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La guerre en Iran a fait bondir le prix du diesel, après des années de perturbations géopolitiques. Remplir de carburant les camions qui transportent la nourriture aux quatre coins du pays coûte ainsi de plus en plus cher, ce qui devrait bientôt se faire ressentir à l'épicerie, nous préviennent des experts.
Les entreprises de transport peuvent généralement absorber de brèves augmentations des prix à la pompe. Mais depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, leurs marges de profit ont rétréci, tout comme leurs marges de manœuvre, explique le directeur aux affaires gouvernementales et aux affaires publiques de la Canada Truck Operators Association, Tej Dulat, en entrevue à CBC News.
Au final, les entreprises doivent refiler la hausse de prix aux consommateurs, affirme-t-il. Vous allez remarquer un impact sur les prix des aliments.
Ces derniers jours, le prix du diesel dépassait les 2,62 $ le litre en moyenne au Canada, en hausse d’environ 10 ¢ par rapport à la semaine dernière, selon Ressources naturelles Canada.
C’est également plus d’un dollar supplémentaire le litre en comparaison à la même période l’année dernière, et plus de 30 ¢ de plus que le prix moyen hebdomadaire le plus élevé enregistré en 2022, toujours selon l’organisme fédéral.
À Montréal et à Vancouver, les prix moyens étaient encore plus élevés vendredi : plus de 2,85 $ et près de 2,93 $ le litre respectivement, révèlent les chiffres de Ressources naturelles Canada.
Pas assez de diesel disponible
Ces prix historiquement élevés s’expliquent, entre autres facteurs, par la faible quantité de diesel disponible.
Les exportations de diesel et d’essence en provenance de la région du golfe Persique – où se trouve le détroit d’Ormuz, que l’Iran a verrouillé en représailles aux frappes américaines et israéliennes – ont chuté de manière radicale dans les derniers mois. En août, elles se trouvaient environ à un quart de leur niveau d’avant-guerre, selon un rapport publié vendredi par l'Agence internationale de l'énergie.

Des navires près du détroit d’Ormuz, le 2 septembre 2026.
Photo : Reuters / Stringer
Ce n'est pas tout.
La Russie vient de prolonger l'interdiction d'exporter du diesel après des frappes ukrainiennes ayant endommagé certaines de ses raffineries.
La raffinerie Irving au Nouveau-Brunswick, la plus grande au pays, est, quant à elle, à l'arrêt jusqu'en novembre pour des travaux de maintenance, ce qui réduit encore davantage l'offre, mentionne CBC News.
Pire que les tarifs?
Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, pourraient représenter une menace plus importante sur l’économie canadienne que la guerre commerciale avec les États-Unis – et les nouveaux tarifs et contre-tarifs imposés de part et d’autre de la frontière.
Si les droits de douane font mal à certains secteurs, ils ne risquent pas d’avoir un impact global sur l’économie canadienne, a soutenu plus tôt cette semaine le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.
Plus les prix du pétrole et les prix de raffinage demeurent élevés, plus le risque est grand de voir la hausse des prix de l’énergie se répercuter sur les autres secteurs de l’économie et mener à une inflation persistante, a-t-il précisé.
Face aux prix à la hausse, le gouvernement de Mark Carney a annoncé, début septembre, qu’il prolongeait le congé de la taxe d'accise fédérale sur l'essence et le diesel au moins jusqu'à la fin du mois de janvier 2027.
Ottawa avait annoncé, en avril dernier, une première suspension de cette taxe de 10 ¢ par litre sur l'essence ordinaire et de 4 ¢ par litre sur le diesel, afin de donner un répit à la pompe aux Canadiens.
Cette mesure ne suffira toutefois pas à contrer les répercussions de la hausse des prix de l’énergie, soutiennent des experts consultés par CBC News.
À quoi s’attendre pour les prochains mois?
L’analyste spécialisé en énergie Dan McTeague explique qu'on pourrait se diriger vers un hiver très, très coûteux, non seulement pour les camionneurs, mais aussi pour le secteur des transports, les compagnies aériennes, les compagnies ferroviaires et tout le reste, et pour les consommateurs.
Les prix du diesel sont généralement déjà plus élevés pendant la saison froide, explique-t-il.
On assiste à une tempête parfaite dans laquelle une série de problèmes exercent une pression sans fin sur le prix des aliments, remarque pour sa part Evan Fraser de l'Arrell Food Institute de l'Université de Guelph.
Il cite les vagues de chaleur qui nuisent à la production dans plusieurs régions du globe, en plus des conflits et des tensions géopolitiques.
L'expert s'inquiète du fait que les hausses pourraient être ici pour rester, du moins pour la prochaine décennie.
À court terme, la situation sera très difficile pour les Canadiens à faible revenu, prévient-il.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) d'Alexandra Mae Jones, de CBC News


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