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La partielle qui pourrait influencer le choix du prochain premier ministre ontarien

1 month ago 131

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Les trois élections partielles fédérales lundi pourraient déterminer si le gouvernement Carney deviendra majoritaire ou non. Mais l’une d’entre elles pourrait également contribuer à déterminer qui sera le prochain chef du Parti libéral de l’Ontario, et un potentiel successeur de Doug Ford.

La candidate fédérale libérale dans la partielle de Scarborough-Sud-Ouest n’est nulle autre que l’ancienne chef adjointe du NPD ontarien, Doly Begum. En quittant son poste de députée provinciale du même comté, elle a lancé un compte à rebours pour une élection partielle provinciale. Doug Ford a six mois pour la déclencher, donc le 5 août.

Le jour même de l’annonce fracassante de Mme Begum, le député fédéral libéral Nathaniel Erskine-Smith a déclaré son intention de briguer la nomination libérale pour lui succéder à Queen’s Park. Mais son ambition ne s’arrête pas là : le député veut devenir le prochain chef du Parti libéral de l’Ontario.

Doly Begum s'adresse à ses partisans lors d'une réunion d'investiture néo-démocrate à Scarborough.

Doly Begum représentait le NPD dans Scarborough-Sud-Ouest depuis 2018. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Andrew Lahodynskyj

Les observateurs de la scène politique ontarienne se souviendront de la performance de M. Erskine-Smith en 2023 lors de la précédente course à la chefferie. L’ex-mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, perçue par plusieurs comme la meneuse dans cette course, l’avait finalement emporté de justesse au troisième tour avec 53,4 % des points devant M. Erskine-Smith, qui en a obtenu 46,6 %.

Le député de Beaches—East York espère manifestement aller plus loin cette fois-ci : il a choisi de prouver ses compétences en remportant une circonscription détenue par un autre parti.

Frustrations internes

Les méthodes de Nathaniel Erskine-Smith, connu comme un électron libre, ont cependant froissé quelques susceptibilités au sein des partisans libéraux.

Le député n’a pas appelé la précédente candidate libérale dans ce comté, Qadira Jackson, avant de se déclarer, un manque de courtoisie qui en a fait sourciller plusieurs.

Quatre candidats libéraux, dont M. Erskine-Smith, se tiennent debout derrière des lutrins devant le regard des spectateurs.

Nathaniel Erskine-Smith en est à sa deuxième tentative de devenir chef du Parti libéral de l'Ontario. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ken Townsend

C’est un peu dangereux, ce [à quoi] il joue, affirme le libéral de longue date Pierre Cyr.

Je crois bien qu’il y a plusieurs gens qui vont jouer contre lui parce qu’il se présente comme chef, donc ils veulent essayer de voir s’ils peuvent l’arrêter au niveau local, affirme celui qui a occupé plusieurs postes importants au sein des gouvernements McGuinty et Wynne.

Même le député Ted Hsu, candidat à la chefferie en 2023, a publiquement critiqué l’approche de son ancien adversaire, qui songeait à solliciter la nomination directe du parti plutôt que de disputer une primaire contre d’autres candidats.

Il ne suffira pas de demander à Doug Ford de se désister pour remporter les prochaines élections, a affirmé M. Hsu sur X.

Pour remporter son pari, Nathaniel Erskine-Smith devra donc traverser plusieurs épreuves : obtenir la nomination libérale pour Scarborough-Sud-Ouest, puis remporter une élection partielle dans une circonscription qui n’a pas été libérale depuis 2018.

Il devra ensuite traduire cette hypothétique victoire en preuve de viabilité pour convaincre assez de libéraux qu’il peut mener les troupes à la victoire aux prochaines élections générales ontariennes.

D’autres noms circulent

Si aucun candidat ne s’est officiellement déclaré auprès d’Élections Ontario, la course à la chefferie est bel et bien entamée depuis plusieurs mois.

Au moins deux députés songent à se lancer dans la course : Rob Cerjanec, d’Ajax, et Lee Fairclough, d’EtobicokeLakeshore, à Toronto. Ils ont tous deux été élus pour la première fois en 2025, ravissant chacun un siège aux progressistes-conservateurs de Doug Ford.

Les députés Lee Fairclough et Rob Cerjanec sont assis côte à côte lors de la période de questions à Queen’s Park, à Toronto.

Lee Fairclough et Rob Cerjanec sont assis côte à côte à l'Assemblée législative de l'Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor

Si l’un d’entre eux remporte son pari, ce serait la première fois depuis 2018 que le chef du Parti libéral de l’Ontario détiendrait un siège à l’Assemblée législative.

À plusieurs égards, ça n'a pas une si grande importance, car la plupart des Ontariens ne suivent pas ce qui se passe à l'Assemblée législative au jour le jour, affirme le politologue à l’Université McMaster, Peter Graefe. Mais, ça aide quand même, [...] au niveau de la couverture médiatique.

L’avocat torontois Vikram Handa et le jeune militant pour le logement Eric Lombardi tâtent également le terrain depuis quelques mois, sans remporter de soutien officiel d’importance pour le moment.

Les candidats ont jusqu’au 31 juillet pour soumettre leur candidature. Les libéraux ontariens pourront alors voter en ligne du 9 au 20 novembre lors d’un scrutin préférentiel. Le vainqueur sera révélé le 21 novembre 2026.

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