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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe président chinois Xi Jinping est arrivé ce soir à Washington pour un premier sommet en sol américain en 10 ans. Fait rarissime, Donald Trump a bousculé le protocole pour l’occasion : il a accueilli lui-même son homologue chinois à sa descente d'avion, à la base aérienne Andrews, près de Washington.
Habituellement, le président américain ne rencontre ses invités qu’à leur arrivée à la Maison-Blanche, l’accueil sur le tarmac étant assuré par des responsables de rang inférieur dans l’administration américaine.
Les marques d’estime et de respect à l'égard de M. Xi se poursuivront jeudi avec une cérémonie d’accueil militaire à la Maison-Blanche avec des coups de canon et le survol d’un bombardier B-2 et de jets F-22 Raptors. Un dîner de gala bien branché, où seront présents les grands noms de l'industrie de la technologie américaine – comme Sam Altman (OpenAI), Jensen Huang (Nvidia), Jeff Bezos (Amazon) et Elon Musk (Tesla, SpaceX, X) –, est aussi au programme.

Le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump saluent de la main le président chinois Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan avant leur départ, à l'issue d'une cérémonie d'accueil à la base interarmées Andrews (Maryland), le mercredi 23 septembre 2026.
Photo : Associated Press / Alex Brandon
Selon l’AFP, M. Xi n'est pas accompagné d'une délégation de chefs d'entreprise chinois pendant son voyage; seulement de sa femme, Peng Liyuan, contrairement à Donald Trump lors de son dernier voyage en Chine.
Pourquoi un tel sommet maintenant?
Les deux dirigeants se retrouveront jeudi à la Maison Blanche, pour le temps fort annoncé d'une visite qui a d'ores et déjà atteint son but principal. Les Etats-Unis et la Chine ont en effet décidé de prolonger leur trêve commerciale jusqu'au 10 janvier, a annoncé le ministre américain des Finances Scott Bessent.
C’est un moment charnière pour les relations entre les deux pays, selon Pascale Massot, professeure agrégée à l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa. L’entente de l’automne dernier, qui a mis fin aux tarifs annoncés le 2 avril 2025 par le président Trump ainsi qu'à la réplique chinoise, arrive à échéance.
La stabilité actuelle dans les rapports entre les deux pays, que le président Xi a qualifiée de stabilité stratégique constructive, est fragile. Et tant M. Trump que M. Xi ont des contraintes intérieures à gérer.
On va se souvenir de l’année dernière, en 2025, comme une année où la Chine a regardé les États-Unis en face, puis les a fait reculer. Donc, on est dans un moment très différent d’il y a 5 ou 10 ans. C’est dans ce contexte que les dirigeants vont se rencontrer.
Au micro du balado Ça s’explique, Mme Massot a rappelé que Xi Jinping veut bien se positionner en vue du congrès du Parti communiste chinois, qui se déroulera dans un an, où il cherchera à obtenir un quatrième mandat. Plus la relation avec les États-Unis est prévisible, le mieux c’est pour le président Xi.
Or, le modèle de croissance chinois s’essouffle, le taux de chômage est élevé et l’accès aux marchés internationaux se referme. Une entente commerciale avec les États-Unis offrirait une certaine stabilité.
Qui plus est, plusieurs conflits internationaux ont des répercussions sur la Chine. L’Iran, en guerre contre les États-Unis et Israël, est un partenaire de la Chine, et cette dernière fait affaire avec la Russie, qui est en guerre avec l’Ukraine.
Du côté des États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump cherche lui aussi à offrir à ses électeurs de bonnes nouvelles, explique le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Pascal Boniface, dans une analyse publiée sur le site web de l’IRIS. Le président américain, qui voit les relations internationales comme des transactions, cherche à obtenir de la Chine qu’elle augmente ses achats de produits américains, et il fait pression pour que cette dernière exerce son influence sur l’Iran.
Selon Edgard Kagan, un ancien responsable de la Maison-Blanche qui est maintenant chercheur au Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, la recherche de compromis n’est pas pour M. Trump ni pour M. Xi.
Le président [Donald Trump] est persuadé qu'avec le temps, l'économie américaine va continuer de croître, et que les États-Unis deviendront plus forts. Quant à Xi Jinping, je pense que, quand il s'assoira au côté de Donald Trump, il sera convaincu que les États-Unis sont en plein déclin et que le temps joue en faveur de la Chine, a-t-il affirmé à l’agence de presse Reuters.

Des militaires américains s'entraînent en vue de la visite officielle du président chinois, Xi Jinping, à la Maison-Blanche, le 16 septembre.
Photo : Getty Images / Chip Somodevilla
Taïwan : un dossier toujours brûlant
Par ailleurs, on s’attend à ce que la question de Taïwan, l’enjeu qui a été qualifié par la Chine en mai dernier de « plus important dans les relations entre la Chine et les États-Unis », soit soulevée par le président chinois.
Washington est le principal pourvoyeur d’armes de Taïwan et son premier soutien international, même s'ils n’entretiennent pas de relations diplomatiques. La Chine, qui considère Taïwan comme l’une de ses provinces, voit dans cet appui une atteinte à sa souveraineté.
Une autre pomme de discorde risque fort bien de s’être présente au sommet : la rivalité des deux puissances en matière d’intelligence artificielle. Malgré des avancées différentes dans les deux pays, la question de la sécurité ne pourra être résolue que si les deux s’entendent pour l’encadrer, d'après Pascale Massot.
[Les deux puissances] ont besoin, ne serait-ce que d’échanger de l’information sur les risques, etc. Évidemment, le défi, ça va être un défi au niveau de la confiance [...], parce qu’on imagine mal les États-Unis et la Chine partager des données privilégiées immédiatement, sans crainte, souligne Mme Massot.
Deux autres rencontres entre les deux hommes sont encore possibles d’ici la fin de l’année, d’abord au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), en Chine, et à celui du G20, les 14 et 15 décembre, à Miami, aux États-Unis.
Avec les informations de Reuters et Agence France-Presse


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