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Le pari de John Chayka que n’était pas prêt à faire Kent Hughes

2 weeks ago 5

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TORONTO – En ce petit mardi matin, Kirill Marchenko est arrivé au Ritz-Carlton, à Toronto, là où se sont installés les joueurs du Canadien avant le premier match de la saison en soirée. Le Russe est venu rejoindre ses nouveaux amis.

Longtemps associé au CH par de persistantes rumeurs durant tout l’été, Marchenko, ironiquement, a atterri dans le même hôtel que les hommes de Martin St-Louis non pas pour les y retrouver, mais bien pour les affronter en soirée.

Toronto a frappé un grand coup quelques heures avant le lever de rideau de cette saison 2026-2027 de la Ligue nationale. Tout le monde savait que le buteur de 26 ans voulait quitter les Blue Jackets de Columbus, l’organisation qui l’a repêché au deuxième tour en 2018. C'était une situation intenable dénoncée à mots à peine couverts par l’entraîneur Rick Bowness. Une conclusion était imminente. Voilà qui est fait.

En Matthew Knies, l’attaquant envoyé à Columbus dans l’échange, les Maple Leafs avaient beaucoup à offrir. Beaucoup plus que d’autres.

Pour obtenir de la qualité, tu dois donner de la qualité, a estimé le directeur général torontois, John Chayka, en matinée.

Il y a beaucoup de bons joueurs dans la LNH, mais il y en a très peu qui peuvent avoir un impact sur le résultat d’un match à eux seuls. On croit que Kirill [Marchenko] est un de ceux-là.

Lire entre les lignes que Knies ne fait donc pas partie de cette race rare à son avis. Un point de vue qui se défend certainement.

Marchenko a amassé 74 points, dont 31 buts, il y a deux ans, et 67 points l’année dernière, dans un club peu réputé pour ses prouesses en attaque. Columbus a terminé au 19e rang en attaque l’an passé. À la droite d’Auston Matthews ou de John Tavares, il est fort possible que Marchenko s’épanouisse, plus encore que Knies, de trois ans son cadet. C’est du moins l’espoir du jeune Chayka.

C’est le pari qui n’est d’ailleurs pas différent de celui que fait Columbus avec Knies. Avec les joueurs que l’on a ici, on pense qu’il y a encore un grand potentiel à exploiter, a-t-il lancé.

À peu près au même moment où le CH lorgnait Marchenko en salivant à l’avance à l’idée de le voir jouer avec son compatriote Ivan Demidov, soit dans les environs du dernier repêchage, les Maple Leafs abattaient aussi un travail de fond.

La conclusion d’un échange majeur comme celui-ci prend du temps, a rappelé Chayka, et ce n’est que lors des dernières semaines que les discussions sont devenues plus tangibles. Toronto a finalement obtenu la permission de discuter avec l’agent de Marchenko, le coloré Dan Milstein, lundi matin seulement.

Il fallait négocier cette prolongation de contrat à laquelle tenait le joueur. Les Leafs lui ont consenti une entente de six ans, qui entrera en vigueur l’automne prochain, d’une valeur moyenne annuelle de 12,5 millions de dollars.

Avec ce qu’il a accompli, en fonction du marché et de ce qu’on prévoit qu’il deviendra, ça cadrait avec nos plans. C’est un joueur autour duquel on peut bâtir, a ajouté le gestionnaire de 37 ans.

Montréal fend l’air

De toute cette saga, il y a cette impression que le Canadien s’est un peu fait tirer le tapis sous les pieds par son éternel rival. Montréal attend son heure depuis longtemps maintenant, tapi en embuscade, prêt à bondir sur un joueur dit de top 6 qui pourrait devenir disponible et qui, idéalement, serait dans la même tranche d’âge que les meneurs de l’équipe. C'est une denrée rarissime.

Kirill Marchenko, à 26 ans, avec son talent, cadrait parfaitement dans cette définition.

Est-ce le salaire faramineux consenti à l’ailier de 1,91 m (6 pi 3 po) qui a fait douter Hughes? Ce serait étonnant. Le DG du Canadien a souvent dit qu’il était prêt à surpayer pour le bon joueur maintenant que tous ses meilleurs joueurs sont sous contrat à long terme et que son avenir comptable est prévisible. Surpayer en argent et peut-être même en actifs, a-t-il déjà laissé entendre.

Mais quels actifs?

Le Canadien a quantité de choix de repêchage ou de talentueux espoirs à offrir. Le problème, dans ces deux cas, est que ni le choix ni l’espoir n’a déjà joué dans la Ligue nationale et que Columbus voulait des joueurs établis et prometteurs à la fois. Voilà ce qu’est Knies. Tellement que le Tricolore a bien failli lui mettre la main au collet dans un échange qui a avorté à la dernière seconde à la date limite la saison dernière.

En acquérant Marchenko, les Leafs sortent autant le Russe que Knies du marché. Coup double pour Toronto, coup de boutoir à Montréal.

Le contexte actuel ne favorise pas le Canadien.

Les équipes aux prises avec des joueurs qui souhaitent changer d’air tentent toutes de demeurer compétitives. Personne, si ce ne sont que ces pauvres Canucks de Vancouver et Flames de Calgary, souhaite reconstruire alors, autant pour les espoirs et les choix.

Pour obtenir Marchenko, Hughes aurait eu à donner des joueurs de sa formation et, visiblement, le directeur général n’est pas encore prêt à franchir cette ligne. Le CH veut ajouter du talent, purement et simplement, comme il a pu le faire avec Chris Kreider, et non soustraire à la fois. Hughes continue à essayer de vendre le rêve de l’avenir reluisant lorsqu’il marchande avec ses collègues.

Aucun d’entre eux n’a encore mordu. Il faudra se montrer créatif. Sinon, le DG pourrait bien fendre l’air à nouveau.

 Tellement hockey

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