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Le Canadien joue son meilleur hockey, estime Kaiden Guhle

2 months ago 11

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Quand on regarde la fiche d’une équipe, on peut tracer la ligne où l’on veut pour déterminer son succès ou ses ennuis. Ça peut être extrêmement arbitraire.

Après deux performances décevantes face à des équipes de Californie, par exemple, et après un fâcheux revers à Detroit, on pouvait s’attarder sur le fait que le Canadien venait de perdre trois de ses quatre derniers matchs à un moment où tout le monde avait l’air de gagner autour de lui.

Panique au village.

Joueurs et entraîneurs travaillent très fort pour rester concentrés sur le portrait global et ils évitent de s’emballer comme tous les partisans du CH ont semblé s’emballer cette semaine.

Considérons les choses d’un autre angle : le Canadien avait devant lui la semaine la plus importante de son calendrier jusqu’à maintenant. Il en ressort avec deux victoires sur trois, ayant encaissé aux mains des Red Wings une défaite qui tenait à bien peu de choses.

Mais surtout, l’équipe estime avoir profité de cette semaine pour redresser son jeu et s’être vraiment armée en vue de la dernière étape de la saison.

Je repense à notre gros match de mardi soir. On aurait pu gagner à Détroit, mais on a été victime de quelques drôles de rebonds et on a perdu. Mais je ne pense pas que personne n’était inquiet, a dit Kaiden Guhle après que le Canadien eut pris la mesure des Islanders de New York 7-3, samedi soir.

 On joue parmi le meilleur hockey que je nous ai vus jouer depuis que je suis ici. Tout le monde comprend quel genre de style de jeu on doit adopter et quelles choses on doit faire.

Dans les heures précédant la victoire face aux Islanders, les joueurs du Canadien – Cole Caufield en tête, celui-là même qui allait plus tard inscrire un tour du chapeau – parlaient du fait que le Canadien doit établir un style un brin ennuyant tôt dans la rencontre. C’est de cette façon qu’il peut connaître le plus de succès.

Et voilà qu’ils collent sept buts aux Islanders dans ce qui a eu l’air d’une démonstration de force de l’attaque montréalaise. Caufield connaît la première soirée de cinq points de sa carrière, Juraj Slafkovsky a sa première soirée de quatre points…

Mais derrière ces bonheurs naturels, il y a sous le capot d’autres éléments qui réjouissent le Canadien et lui font penser qu’ils tiennent quelque chose.

Cela fait trois matchs de suite qu’ils ont le meilleur sur l’adversaire, a noté l’entraîneur-chef Martin St-Louis, et l’équipe semble avoir mis en application une leçon fondamentale, celle de valoriser les présences prolongées en zone adverse.

Certains de ses joueurs apprennent à la dure comment bien générer de la possession en zone adverse, mais le résultat à Détroit n’a rien changé au fait que le Canadien croit enfin tenir quelque chose.

« Cette version de nous-mêmes, on l’a vue tout au long de la saison, mais on la perd parfois, comme n’importe quelle équipe, a indiqué St-Louis. Il faut savoir se ressaisir et se concentrer sur l’essentiel. C’est ce genre de version dont on a besoin pour aborder la fin de saison. »

Les séries ont commencé, en fonction du classement et de la façon dont les autres équipes jouent autour de nous.

Notre équipe est en train de trouver sa meilleure version, mais une équipe ne peut pas trouver sa meilleure version sans que chaque joueur trouve la sienne, et beaucoup de gars commencent à trouver leur meilleure version.

C’est ce que ce match face aux Islanders a vraiment mis en évidence.

Des identités retrouvées

Avant d’affronter les Bruins de Boston, mardi, Guhle estimait que le Canadien avait été trop facile à affronter dans les matchs précédents, que le temps était venu d’être plus coriace et qu’un peu tout le monde avait péché en étant trop soft, l’une des critiques les plus virulentes qu’on entende dans la LNH.

Le soir venu, Guhle a répondu avec une excellente performance. Il ne l’a pas vraiment répétée à Detroit, mais il était au sommet de sa forme face aux Islanders, samedi.

Le défenseur de 24 ans a mis beaucoup de temps à se mettre en marche après avoir été à l’écart du jeu en raison d’une blessure. Guhle est crucial pour les succès défensifs du Canadien étant donné que son profil de défenseur défensif et robuste est rarissime à Montréal. Le CH a besoin qu’il soit au sommet de ses moyens pour que la brigade défensive soit correctement outillée.

Or, Guhle a profité de cette semaine déterminante pour renouer avec le joueur qu’il peut être.

J'ai un peu retrouvé mon identité, a dit Guhle après le match. J'ai manqué tellement de matchs dans la dernière année. Ce n'est pas qu'on oublie, mais on perd un peu l’essence qui nous a permis d'arriver à ce niveau-là. C’est pourquoi j'ai regardé des matchs de mes deux premières années ici et ce que je faisais à l'époque. Ça m'a aidé à retrouver mon jeu.

Guhle ne voulait pas se soucier des points. Il voulait simplement faire le travail défensivement et un emmerdeur de première pour l’autre équipe. Il y est parvenu face aux Islanders, mais, ce faisant, il a quand même récolté trois points dans la rencontre.

Allez savoir.

Deux hockeyeurs célèbrent un but.

Juraj Slafkovsky et Cole Caufield ont tous les deux connu la soirée la plus productive de leur jeune carrière, samedi.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Juraj Slafkovsky en est un autre qui pointe au bon moment.

Le Slovaque a eu l’air de traverser un petit blues post-olympique à son retour de Milan. Non seulement a-t-il retrouvé le niveau de production qu’il affichait autrefois avec Nick Suzuki et Cole Caufield, mais des matchs comme celui de samedi laissent croire qu’il est en train d’atteindre de nouveaux sommets.

Sa performance face aux Islanders conjuguait pour la première fois les avantages de jouer avec les meilleurs attaquants de l’équipe et l’expérience acquise durant les matchs où St-Louis l’a muté sur le deuxième trio.

 Slaf a pris beaucoup d'assurance en imposant son propre rythme, a noté Caufield. Il a fait beaucoup de bonnes choses et a aidé d’autres coéquipiers, ce qui a été énorme pour notre groupe. Il revient sur notre trio fort de cette confiance et c'est exactement le genre de joueur qu’on attend chaque soir. Vous avez vu ce soir à quel point il peut être bon; ça doit être vraiment pénible de l'affronter. C'est un talent exceptionnel qu’on a là. 

À l’instar de Guhle, Slafkovsky renoue avec son identité. Il a certes marqué deux buts et ajouté deux mentions d’aide, se présentant comme un élément crucial de l’avantage numérique, mais il a utilisé son gros gabarit pour gagner ses batailles et s’imposer physiquement, avant et après le sifflet.

Slafkovsky éclipse toutes ses marques personnelles et il a désormais de bonnes chances d’atteindre le cap des 30 buts.

Vers une saison de 100 points?

Le trio de Suzuki a été confronté à celui de Bo Horvat toute la soirée et la domination de la première unité du Canadien a été sans appel.

Tant et si bien que Mathew Barzal, qui n’est pas exactement un pugiliste du dimanche, a voulu forcer Suzuki à jeter les gants après que le Canadien eut mis le match hors de portée des Islanders.

 Je ne me suis jamais battu et je ne pensais pas que le temps était venu de le faire , a mentionné le capitaine du Canadien.

Ce qu’a fait Suzuki, par contre, ç’a été de continuer sur une cadence offensive de tous les diables.

Vous vous souvenez de sa poussée de fin de saison l’an dernier, quand il avait été au centre des succès du Canadien au retour de la Confrontation des 4 nations? D’une certaine façon, Suzuki est en train de faire la même chose en ce moment.

Suzuki pointe au quatrième rang des marqueurs de la LNH depuis la fin des Jeux olympiques avec une récolte de 20 points en 12 matchs. On a beaucoup parlé de Caufield et du plateau qu’un joueur du Canadien avait atteint pour la première fois depuis 1994, mais Suzuki a sa propre marque personnelle à abattre. Il a désormais des chances d’être le premier marqueur de 100 points dans une saison pour le Canadien depuis Mats Naslund en 1985-86.

Quant à Caufield, qui est atteint de la fièvre du samedi soir, il a poursuivi contre les Islanders une impressionnante cueillette.

Les 50 buts sont à sa portée. Il faut juste ne pas lui en parler.

Il est félicité par ses coéquipiers.

Alex Newhook

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Soulagement pour Newhook

Cette semaine aura aussi été un apprentissage pour ceux qui n’affichent pas encore la meilleure version d’eux-mêmes.

C’est le cas d’Alex Newhook, qui a marqué le deuxième but du Canadien samedi, un but qui a vraiment aidé le CH à revenir dans le match lors d’une deuxième période assez décousue.

Newhook avait joué moins de dix minutes dans les deux matchs précédents et il s’était attiré les foudres de son entraîneur deux soirs plus tôt.

Son trio essaie de s’ajuster à un style moins permissif, où il faut y aller au pic et à la pelle plutôt qu’espérer de belles montées sur la contre-attaque.

Les Islanders leur en ont quand même donné plus que ne l’avaient fait les Bruins et les Red Wings, et le trio de Newhook en a profité. Oliver Kapanen s’est fait donner suffisamment d’espace pour faire une entrée en contrôle du disque en deuxième, et cela a mené au but égalisateur de Newhook.

Un but qui lui a fait du bien.

« Le match à Détroit aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre, mais on a quand même défini la stratégie qui devrait nous permettre de remporter des matchs et d’avoir du succès dans la dernière ligne droite. On ne concède pas beaucoup. À 5 contre 5, on a créé plus d'occasions que nos adversaires lors des trois derniers matchs, et c'est ce qui compte. »

C'était une belle performance de s'en tenir à ce qu’on voulait faire sans que la frustration bousille notre processus.

Le Canadien n’est pas sorti du bois. La meute à ses trousses est si proche et si nombreuse qu’il lui faudra plus ou moins répéter ce qu’il a accompli cette semaine au cours des quatre dernières semaines de la saison.

Or, nous sommes devant un groupe déterminé à garder le cap, un groupe qui croit en ses moyens et qui a confiance qu’il pourra distancer ses rivaux.

Marquer sept buts dans un match n’est peut-être pas une recette qu’il pourra répéter souvent, mais tenir l’adversaire en respect au chapitre de marquer et trouver des façons de prolonger les présences en zone adverse sont des actions que le Canadien a plus de chance de répéter.

Il tient quelque chose. À lui maintenant de ne pas le lâcher.

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