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Le ministre Miller souhaite la réinstallation de la statue de Champlain à Orillia

1 week ago 20

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Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, souhaite que la statue controversée de Samuel de Champlain déboulonnée récemment à Orillia, en Ontario, soit replacée sur son socle. Certains y voient pourtant un symbole colonialiste incompatible avec les efforts de réconciliation avec les Premières Nations.

La sculpture vandalisée représentant le fondateur de la ville de Québec a été démantelée en juin. Elle repose depuis dans un terrain vague, sous une bâche en plastique.

C’est malheureux que ça ait été déboulonné, puis moi, je pense que ça devrait être réintégré dans la communauté, a exprimé M. Miller en entrevue. C’est mon avis, je peux m’ingérer, mais pas plus que ça, précise celui qui a déjà été ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Services aux Autochtones.

Les statues sont des expressions de notre identité.

Je ne pense pas qu’on devrait déboulonner quoi que ce soit. Il y a lieu d’avoir des conversations sur le legs, mais de façon respectueuse et c’est la même observation que j’ai envers John A. Macdonald, qui n’a pas été très fin, évidemment, envers le Québec.

Des policiers montent la garde à côté de la statue, couchée de tout son long.

Dans les dernières années, plusieurs statues de John A. Macdonald au pays ont été déboulonnées et retirées de leur socle. Le premier premier ministre du Canada est une figure controversée en raison notamment de son implication dans la création des pensionnats pour Autochtones. Il avait aussi refusé de permettre un appel de la condamnation à la pendaison du chef métis Louis Riel.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Il faut être organisé, clair, net et précis dans notre pensée et ne pas essayer de faire tout et n’importe quoi en même temps, ajoute M. Miller. Donc, si les gens veulent déboulonner quelque chose, essayons de savoir pourquoi, essayons de les convaincre du contraire.

Le statu quo

Le maire d’Orillia est encouragé par les propos du ministre. C’est de la musique à mes oreilles, lance Don McIsaac. Il souhaite revoir la statue sur son socle, mais avec des modifications.

Le monument original mettait en scène Samuel de Champlain, entouré à ses pieds d'Autochtones, aux côtés d’un missionnaire récollet et d’un marchand de fourrures. Un groupe de travail mandaté par le conseil municipal proposait de mettre tous les personnages sur un même pied d’égalité et de retirer le père récollet en guise de reconnaissance des torts mis en lumière par la Commission de vérité et réconciliation.

Des bâches bleues recouvrent de gros objets entourés d'arbres et de flaques d'eau.

Les cinq éléments du monument de Samuel de Champlain sont sous une bâche dans un terrain vague de la municipalité d'Orillia, en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Richer

Depuis que la statue est entreposée sur un terrain vague, le conseil municipal ne s’est toutefois pas penché sur son avenir, déplore M. McIsaac. La dissension est telle à la table du conseil municipal, que les échanges deviennent rapidement toxiques, selon lui.

Une trentaine de groupes et municipalités ont offert à la Ville d’Orillia de reprendre la statue, dont Tadoussac.

Maintenant, nous sommes pris, on ne va nulle part, il y a des gens qui veulent revoir la statue et d’autres qui ne veulent pas.

Je ne pense pas que nous reverrons la statue. Je pense qu’elle restera entreposée et qu’on l’oubliera.

Don McIsaac.

Le maire d'Orillia Don McIsaac

Photo : Radio-Canada / Stéphane Richer

Une partie de cette indécision s’explique sans doute par l’approche des élections municipales en Ontario, concède le maire, qui avait décidé, bien avant cette controverse, de ne pas solliciter un autre mandat.

La Première Nation des Chippewas de Rama, dont fait partie une militante arrêtée pour avoir vandalisé la statue, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

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