer pour un musulman, Roni Aynsaz, un juif iranien, a gravi les échelons au sein du département de la Justice sous le régime des mollahs.
Photo : Radio-Canada
Beni le restaurateur reste lui aussi sceptique sur l’issue du conflit. Nous ne verrons pas ce régime tomber, il restera en place. Seul le peuple iranien doit mener cette révolution et renverser le régime. Selon lui, ni les États-Unis, ni Israël, ni personne d'autre ne peuvent changer cela.
Le chercheur Beni Sabti renchérit : L'Occident devrait savoir qu'il dispose de millions de soldats de la liberté en Iran. Il faut les mobiliser, leur dire quoi faire; je pense que le moment est venu.

Moshe Zakaria croit qu'un jour son pays d'origine sera libéré du régime islamique.
Photo : Radio-Canada
Fier d’avoir installé son drapeau sur la façade du restaurant de son ami Beni, Moshe Zakaria se projette déjà dans un avenir proche. Dès la libération de l’Iran, je prends un bus à deux étages avec 50 personnes inscrites, et on part directement pour Téhéran afin d'y passer deux mois.
Plutôt terre à terre, Beni Barhordari, lui, reste patient. Un jour, ce sera la révolution, dit-il. Pas maintenant, peut-être dans dix ans, ou dans cinq, on ne le sait pas, mais j’y serai pour le voir.
L’alerte aux missiles passée, les clients sont revenus dans son restaurant. Jusqu’à la prochaine sirène d'avertissement dans son quartier.

4:18
Regardez le reportage de Frédéric Arnould.


2 months ago
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