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La paperasse, un frein pour la relève dans les vignobles québécois?

2 months ago 24

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Des vignerons du Québec peinent à trouver de la relève, même si la production vinicole continue de prendre de l'ampleur dans la province. Certains estiment que la paperasse à remplir pour produire du vin est un frein pour ceux qui songent à se lancer dans cette industrie.

C'est ce qu'estime l'agronome et biologiste Louis Drainville, qui est aussi président-directeur général du vignoble de la Ferme expérimentale Terre-Eau (FETE) à Saint-Joseph-de-Lepage, près de Mont-Joli.

Après une dizaine d'années de travail et d'investissements pour ce vigneron et son équipe, le vignoble produit désormais plus de 10 000 bouteilles de vin par année.

Mais à plus de 60 ans, Louis Drainville cherche maintenant à passer le flambeau et à vendre son entreprise.

Je me donne encore à peu près trois ans pour éventuellement former un repreneur ou accompagner un repreneur qui pourrait être intéressé, explique-t-il.

Louis Drainville, devant des cuves de production.

Louis Drainville espère trouver de la relève pour reprendre les activités de son vignoble, qui produit désormais plus de 10 000 bouteilles de vin par an, au Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque

Selon le Conseil des vins du Québec, le cas de Louis Drainville n'est pas isolé.

Les premiers vignobles de la province célèbrent leur 40e anniversaire et leurs propriétaires tendent maintenant la main à la future génération, mais la recherche de relève peut parfois être ardue.

Il y a des changements importants qui doivent être faits si l'on veut assurer la pérennité de ces entreprises-là.

Le président du Conseil des vins du Québec et vigneron-propriétaire du domaine Nival, Matthieu Beauchemin, estime que le fardeau bureaucratique des producteurs d'alcool québécois peut contribuer à décourager la relève.

Un petit vignoble doit affecter une personne à temps plein pendant six semaines juste pour le volet de gestion de bureaucratie, de rapports, etc., décrit-il. Matthieu Beauchemin ajoute que des vignerons ont même choisi de lancer la serviette dans les dernières années devant l'ampleur de ce défi.

Un homme répond à des questions dans un vignoble.

Le président du Conseil des vins du Québec, Matthieu Beauchemin, estime que la lourdeur administrative contribue à décourager la relève. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Des allégements ont été alloués par le gouvernement dans les dernières années et d'autres sont encore à l'étude, entre autres dans le projet de loi 11 présenté à l'Assemblée nationale en décembre dernier, mais ils sont encore insuffisants, selon lui.

Louis Drainville abonde dans le même sens.

Au total, j'en suis à 32 déclarations annuellement que je dois faire. Puis, trompe-toi pas d'une bouteille! [...] C'est à vomir!

Il soutient devoir remplir 12 déclarations à l'Agence du revenu du Canada, quatre à la Régie des alcools, des courses et des jeux, huit à Revenu Québec, quatre au ministère de l'Économie et quatre pour déclarer ses ventes en épicerie à la SAQ.

Un rang de vignes dans un vignoble.

Les changements climatiques permettent d'accroître le nombre de jours favorables au mûrissement du raisin, ce qui permet d'en améliorer la qualité et de produire de meilleurs vins. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Louis Drainville trouve notamment aberrant de devoir payer une redevance de 35 % à la SAQ et d'avoir à remplir lui-même la paperasse nécessaire pour produire cette facture. Il ajoute qu'il doit ensuite remplir d'autres documents pour demander un remboursement équivalent à cette redevance au ministère de l'Économie.

Malgré tout, le vigneron garde l'espoir de trouver la perle rare pour garder vivant le savoir-faire accumulé dans son vignoble au fil du temps.

Le Québec compte désormais environ 180 exploitations viticoles, une production jugée prometteuse pour l'avenir, alors que les changements climatiques permettent à la vigne de mieux s'acclimater au terroir québécois.

À Saint-Joseph-de-Lepage, la proximité du fleuve protège les vignes des grands froids. Ici, c'est le terroir du futur, conclut Louis Drainville.

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