Language Selection

Get healthy now with MedBeds!
Click here to book your session

Protect your whole family with Orgo-Life® Quantum MedBed Energy Technology® devices.

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

La Transcanadienne, la Loi sur les Indiens et les Malécites

1 month ago 18

PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY

Orgo-Life the new way to the future

  Advertising by Adpathway

Lorsqu'on emprunte la Transcanadienne entre Rivière-du-Loup et Fredericton, le centre commercial Grey Rock, à l'entrée d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, est une étape incontournable. Véritable carrefour de services et point d'arrêt pratique, il appartient à la Première Nation malécite (wolastoqey) du Madawaska. Bien que l'éclatante réussite économique de celle-ci suscite aujourd'hui l'admiration de plusieurs, elle est le fruit d'un parcours semé d'embûches.

Grey Rock, c’est d’abord une vision qui s’est forgée il y a plus de 50 ans, lorsque John Wallace était le chef de la Première Nation. C’est lui qui, le premier, a envisagé une zone de développement économique à proximité de l'autoroute qui traversait la communauté. Il a même commandé une étude de faisabilité. Mais la lourdeur bureaucratique de la Loi sur les Indiens, dont on vient de souligner le 150e anniversaire, a tué le projet dans l’œuf.

Selon la Loi, toutes les terres d’une communauté sont réservées pour l’utilisation exclusive de ses membres. Les entreprises non autochtones ne peuvent donc pas s'y installer, à moins d’une entente avec le gouvernement fédéral.

Même pour les entrepreneurs autochtones, ce n'est pas une sinécure. L’insaisissabilité des biens d’un membre qui réside dans sa communauté fait en sorte que les banques sont réticentes à octroyer des prêts hypothécaires, pourtant essentiels au démarrage d’une entreprise.

Joanna Bernard dans son bureau à Edmundston.

Joanna Bernard a d’abord été conseillère, puis cheffe de la Première Nation malécite du Madawaska de 2003 à 2013.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

Quand elle est devenue cheffe, en 2003, Joanna Bernard a décidé de s’attaquer à cette question. Celle qui avait d’abord été conseillère s’intéressait sérieusement au développement économique, ayant suivi des cours pendant quelques années pour apprendre à faire des plans d'affaires et de la comptabilité.

Dès le début, elle avait une vision très claire de ce qu'elle voulait pour sa communauté.

Maquette du développement commercial Grey Rock

Maquette du développement commercial Grey Rock au conseil de bande de la Première Nation.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

La première étape a été de tirer parti de l’entente de partage des revenus fiscaux signée avec la province en 1994 et qui ramassait la poussière sur une étagère, remarque Mme Bernard, qui est maintenant à la tête de l'Assemblée des Premières Nations pour la région de l’Atlantique.

En vertu de cet accord, les six communautés wolastoqey du Nouveau-Brunswick conservent 95 % des taxes qu’elles perçoivent sur l'essence, les cigarettes et les ventes dans les commerces de détail situés dans les communautés, jusqu'à concurrence de 8 millions de dollars. Les Mi'kmaw ont un accord similaire.

Je me suis dit : "on va dépoussiérer ce papier et profiter de l’accord fiscal", explique Joanna Bernard, dans son bureau, chez elle, à deux pas des locaux du conseil de bande. On attirera des entreprises et on bénéficiera de toutes les taxes qu'elles collecteront.

La meilleure chose [que nous pouvons faire] est de gagner notre propre argent plutôt que d’attendre les subventions du gouvernement pour ainsi pouvoir réaliser notre propre budget.

Il faut dire que la Première Nation malécite du Madawaska bénéficie d’un atout : la communauté, située à côté d'Edmundston, est l'une des quelques collectivités autochtones traversée par l’autoroute transcanadienne. Un avantage que l’ancienne cheffe a décidé d’exploiter.

Les gens passaient sur notre autoroute à 80 milles à l’heure, il n’y avait aucun endroit où arrêter, note Joanna Bernard. J’ai étudié le développement économique; je savais que, si nous faisions un centre commercial, ce serait un succès.

Une vingtaine d'années plus tard, le projet a pris son envol. Une grande partie de la forêt a disparu et on trouve maintenant à sa place une station-service, un casino, une foire alimentaire et quelques commerces.

Le maire d’Edmundston, Eric Marquis, était, au début de la construction, enseignant à l’école secondaire en face du Grey Rock, de l’autre côté de l’autoroute. À partir des fenêtres de l’école, il a vu comment une partie de la forêt était rasée pour faire place au développement.

C'est quand même assez incroyable de voir qu'est-ce qui s'est fait dans les 15 dernières années avec Grey Rock. Ça a commencé par une station service, mais après ça on a vu le casino, l'hôtel, le petit centre d'achat en arrière, les restos juste à côté, le Saint-Hubert... Même Ford est rendu là!

Il reste encore quelques hectares boisés en arrière du complexe Grey Rock. La Première Nation a des plans pour poursuivre le développement dans ce secteur, avec notamment un projet de parc aquatique intérieur.

Le centre commercial Grey Rock

Les locaux du centre commercial Grey Rock, juste au nord de l'autoroute Transcanadienne, ont tous trouvé preneur.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

Le parcours du combattant

Grâce au règlement, négocié par Joanna Bernard, d'une revendication particulière liée au fait que le gouvernement n’avait pas protégé les terres de réserve adéquatement, les Malécites du Madawaska ont obtenu 5,7 millions de dollars du fédéral en 2008.

Les membres ont reçu la moitié de cette somme, l’autre a été investie dans le futur mégacentre commercial Grey Rock, juste au nord de la Transcanadienne.

Il a fallu raser la forêt, dynamiter la roche et égaliser le terrain. La cheffe s’est battue avec le gouvernement provincial pour obtenir les bretelles d’accès au développement. La province ne voulait pas nous aider, se rappelle-t-elle. Ils voulaient des preuves qu’il y avait déjà des entreprises qui voulaient aller là. Je leur ai dit : "vous nous avez promis des bretelles, si vous ne le faites pas, c’est moi qui vais le faire". J’avais une entreprise d’excavation, j’avais tout l’équipement nécessaire.

Cyrille Simard était le maire d’Edmundston à cette époque. La cheffe, dit-il, était un bulldozer.

Joanna était vraiment entrepreneuriale, elle avait une personnalité forte, et c'est ce que ça prenait pour faire ce qu'elle a fait, estime-t-il. Ça prenait quelqu'un qui allait affronter le gouvernement.

Elle disait : "on a le droit de faire ce qu’on veut [sur nos terres]", et elle avait raison.

Le premier commerce à ouvrir ses portes a été la station-service, en 2012. Une quinzaine d'années plus tard, elle est toujours aussi pimpante et continue d'être un arrêt pratique pour les nombreux routiers qui empruntent la Transcanadienne. Grâce à l'entente sur les taxes, elle rapporte un beau montant à la communauté chaque année.

La station service au développement commercial Grey Rock.

La station service du développement commercial Grey Rock rapporte «une somme d'argent importante», note la directrice de la gestion des terres de la Première Nation, Karen McGill.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

D’autres commerces ont suivi, notamment le casino, en 2015, devenu depuis l’emblème de Grey Rock. Avec ses 286 machines et son restaurant, il attire des visiteurs de toute la province et de bien au-delà. L'hôtel, qui lui est rattaché par une passerelle, permet à ces derniers de prolonger leur séjour.

Outre le grand totem représentant le héros mythique Glooscap à l'entrée et l'architecture de la bâtisse, des œuvres d'art autochtones à l'intérieur rappellent aux visiteurs qu'ils sont sur le territoire d'une Première Nation.

John Bernard, le frère de la cheffe, est le propriétaire du casino. Les premières années n’ont pas été faciles, se souvient-il. Il a été ardu de trouver du financement pour procéder au développement, puisque personne ne voulait prêter à une Première Nation.

Ça fait drôle d'entendre ça maintenant, de voir le succès et les sommes colossales qui sont générées, mais je peux vous dire que ça n'a pas été facile. La banque nous a mené la vie dure.

John Bernard lors d'une entrevue Skype.

John Bernard veut faire du casino une destination en toute saison.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Son casino, qui était au départ un centre d’amusement, se trouvait dans la zone résidentielle de la communauté. Il rapportait déjà un million de dollars par année à la Première Nation.

Mais M. Bernard, qui est président fondateur d'une entreprise informatique florissante, voyait plus grand. Quand nous avons déménagé à Grey Rock, j’ai investi 15 millions de dollars dans le casino, raconte-t-il. Plein de gens me disaient : "tu es fou, ça ne marchera jamais, c’est sur le territoire d’une Première Nation, Edmundston est trop petit". Mais je ne faisais pas de suppositions. Je savais qu’en étant sur l’autoroute, qui est la porte d’entrée du Canada atlantique, ça marcherait.

Aujourd’hui, le casino fait des recettes annuelles de plus de 20 millions de dollars, selon John Bernard. Il vient d’ailleurs d’être agrandi pour y ajouter une nouvelle salle de banquets qui permettra d’accueillir de plus grands événements.

Le développement de Grey Rock

Une fois le terrassement terminé, il a fallu convaincre des entreprises de s’installer à Grey Rock. Dans le centre commercial, les entreprises louent les locaux, mais d’autres ont préféré se bâtir, malgré les limitations qu’implique d’être sur les terres d’une communauté.

Les commerçants ne peuvent acheter les terrains, mais ils peuvent être propriétaires des bâtisses. Ils ont donc des baux de très longue durée, jusqu’à 99 ans.

Le stationnement du concessionnaire

Le concessionnaire Ford Violette Motors est un des premiers commerces qui s'est installé dans le centre commercial Grey Rock.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

Michel Violette, président du concessionnaire Ford, a été un des premiers non-Autochtones à s'installer à Grey Rock. Une décision évidente à ses yeux.

On a visité plusieurs sites et c'est ici qu’il y avait la meilleure visibilité et la meilleure accessibilité, explique-t-il. Cela aurait pu être n'importe où ailleurs, mais c'est juste que ça a donné que c'était au développement Grey Rock.

Dix ans plus tard, il est toujours aussi satisfait de son choix.

Ça a été une bonne décision pour nous parce que notre entreprise a quasiment triplé son chiffre d'affaires dans les premières années après notre déménagement, souligne-t-il. On est partis de la rue Queen, où on avait une vingtaine d’employés, puis aujourd'hui on est rendu au-dessus de 50 employés.

Brandy Francoeur

Brandy Francoeur est copropriétaire du Studio Velleo.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

Brandy Francoeur, propriétaire d'un studio de pilates, est une des dernières arrivées au centre commercial. C'est un endroit qui est rassembleur , explique-t-elle, citant la proximité de l'hôpital, de l'université et de l'école secondaire publique, en plus, bien sûr, de la Transcanadienne. Pour ses clientes qui viennent des municipalités environnantes, cette facilité d'accès est primordiale. Les locaux sont neufs et le service est impeccable, note Mme Francoeur.

Outre son studio, on trouve dans le développement commercial plusieurs commerces, une zone de jeux pour enfants, un golf virtuel, des restaurants, un hôtel et un café Starbucks qui a ouvert ses portes cet automne.

Pour l'ancien maire Cyrille Simard, que la multinationale ait choisi de s'installer à Grey Rock n'est pas anecdotique. Est-ce qu'on aurait réussi à avoir un Starbucks le long de l'autoroute sur les terrains alentour [hors du complexe de Grey Rock]? se demande-t-il. Je ne le pense pas.

Read Entire Article

         

        

Start the new Vibrations with a Medbed Franchise today!  

Protect your whole family with Quantum Orgo-Life® devices

  Advertising by Adpathway