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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwaySeize chambres de commerce du Grand Montréal lancent un signal d’alarme aux candidats qui aspirent à diriger le Québec : avec les seuils actuels d’immigration, le déclin démographique du Grand Montréal pourrait mener la région dans le mur dans les prochaines années.
La grande région de Montréal pourrait perdre plus de 113 000 habitants d’ici 2035, si les orientations actuelles en matière d’immigration sont maintenues, selon une étude qui sera rendu publique aujourd'hui.
Radio-Canada a pu consulter l’étude commandée à la firme Aviseo par ce regroupement de chambres de commerce de la région de Montréal, de Laval ainsi que des couronnes Nord et Sud.
Elle s’appuie notamment sur des projections de l’Institut de la statistique du Québec et sur un sondage mené auprès de 500 entreprises de la région. Le rapport souligne que d’ici deux ans la population du reste du Québec pourrait surpasser celle du Grand Montréal.
Le porte-parole de ce regroupement, Jean-Denis Charest, prévient que le Grand Montréal pourrait subir un second choc au même moment. On sera beaucoup moins de population active pour financer les services qui servent de plus en plus de gens à l'extérieur du marché du travail, explique-t-il en entrevue.
Si le Grand Montréal, la locomotive économique qui représente environ la moitié de la population de la province, vit ce double choc, c’est tout le Québec qui en fera les frais, ajoute celui qui est PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal.

Jean-Denis Charest déplore que Montréal fasse très peu partie des sujets soulevés dans cette campagne électorale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Émiliano Bazan-Montanez
On pourrait voir des entreprises qui ferment, des chaînes d'approvisionnement perdent leur structure, et ça pourrait avoir un coût économique extrêmement important, ajoute-t-il.
En 2024 et en 2025, le nombre de décès a surpassé le nombre de naissances au Québec. Selon l’étude, le Québec s’appuie désormais exclusivement sur l’immigration pour soutenir sa croissance démographique.
L’automne dernier, le gouvernement de la CAQ a adopté une cible de 45 000 immigrants permanents par année de 2026 à 2029, une baisse de 20 000 par rapport au nombre de nouveaux arrivants accueillis en 2025. La cheffe caquiste Christine Fréchette promet de maintenir ce seuil, si elle est portée au pouvoir le 5 octobre prochain.
Du côté du Parti québécois, on souhaite plafonner l’immigration permanente à 35 000 personnes par année. Le libéral Charles Milliard, lui, a laissé entendre qu’il souhaite que ce seuil se situe entre 45 000 et 70 000.
Pour sa part, Québec solidaire accueillerait 70 000 immigrants permanents par année. Quant au Parti conservateur du Québec, il n'a pas chiffré de cible, mais il souhaite plutôt que les municipalités et les MRC puissent établir leurs besoins.
Or, Jean-Denis Charest estime que pour maintenir la position économique de la métropole, le Grand Montréal devrait accueillir à lui seul grosso modo 40 000 immigrants permanents par année.
De plus, il estime que le débat actuel sur la place publique est très simpliste sur la question de l’immigration et déplore que les politiciens ne parlent que très peu de Montréal dans cette campagne électorale.
Ça prend, oui, des régions fortes, mais ça prend aussi une métropole forte. J'appelle à un changement de discours et surtout un changement de posture des partis politiques. Honnêtement, ce n’est pas normal qu'on n’ait pas du tout ou presque pas parlé de Montréal dans cette campagne électorale.
Appel à dépolitiser la question
En présentant ce rapport, les chambres de commerce souhaitent que la question sorte des joutes partisanes, et demandent aux partis politiques de s’engager à tenir des états généraux sur l’immigration.
Selon elles, il faudrait notamment s’entendre sur la définition exacte d’une expression à la mode dans les dernières années : la capacité d’accueil.
La réalité est la suivante : la capacité d'accueil varie en fonction des régions, varie au sein même des régions et varie aussi selon le type de nouveaux arrivants, explique M. Charest.
Quand on fait des grandes déclarations en disant que la capacité d'accueil est limitée, on n'a pas une réelle lecture de la situation. Ça nous empêche de faire des politiques publiques beaucoup plus stratégiques, qui permettraient à la fois de répondre aux besoins du marché du travail et de renverser la tendance démographique tout en respectant cette capacité d'accueil, affirme-t-il.


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