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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes coûts de construction de l’itinéraire de base du train à grande vitesse (TGV) d’Alto, le projet ferroviaire qui relierait Québec à Toronto, pourraient atteindre de 75 à 113 milliards de dollars, selon un rapport du Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) publié jeudi.
Cette fourchette de prix reflète l'incertitude qui plane au-dessus du tracé, qui n'a pas encore été officiellement déterminé, mais aussi la grande incertitude inhérente aux projets d’infrastructure ferroviaire à grande échelle, peut-on lire dans le rapport.
Il s'agit d'une estimation plus élevée que celle qui a été faite par le gouvernement fédéral en 2024, qui se situait alors entre 60 et 90 milliards de dollars.
Cet écart s'explique en partie par la longueur du tracé anticipé. Publiquement présenté comme un projet de 1000 kilomètres, le BDPB estime que le TGV desservira plutôt 850 kilomètres.
Sur cette base, l'évaluation d'Ottawa correspond à environ 71 millions à 106 millions de dollars par kilomètre de voie, indique le rapport.
L'étude réalisée par le BDPB estime pour sa part que le coût de base du TGV se situe plutôt entre 88 et 133 millions de dollars par kilomètre de voie.

Alto a identifié un espace d’analyse qui présente le meilleur potentiel pour le corridor du TGV. Il sera raffiné au fil de la publication d'études, afin d'obtenir le meilleur tracé possible, selon l'organisation.
Photo : Alto
Un terrain rempli d'obstacles
La présence du Bouclier canadien sur une partie du tracé entraîne des dépenses importantes, notamment sur les 130 kilomètres qui doivent relier Ottawa à Peterborough. Cette section nécessitera des travaux d'excavation de roche, de nivelage et de remplissage importants.
Par ailleurs, l'analyse publiée jeudi ne tient pas compte d'une modification proposée en juin qui pourrait amener le tracé à passer par Kingston, en Ontario.
Si cet itinéraire est plus plat et évite une plus grande partie du Bouclier, il mènerait cependant le TGV à traverser la biosphère de l'arche de Frontenac, une zone protégée reconnue par l'UNESCO.
L'application de diverses mesures d'atténuation environnementale, comme des corridors pour les espèces sauvages, entraînerait ainsi des augmentations supplémentaires des coûts.
La construction jusqu’à l’île de Montréal demandera pour sa part le creusement de tunnels, dont un d'une longueur d’environ 15 kilomètres sous le mont Royal, pour rejoindre Laval.
Une stimulation légère de l'économie
Les travaux de construction du TGV stimuleraient légèrement l'économie à court terme, conclut le rapport. Le BDPB appuie cette estimation sur le segment entre Ottawa et Montréal, puisqu'il s'agit de l'unique portion du tracé dont la construction est prévue dans sa période d'évaluation à moyen terme, soit de 2029 à 2033.
Pour ce dernier, on estime que les travaux de construction feraient augmenter le PIB réel d’environ 1,8 milliard de dollars en 2029 et de 2 milliards de dollars d’ici 2033. Les gains d’emploi passeraient quant à eux d’environ 4300 à 9000 emplois.
En ce qui a trait à la rentabilité du projet, le rapport se montre plus prudent. S'il affirme que la plupart des réseaux de TGV dans le monde ne sont pas rentables sur le plan opérationnel, il mentionne que ceux qui le sont affichent souvent une forte rentabilité.
L'analyse identifie les lignes qui relient Paris à Lyon, Tokyo à Osaka, ainsi que Pékin à Shanghai, comme étant rentables. Elles sont cependant très actives : dans les trois cas, des départs ont lieu à intervalles de moins de cinq minutes pendant les heures de pointe.
Un test pour la loi C-5
La Loi sur l'unité de l'économie canadienne (C-5) adoptée par le gouvernement Carney en juin 2025, qui permet notamment de passer outre certaines lois pour mettre en branle des initiatives jugées d'intérêt national, devrait pallier certains des enjeux qui pourraient entraîner des retards dans l'exécution du projet.
Il en est de même pour la Loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse, promulguée par l'intermédiaire du projet de loi C-15 en mars 2026, qui a modifié la Loi sur l’expropriation.
Ensemble, ces lois ont permis, non sans opposition, de faciliter l’acquisition de terrains, notamment en offrant un droit de premier refus à Alto.

Le 10 juin 2026, des centaines de producteurs agricoles du Québec et de l’Ontario se sont donné rendez-vous à Ottawa pour manifester contre le projet de train à grande vitesse piloté par la compagnie Alto.
Photo : Radio-Canada
Si elles ont atténué certains risques juridiques, la possibilité de contestations judiciaires ou d’autres litiges pourraient tout de même entraîner des retards dans l'échéancier de construction.
La capacité de ces lois à réduire les dépassements de coûts sera déterminante pour atténuer les principaux risques pesant sur les estimations de référence, précise le rapport.
On estime que les coûts de construction du projet augmenteront d'environ 1,5 milliard de dollars par année de report.
Le TGV s'invite dans la campagne
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a réclamé des explications quant à l'estimation nettement plus élevée que celle qui a été faite par Ottawa. J'aimerais comprendre comment on arrive à ces chiffres-là, parce que c'est quand même assez drastique comme augmentation, a-t-il réagi, peu de temps après la publication du rapport.
S'il a appelé à ce que le tracé fasse l'objet d'autres modifications parce qu'il y a suffisamment de personnes, entre autres dans le milieu agricole, qui sont inquiètes, il s'est dit néanmoins en faveur du TGV.
Ce projet n'est pas encore sur les rails, sans faire de jeux de mots, mais personnellement, j'y crois, a déclaré M. Milliard.
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a lancé qu'il était inquiétant, en termes de sérieux du projet, d’avoir une telle fluctuation de sa valeur au gré du vent.
Appelé à réagir lors d'un point de presse sur l'accès à l'eau potable à Plessisville, il a déclaré que s'il avait le choix entre 113 milliards de retour de nos impôts dans des projets d’infrastructures, comme cette usine d’épuration d’eau [...] ou me rendre plus vite à Toronto, je pense que je vais prendre ce qu’il y a d’urgent pour la population.
Le chef péquiste a déjà déclaré qu'il retirerait le Québec du projet s’il était élu le 5 octobre.
Le lancement du TGV d'Alto a été annoncé par le premier ministre Justin Trudeau en février 2025. Il doit desservir les villes de Québec, Trois-Rivières, Montréal, Laval, Ottawa, Peterborough et Toronto.


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