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Le diable s’habille en Prada 2 : une suite réussie avec Streep et Hathaway

1 month ago 9

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Le souvenir de la sortie du premier opus est encore dans toutes les mémoires : on est en 2006, voilà deux ans que les âmes en peine de la mode et des écrans tentent de se remettre de la fin de Sexe à New York (Sex and the City) et donnent une chance à Chère Betty (Ugly Betty). L’ère de la mode pré-Instagram a ses idoles. Parmi elles, Anna Wintour, qui règne depuis près de 20 ans sur la bible mensuelle du glamour : l’édition américaine de Vogue.

C’est dans ce contexte que sort Le diable s’habille en Prada (Devil Wears Prada), adapté du livre éponyme de Lauren Weisberger, ancienne assistante d’Anna Wintour.

Meryl Streep y incarne l’avatar de ce personnage aussi puissant qu’aigri, aussi drôle qu’obscène dans sa façon de traiter ses semblables, et notamment ses assistantes, les Emilies, interprétées par Emily Blunt et Anne Hathaway.

Le film est aujourd’hui si ancré dans la culture populaire que la suite était aussi crainte que désirée. Il a fallu 20 ans pour qu’elle voie le jour, mais le résultat est là, et il ne démérite pas.

Journaliste sérieuse

Le temps a passé. Andy Sachs (Anne Hathaway) évolue désormais bien loin du milieu de la mode. Elle est maintenant une journaliste d’investigation primée, employée du New York Vanguard. Alors qu’elle assiste à un déjeuner de gala où elle doit recevoir une nouvelle récompense, elle et toute son équipe sont licenciées par texto.

Meryl Streep et Stanley Tucci.

Meryl Streep et Stanley Tucci font partie de la distribution originale du « Diable s’habille en Prada » qui est entièrement présente dans ce nouvel opus.

Photo : 20th Century Studios / Macall Polay

Le soir même se tient le gala de la revue Runway (qui n’est pas sans rappeler celui du Met). Miranda Priestly (Meryl Streep) y apparaît en majesté vêtue d’une splendide robe rouge, c’est dans ce moment mal choisi que son bras droit, Nigel Kipling (Stanley Tucci), lui apprend qu’elle est au cœur d’un scandale mêlant fast fashion et droits de la personne.

Le patron de Runway décide alors de proposer à Andy Sachs de revenir à la rédaction pour y faire le travail qu’elle faisait au New York Vanguard et ainsi redorer l’image du magazine dirigé par Miranda Priestly. Mais celle-ci ne l’entend pas de cette oreille…

Renouer avec de vieux réflexes

Lors des retrouvailles, la rédactrice en chef n’a aucune idée de qui est Andrea Sachs et celle qui est désormais une journaliste chevronnée retombe instantanément dans son besoin de validation.

Ce déséquilibre, qui caractérisait la relation entre les deux femmes 20 ans plus tôt, est plus fort que jamais. Néanmoins, un rapport d’égal à égal se tisse au fur et à mesure que le film avance… Et que les difficultés s’empilent.

L’ensemble de la distribution est resplendissante, si Miranda Priestly a refusé de changer, le monde autour d’elle et son entourage a beaucoup évolué. Outre Andy Sachs, on retrouve Emily Charlton (Emily Blunt), désormais cadre supérieure chez Dior, qui, malgré un salaire confortable, est devenue une croqueuse de diamants professionnelle.

Le diable s’habille en Prada 2 est la manifestation de ces antagonismes qui traversent le milieu des médias actuels : entre ceux qui, soumis aux annonceurs, privilégient l’image, le numérique et la forme sur le fond, et les autres, qui œuvrent à un journalisme de prestige, cher et difficilement finançable, les raconteurs d’histoires, partisans du papier et de la profondeur de champ.

Avec ces questions en toile de fond, le sujet est bien différent entre le film original et sa suite. Dans le premier, il était question de faire sa place dans le monde, de se réaliser à travers un univers hostile sans perdre de vue qui ils ont été. Avec ce second volet, les personnages sont plus nuancés, plus expérimentés et laissent émerger les fêlures qui sont l’apanage de l’existence.

Meryl Streep.

«  Le diable s’habille en Prada 2 » n’est pas inspiré d’un livre, comme le premier volume. Les personnages évoluent dans un scénario original.

Photo : 20th Century Studios / Macall Polay

Un changement qui apparaît aussi à travers la direction photo, moins colorée et acidulée que la palette en vigueur en 2006. Les admirateurs du film culte ont aussi vieilli et les images qu’ils consomment aussi.

Une suite cohérente

Cela n’empêche pas à ce deuxième opus d’être très chic. On ne compte pas le nombre de références aux marques qui font l’époque. Donatella Versace s’offre le luxe d’une apparition, Lady Gaga pousse la chansonnette pour Dolce et Gabbana  et la beauté des costumes est une réussite, que ce soit les tenues pour assister aux défilés ou se retrouver pour une sauterie dans les Hamptons : il n’y a aucun (fashion) faux pas.

Le diable s’habille en Prada 2 n’est pas un énième redémarrage de franchise. Il a sa singularité propre et apporte une suite cohérente au premier volet. Il a été si long de convaincre la distribution (et notamment Meryl Streep) de s’engager dans ce projet, qu’on doute qu’il soit encore possible de voir l’ensemble de la distribution originale portée à nouveau à l’écran un jour.

Plus grave, moins flamboyant que le précédent, ce film donne la sensation satisfaisante de revoir de vieux amis après deux décennies bien remplies, sans la tristesse d’une nostalgie teintée de regrets. On est davantage invités à regarder devant nous et à accepter notre maturité et (peut-être) le déclin inévitable des humains et de leurs créations.

Le diable s’habille en Prada 2, réalisé par David Frankel, avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci et Emily Blunt. En salle au Canada à partir du 1er mai. Durée : 1 h 59.

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