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Les insultes misogynes contre une policière condamnées par l’Assemblée nationale

2 months ago 35

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Les propos misogynes entendus dans une vidéo de 2025 montrant une policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se faire insulter violemment par un automobiliste ont été condamnés dans deux motions adoptées mardi à l'Assemblée nationale.

Ces motions présentées par la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ) ont toutes deux été adoptées à l'unanimité des 92 députés s'étant prononcés.

La motion de la CAQ condamnait notamment les propos inacceptables et à caractère misogyne dirigés envers une policière dans l’exercice de ses fonctions, tout en encourageant les municipalités à adopter un cadre réglementaire interdisant de tels gestes à l’endroit des policières et des policiers du Québec.

La motion du PQ rappelait le caractère inacceptable et condamnable d'insulter et d'injurier les membres des forces policières et des forces de l'ordre en fonction. Elle appelait le gouvernement à mettre en place des mesures législatives, en plus d'appuyer l'idée d'infractions et d'amendes pour de tels comportements.

L’élu des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole du PQ en matière de sécurité publique, Joël Arseneau, a demandé au gouvernement d’introduire des modifications pour mettre en place des amendes dissuasives.

Ce sont des propos inacceptables et qui minent l’autorité des forces policières pour faire respecter les règles.

La cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, avait elle aussi fermement condamné les propos tenus envers la policière, des propos misogynes, qui ressemblent à ce qu’elle reçoit sur ses propres réseaux sociaux.

2:04

Les détails avec Pascal Robidas.

Le chef parlementaire de l'opposition officielle, le député libéral André Fortin, a soutenu qu'il fallait s’assurer de trouver une façon de protéger nos policiers et nos policières dans l’exercice de leurs fonctions.

C'est impensable et intolérable que des situations comme celle-là puissent continuer de se produire au Québec.

Pour sa part, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a déploré cette situation totalement inacceptable. Ce dernier souhaite revenir à une ligne un peu plus dure, tout en insistant sur l'importance de la loi et l'ordre.

Le SPVM a indiqué par voie de communiqué mardi qu'il avait confié le dossier au Module des incidents et crimes haineux. Ce dernier entreprendra les démarches nécessaires auprès de l’automobiliste afin de prévenir la répétition d’incidents similaires.

Une porte ouverte à l'arbitraire?

Face à cette volonté de légiférer, la Ligue des droits et libertés met plutôt en garde les parlementaires contre le réflexe d'adopter de nouvelles réglementations municipales ou d'appliquer de nouvelles infractions pénales dans de tels cas.

Sa porte-parole, Lynda Khelil, reconnaît que les insultes misogynes comme celles proférées envers la policière du SPVM sont inacceptables, mais elle insiste sur le fait que tous les enjeux sociaux, tous les problèmes sociaux ne se résolvent pas avec de nouvelles interdictions passibles d'amende.

Qui va déterminer ce qui est une insulte ou pas? demande-t-elle. Il va y avoir beaucoup d'arbitraire, beaucoup de subjectivité. On sait que ça va au contraire miner davantage les relations entre les citoyens et les policiers, ce qui n'est pas souhaitable.

Elle croit que s'attaquer à de tels enjeux sociaux passe par l'éducation et la prévention plutôt que par la voie juridique.

On ne légifère pas sur une situation précise. Il faut se poser la question de l'application de ce nouveau pouvoir et de ses effets sur les citoyens.

Ça revient beaucoup trop souvent

Les insultes proférées aux policiers surviennent bien trop souvent, a dénoncé le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francœur, en entrevue mardi à l’émission Tout un matin.

Ce sont des propos qui sont utilisés quand même souvent à l’endroit de nos policiers, a-t-il rappelé. L'événement qui a été diffusé en fin de semaine ravive la mémoire de nos policiers et policières qui nous écrivent en très grand nombre présentement.

Il a d’ailleurs noté la marge de manœuvre limitée de la policière devant cet homme qui enchaînait les insultes misogynes.

La policière n'avait aucun instrument législatif pour agir. Les simples insultes ou injures ne sont pas des raisons suffisantes. Il aurait fallu une voie de fait, il aurait fallu des menaces, a-t-il expliqué.

C'est tout à fait inacceptable qu'un policier ou une policière ne puisse pas agir lorsqu'ils sont victimes de propos comme ceux-là.

Des règlements municipaux existent

Yves Francœur note d'ailleurs que plusieurs municipalités du Québec disposent de réglementations qui permettent de donner des contraventions aux individus qui tiennent de tels propos envers les policiers.

Et on ne parle pas des plus petites villes. On parle de Québec, de Laval, de Sainte-Hyacinthe, de Saguenay, énumère-t-il.

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