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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes Éditions du Boréal ont annoncé mercredi qu'elles mettaient fin à leur relation professionnelle avec Thélyson Orélien, une « une analyse externe approfondie » indiquant que l'intelligence artificielle (IA) a été utilisée dans l'écriture de C'était ça ou mourir. L'auteur a reconnu avoir eu recours à l'IA pour faire « des recherches », en entrevue à Libération.
De nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir, alors que l’auteur nous avait assuré, à plusieurs reprises, ne jamais y avoir eu recours pour la création de son roman, a affirmé l'éditeur dans un communiqué.
En conséquence, le Boréal ne réimprimera pas le roman, ajoute l’éditeur québécois de C’était ça ou mourir, au cœur de la controverse depuis le 21 septembre dernier après des allégations d’utilisation de l’IA et de plagiat.
Des traces d'IA dans les métadonnées
Les Éditions du Boréal affirment avoir rassemblé l’ensemble des versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie, dont les résultats obtenus cette semaine ont révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents.
Nous ignorons toujours dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création de C’était ça ou mourir, et sans doute n’aurons-nous jamais de réponse définitive à cet égard, a ajouté l’éditeur, en réitérant également l’importance fondamentale de la confiance entre les auteurs et les éditeurs.
Dans la foulée des allégations, nous avons continué d’accorder la nôtre à Thélyson Orélien, qui nous assurait ne jamais y avoir eu recours. Cette affirmation est aujourd’hui démentie. Nous ne pouvons pas, dans ces circonstances, poursuivre notre collaboration professionnelle, a tranché la maison d’édition.
Aux auteurs et autrices, nous tenons à dire que la confiance et la transparence demeureront au cœur de nos collaborations, a-t-elle également écrit, soulignant que les écrivains doivent pouvoir créer en toute confiance et en toute liberté.
La maison d’édition ne publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien, précise-t-elle aussi. La semaine dernière, on avait appris que Les Éditions du Boréal avaient reçu un manuscrit de Thélyson Orélien en décembre 2024, pour lequel ils avaient signé un contrat.

« C’était ça ou mourir » a été publié au printemps dernier au Québec par les Éditions du Boréal, avant de paraître en France, chez Grasset, en août dernier.
Photo : Radio-Canada / Simon LaSalle
Nous avons préféré la prudence à la précipitation
Dans leur communiqué, les Éditions du Boréal invitent aussi à la retenue afin que cessent les attaques personnelles envers Thélyson Orélien et reviennent sur la manière dont elles ont géré cette crise.
Depuis le 21 septembre, nous avons préféré la prudence à la précipitation devant une situation inédite et évolutive, qui nous a pris de court, et pour laquelle il n’existe aucun mode d’emploi. Nous avons dû agir avec l’information dont nous disposions et prendre en considération plusieurs éléments d’ordre juridique, éthique, éditorial et humain dans nos décisions.
Nous savions que ces décisions auraient des conséquences à long terme pour le fonctionnement du Boréal, pour nos collègues éditeurs et pour le milieu du livre en général, ont-elles ajouté.
Un mot pour les lecteurs
La maison d'édition québécoise a également une pensée pour les lecteurs et les libraires. Nous avons choisi [ce roman] parce qu’il nous a profondément émus, bien avant les succès en librairie et les prix. Nous comprenons la déception de certains, et nous la partageons.
Le 13 octobre, Thélyson Orélien avait affirmé qu'aucune phrase de son roman n'a été créée par une IA et présenté ses excuses pour des plagiats, plaidant l’erreur de jeunesse.
Rappelons que Les Éditions du Boréal ont cédé les droits de C'était ça ou mourir dans une vingtaine de pays, dont les Pays-Bas, la Norvège, l’Allemagne, l’Italie, la Finlande, le Royaume-Uni et la Turquie.
C’était ça ou mourir faisant l’objet de nombreuses ententes avec des éditeurs étrangers, nos décisions ont également une portée internationale, a indiqué, mercredi, la maison d’édition à cet égard.
Nous avons pris, et continuerons de prendre, le temps nécessaire pour communiquer avec nos homologues et être à l’écoute de leurs préoccupations, dans le respect de nos engagements.
Thélyson Orélien réagit auprès de Libération
En entrevue avec le quotidien français Libération, Thélyson Orélien a indiqué, mercredi, avoir été prévenu de l’annonce des Éditions du Boréal quelques minutes avant la publication du communiqué.C’est très cruel par ici, du côté du Québec, c’est très cruel, a-t-il déclaré à Libération. Ils en veulent au livre, je sais pas ce qu’ils vont vouloir maintenant. Après le livre, vont-ils s’en prendre à la personne ? Parce qu’ils n’arrêtent pas de fouiller dans mes comptes, ils mettent des hackers pour fouiller. L’auteur a réaffirmé avoir écrit C’était ça ou mourir. C’est pas comme si c’est l’IA qui l’a écrit. Cette histoire c’est mon histoire, c’est l’histoire de beaucoup d’Haïtiens, a-t-il dit. Relancé par le journaliste quant à son utilisation de l’IA dans la rédaction du roman, il a répondu : Oui, dans le processus de création, j’ai fait des recherches avec, des recherches historiques, j’avais tout expliqué à des proches. J’ai tout expliqué, mais présentement je pense pas que ma parole vaille quelque chose.
Je m’attendais pas à tout ça, je n’avais pas demandé à ce que le livre soit vendu dans plusieurs pays et nommé dans plusieurs prix. Je ne voulais pas tout ça, a aussi indiqué Thélyson Orélien à Libération.


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