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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL'Iran continue de bloquer la quasi-totalité du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, ce goulet d'étranglement par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL). Et les voies de contournement sont limitées.
Selon les données de Lloyd’s List Intelligence, seulement 15 transits ont été enregistrés dans le détroit entre le 15 et le 17 mars derniers. Environ 90 % de cette activité est liée à l’Iran, que ce soit par l'entremise du commerce ou de la propriété. En comparaison, environ une centaine de bateaux (nouvelle fenêtre) franchissaient le détroit chaque jour avant le début de la guerre.
Depuis le 1er mars, l'Organisation maritime internationale (OMI) a recensé (nouvelle fenêtre) 17 incidents contre des navires, dont huit sur des pétroliers.
Pas seulement une crise du pétrole
Selon l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), quelque 20 millions de barils de pétrole sont acheminés par le détroit d'Ormuz chaque jour. De plus, environ un cinquième du commerce mondial de GNL y transite aussi, principalement en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis.
En 2022, environ 82 % du pétrole brut et des condensats qui ont passé par ce détroit étaient destinés à l’Asie (dont l'Inde et le Japon), indique l'EIA.
Toutefois, les navires ancrés dans le golfe Persique ne sont pas que des pétroliers. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, environ 1,33 million de tonnes d'engrais sont exportées chaque mois via le détroit d'Ormuz.
En 2024, les pays asiatiques ont reçu 35 % des exportations d'urée, 53 % des exportations de soufre et 64 % des exportations d'ammoniac du Golfe, selon l'entreprise Kpler, spécialisée dans les données sur les matières premières.
L'Inde obtient de cette région plus de 40 % de l’urée et de l’engrais phosphaté dont elle a besoin. Par ailleurs, presque la moitié des importations d'engrais du Brésil transite par le détroit d'Ormuz.
Une fermeture prolongée du détroit fait craindre des pénuries, ce qui aurait un effet sur les cultures dépendantes de l'azote, telles que le maïs, le blé et le riz. D'autres producteurs d'engrais, notamment la Russie, la Chine, les États-Unis et le Maroc, n’ont pas suffisamment de réserves pour combler le déficit.
La région du Golfe produit également 8 % de l'offre mondiale d'aluminium (5 millions de tonnes par année).
De plus, le tiers des réserves mondiales d'hélium commercial provient du Qatar et passe normalement par le détroit. L'hélium est indispensable aux appareils d'imagerie par résonance magnétique, à l'aérospatiale et à la fabrication de micropuces destinées à l'intelligence artificielle.
Possible de contourner le problème?

Les installations pétrolières de Saudi Aramco à Abqaiq, en Arabie saoudite.
Photo : Reuters / MAXIM SHEMETOV
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les exportateurs du Golfe commencent à réorienter le pétrole vers des oléoducs qui contournent le détroit.
Par exemple, dès le début du conflit, l'Arabie saoudite a accru la quantité de pétrole transporté par son oléoduc est-ouest. Ce pipeline de 1200 km de long peut transporter du pétrole brut du gisement de pétrole d'Abqaiq jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge.
Les flux qui transitent par cet oléoduc est-ouest sont passés d'une moyenne de 1,7 million de barils par jour en 2025 à 5,9 millions de barils par jour le 9 mars dernier. L'oléoduc devrait atteindre sous peu sa capacité maximale de 7 millions de barils par jour.
Pour leur part, les Émirats arabes unis ont augmenté leurs exportations via l'oléoduc Habshan-Fujaïrah, qui relie leurs gisements pétroliers du port de Fujaïrah au golfe d'Oman. Le débit de ce pipeline est passé d’un million de barils par jour à 1,8 million de barils par jour, soit la capacité maximale quotidienne de ce conduit. Cette route occidentale est également exposée à des attaques des Houthis du Yémen, un groupe soutenu par l'Iran.
Ainsi, ces deux pays disposent d'une capacité de transport supplémentaire pouvant atteindre 5,5 millions de barils par jour.
L'Irak, le Koweït et le Qatar n'ont actuellement aucune option de rechange.
Avant la guerre, l'Irak expédiait son pétrole à partir de ses infrastructures portuaires de Bassorah, dans l'extrême sud du pays, son unique accès à la mer du Golfe et, via le détroit d'Ormuz, au reste du monde. Sans issue pour son pétrole, l'Irak a été contraint de réduire sa production d'environ 70 %.
Ces voies de contournement sont loin d’être suffisantes, estiment la société d'analyse Kpler et l'EIA. Ces pipelines peuvent transporter environ 15 % du brut actuellement acheminé par navire dans le détroit d’Ormuz.
C’est pourquoi Kpler suggère que les raffineurs asiatiques intensifient leurs achats de cargaisons longue distance en provenance du bassin atlantique, même si ces routes commerciales sont beaucoup plus longues.
Enfin, le transport par camion n’est pas une option réaliste. Notons qu’un pétrolier peut transporter environ 2 millions de barils de pétrole brut, tandis qu'un camion-citerne standard ne peut généralement en transporter que de 150 à 200 barils.
Pour atteindre les 20 millions de barils par jour qui transitent habituellement par le détroit d'Ormuz, il faudrait des centaines de milliers de trajets en camion chaque jour.
Escorter les navires
Selon LLoyd’s List (nouvelle fenêtre), plusieurs gouvernements – dont ceux de l’Inde, du Pakistan, de l’Irak, de la Malaisie et de la Chine – seraient en pourparlers directs avec Téhéran pour créer un système d’enregistrement et de contrôle géré par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Au moins neuf navires ont déjà obtenu un droit de passage depuis le début du conflit. Ils ont dû passer près de l’île iranienne de Larak pour permettre un contrôle par la marine du CGRI. LLoyd’s List affirme qu’un pétrolier aurait payé 2 millions de dollars pour obtenir ce droit de passage.
Cette semaine, l'Organisation maritime internationale (OMI) a demandé l'ouverture d'un couloir sécurisé pour évacuer les quelque 2000 bateaux et 20 000 marins bloqués dans le Golfe.
Le président américain Donald Trump promet depuis plusieurs jours d'envoyer une mission d'escorte.
Il a été suggéré que de petits navires militaires, par exemple des destroyers ou des frégates, ainsi que des avions et des hélicoptères pourraient assurer la protection des pétroliers dans le détroit d'Ormuz.
Donald Trump a insisté lundi pour que les alliés des États-Unis participent à la sécurisation du détroit d'Ormuz. Sa demande auprès de ses alliés est d'abord restée lettre morte.
Jeudi, le Canada, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Japon se sont engagés à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz. La nature de cette contribution – qu’elle soit logistique, militaire ou financière – n'a pas été spécifiée.
La probabilité que les belligérants mettent un terme aux attaques sur les installations pétrolières est très basse, a dit Miloud Chenouffi, professeur de relations internationales et directeur des études supérieures au Collège des Forces canadiennes, en entrevue à l'émission Tout un matin. Il a ajouté que la déclaration des sept pays est tellement ambiguë que cela n'aura aucun impact sur la guerre.
De plus, il n'est pas clair si ces pays autoriseraient une intervention militaire dans l'éventualité où un navire commercial escorté serait pris pour cible.
Si Washington affirme que la marine iranienne a été en grande partie détruite, Téhéran dispose toujours de missiles, de drones et de petits navires d'attaque qui pourraient être utilisés pour menacer le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. De plus, l'Iran est soupçonné d'avoir placé des mines à la surface et à quelques mètres sous l'eau.

Des soldats de l'armée iranienne lors d'exercices navals dans le détroit d'Ormuz en décembre 2011.
Photo : Getty Images / AFP
Il faut aussi rappeler qu'à son point le plus large, ce point de passage stratégique mesure 33 kilomètres. Le détroit n'est assez profond pour les grands navires que dans sa partie centrale. Ainsi, les bateaux doivent naviguer dans un chenal d’une dizaine de kilomètres de large, ce qui les rend vulnérables aux attaques.
Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a déclaré que les escortes navales ne garantissent pas la sécurité des navires marchands et ne constituent pas une solution viable.
Un détroit historiquement sous haute tension
S'il s'agit de la première fois que le détroit d’Ormuz est bloqué, le transport maritime y a toutefois été perturbé à plusieurs reprises au fil des ans. Des incidents entre les marines américaine et iranienne se sont multipliés en 2018 après le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien.
En outre, au cours des trois dernières semaines, des dizaines de raffineries, de champs pétroliers, d'usines de gaz, de ports et d'autres infrastructures énergétiques ont été endommagés par des frappes de missiles et de drones dans le golfe Persique. Les attaques de l’Iran se sont intensifiées depuis la frappe israélienne sur son champ gazier de South Pars/North Dom et sur le terminal pétrolier de l’île de Kharg.
Les installations de South Pars jouent un rôle central dans l'approvisionnement national en gaz naturel de l'Iran et dans son système énergétique global. La vente de ce pétrole soutient une part importante de l'activité économique du pays et des recettes du régime.


2 months ago
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