PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayKhalaf Ahmad Al-Habtoor était un admirateur de Donald Trump. Cet homme d’affaires des Émirats arabes unis a participé au projet visant à bâtir une tour Trump à Palm Jumeirah, des îles artificielles créées pour ressembler à un palmier, au large de Dubaï. Le projet a été abandonné en 2011, dans la foulée de la crise financière mondiale.
Rien pour empêcher M. Al-Habtoor de continuer à faire la promotion de M. Trump. En 2015, il a appuyé sa candidature à la présidence des États-Unis. Dans une lettre ouverte publiée dans un journal émirati, il critiquait la politique de Barack Obama au Moyen-Orient et qualifiait le futur candidat républicain de stratège doté d’un sens aigu des affaires.
Mais aujourd’hui, Khalaf Ahmad Al-Habtoor se sent trahi. Dans une publication sur le réseau X, l’Émirati accuse les États-Unis d’avoir entraîné les pays du Golfe au cœur d’un danger qu’ils n’ont pas choisi.
Qui vous a donné la permission de transformer notre région en champ de bataille?, a-t-il demandé au président américain.

L'homme d'affaires émirati Khalaf Ahmad Al-Habtoor avait appuyé Donald Trump au moment où ce dernier était candidat à la présidence des États-Unis.
Photo : Getty Images / Tom Dulat
Depuis le 28 février dernier, au moins 3000 drones et missiles iraniens ont été tirés en direction des monarchies du Golfe. Des infrastructures énergétiques ont été ciblées et les aéroports de Dubaï, d’Abou Dhabi et de Doha, véritables plaques tournantes mondiales, ont vu leurs activités troublées en raison des attaques.
Les critiques exprimées par l’homme d’affaires Khalaf Ahmad Al-Habtoor font écho à un sentiment qui semble partagé par plusieurs responsables de la région. Début mars, l'agence Associated Press rapportait que des représentants de la région se disaient déçus de ne pas avoir été informés au préalable des attaques israélo-américaines menées contre l’Iran le 28 février, au cours desquelles le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a été tué.
Pourtant, les monarchies du Golfe ont leurs entrées à Washington, particulièrement sous l'administration actuelle. Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar pour effectuer le premier voyage officiel majeur de son deuxième mandat. Doha avait d’ailleurs profité de l’occasion pour offrir au 47e président des États-Unis un luxueux avion, d’une valeur de 400 millions de dollars américains.

De la fumée au-dessus de Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 13 mars dernier.
Photo : Getty Images / AFP
Les pays de la région hébergent aussi des bases américaines. Le Qatar accueille à lui seul 10 000 soldats, ce qui en fait la plus grande présence américaine au Moyen-Orient.
Autant de liens qui font de ces monarchies des cibles de la riposte iranienne aux frappes américano-israéliennes.
Un modèle remis en question?
Après l’attaque israélienne, mercredi, contre le gisement pétrolier iranien de South Pars, c’est donc les infrastructures énergétiques de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar que Téhéran a choisi de cibler. Le complexe industriel qatari de Ras Laffan a été attaqué à deux reprises.

Le site de production de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan (Photo d'archives)
Photo : Reuters
Ces frappes, qui s’ajoutent au blocage du détroit d'Ormuz, lieu de passage de 20 % de la production mondiale de pétrole, ont des conséquences majeures sur les finances publiques des pays de la région.
Pas moins de 60 % des revenus du gouvernement de l’Arabie saoudite proviennent du secteur énergétique. Dans le cas du Qatar, troisième exportateur mondial de gaz naturel, la vente d’hydrocarbures génère 80 % de ses revenus publics.
Au-delà des recettes énergétiques, c’est tout le modèle d’affaires de ces pays qui est remis en question.
Les Émirats arabes unis, mais aussi le Qatar, se présentent depuis longtemps comme des îlots de stabilité au Moyen-Orient. Avec des projets quasi pharaoniques de construction d’immeubles toujours plus hauts et des régulations moins strictes que dans plusieurs pays occidentaux, ces monarchies attirent investisseurs étrangers et même influenceurs.
Depuis quelques semaines, le son des alertes et le bruit des explosions mettent à mal cette image.
Les pays du Golfe ignorés, au profit d’Israël?
Si les États-Unis et Israël ont mené conjointement les frappes initiales sur l’Iran, le 28 février, Donald Trump a tenu à se distancier des attaques menées par les forces israéliennes sur le champ gazier iranien.
Le président a assuré que Washington ne savait rien de l’attaque et assure qu’Israël ne s’en prendra plus au gisement gazier de South Pars, menaçant au passage l’Iran de représailles si Téhéran poursuit ses attaques contre les alliés américains dans la région.
Les propos de M. Trump réussiront-ils à rassurer les monarchies du Golfe, dont certains représentants reprochent à Washington de s’être trop aligné sur Israël pour mener sa guerre?
La plus grande erreur de calcul de l’administration américaine, bien sûr, a été de se laisser entraîner dans cette guerre dès le départ. Ce n’est pas la guerre des États-Unis, et aucun scénario ne laisse présager qu’Israël et l’Amérique y obtiendront ce qu’ils souhaitent, déclarait mercredi le ministre des Affaires étrangères d’Oman, dont le pays jouait jusqu’à tout récemment le rôle de médiateur dans les négociations entre Washington et Téhéran.
Plutôt que l’affrontement, ces dernières années, les pays de la région ont fait le choix de la désescalade avec l’Iran. Malgré les rivalités qui ont marqué la relation entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a orchestré une détente dans la relation avec Téhéran, avec pour objectif une stabilité régionale qui permettrait de mettre en œuvre ses projets de grandeur.
Cette volonté de stabilité régionale a même poussé l’Arabie saoudite à envisager une normalisation de ses relations avec Israël.
Cette normalisation des relations entre plusieurs États arabes et Israël, les Accords d’Abraham, est un des legs en matière de politique étrangère de la première administration Trump.

Bahreïn et les Émirats arabes unis (représentés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs sur la photo, entourant Benyamin Nétanyhou et Donald Trump) ont signé les Accords d'Abraham en 2020. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / SAUL LOEB
Deux pays du Golfe font partie de ceux qui y ont déjà pris part : Bahreïn et les Émirats arabes unis. En 2020, l’homme d'affaires émirati Khalaf Ahmad Al-Habtoor s'était d’ailleurs montré favorable aux accords d’Abraham. Son groupe a d’ailleurs tissé des liens avec des entreprises israéliennes.
À moyen ou à long terme, la guerre que mènent Israël et les États-Unis contre l’Iran changera-t-elle la perspective des États du Golfe quant à leurs relations avec ces pays? Le terme diversification pourrait-il s’inviter dans le vocabulaire de leurs gouvernements?
À court terme, alors que les missiles et les drones iraniens sont encore quotidiennement interceptés au-dessus de la région, l’homme d’affaires évoque surtout une déception.
Vous avez rompu votre promesse de ne pas vous impliquer dans des guerres et de vous concentrer uniquement sur les États-Unis, a écrit Khalaf Ahmad Al-Habtoor sur les réseaux sociaux.
Cette publication, destinée au président Trump, a été supprimée quelques jours après avoir été mise en ligne. Une décision prise à la demande d’amis aux États-Unis et aux Émirats arabes unis, a affirmé M. Al-Habtoor au Washington Post.
En entrevue avec le journal américain, l’homme d'affaires a néanmoins réitéré certains de ses reproches.
J’en veux aux États-Unis, car Israël les a entraînés là-dedans, lance-t-il. J’en veux à Trump, mais j’en veux encore plus aux Iraniens, ajoute-il, résumant en quelques mots l'étau dans lequel les pays du Golfe, comme le sien, se retrouvent aujourd'hui.


2 months ago
10





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·