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Les détenus confinés en cellule 2 heures plus tôt dans les prisons québécoises

2 months ago 10

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À compter de mercredi soir, les personnes incarcérées dans les établissements de détention québécois seront confinés en cellule dès 21 h. Québec espère ainsi réduire les dépenses liées aux heures supplémentaires des agents correctionnels.

Une note interne datée du 5 mars dont Radio-Canada a obtenu copie précise que cette mesure sera en vigueur jusqu’au 31 octobre 2026. Les personnes incarcérées passeront donc de une heure et demie jusqu'à deux heures de plus par jour en cellule, selon l’établissement de détention.

Cette mesure devait initialement entrer en vigueur à l’automne, mais elle avait été reportée à la dernière minute. La directive initiale prévoyait d’ailleurs un retour en cellule dès 20 h.

Réduire les heures supplémentaires

Dans sa note interne, la directrice générale aux programmes, au conseil et à l’administration du ministère de la Sécurité publique, Véronyck Fontaine, demande aux établissements de détention de revoir les horaires des employés.

Aucune heure supplémentaire au-delà de 21 h ne doit être autorisée pour les agents des services correctionnels et pour les chefs d’unité, à moins que le minimum requis pour répondre aux codes d’urgence ne soit respecté ou toute autre situation d’exception, est-il précisé.

Les quarts de travail des agents correctionnels à temps partiel devront se terminer au plus tard à 21 h, à moins qu’il ne manque de personnel pour assurer la surveillance durant la nuit.

Le centre de détention de Québec l'hiver.

L'Établissement de détention de Québec (EDQ), anciennement appelé prison d'Orsainville.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Vachon

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, redoute l’impact du manque de personnel sur la sécurité dans les prisons advenant une situation d’urgence durant la nuit.

Clairement, ça va avoir des impacts. Et c’est uniquement une question de compressions budgétaires.

Il craint également que cette directive n'ait des répercussions sur la rétention du personnel. Plusieurs jeunes agents correctionnels travaillent à temps partiel et pourraient voir leurs heures de travail réduites.

On a eu une situation de crise assez majeure au niveau des effectifs dans les dernières années. Elle s’est résorbée à certains endroits, mais on ne doit pas retourner dans cette situation-là, plaide-t-il.

Réaction anticipée des détenus

Mathieu Lavoie ajoute que plusieurs incertitudes subsistent à quelques heures de l’entrée en vigueur de cette mesure. Par exemple, ses membres se demandent comment composer avec la frustration potentielle des détenus.

Est-ce qu’on est prêts à faire face à la réaction des personnes incarcérées? Quand on pose la question, il y a peu de réponses, mentionne-t-il.

Le Protecteur du citoyen affirme par ailleurs qu'il suit la situation de près.

Nous invitons toute personne incarcérée ou proche de celles-ci qui vivraient ou seraient témoins de préjudices liés au retour hâtif en cellule dans les établissements de détention à en faire part en toute confidentialité au Protecteur du citoyen, indique par courriel la responsable des relations avec les médias, Carole-Anne Huot.

Ces préjudices peuvent être de la difficulté à obtenir un médicament d'ordonnance, des difficultés à entrer en contact avec son avocat ou encore des visites de proches annulées. Mme Huot évite toutefois de préciser si des plaintes ont déjà été formulées au Protecteur du citoyen.

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