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La ministre LeBel et les oppositions s’affrontent sur la hausse du budget en éducation

3 weeks ago 17

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La promesse de la première ministre Christine Fréchette de protéger les services aux élèves de toute future compression budgétaire a alimenté les échanges lors de l’étude des crédits budgétaires en éducation mercredi.

Le responsable solidaire en matière d'éducation, Gabriel Nadeau-Dubois, a fait remarquer que, pour la prochaine année, les allocations pour les activités éducatives, dont les enveloppes pour l’aide alimentaire et celle pour les élèves ayant des besoins particuliers (EHDAA), n’annoncent qu’une hausse de 1,57 %, soit moins que l’inflation, dans le projet de règles budgétaires récemment déposé.

Il y voit une contradiction avec l’engagement du gouvernement actuel d’assurer une croissance des budgets des services aux élèves, au minimum au rythme de l’inflation, et reproche à la première ministre de briser une première promesse.

Mais la ministre LeBel ne perçoit pas les choses de la même façon. Et elle désapprouve la manière du député solidaire de mettre de l’avant des règles comptables isolées, et non pas la globalité du financement, par exemple pour l’aide alimentaire, qui se rend dans les écoles aussi par le truchement des sommes versées à des organismes comme le Club des petits déjeuners.

Capture d'écran des crédits budgétaires en éducation en 2026.

Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, lors de l'étude des crédits budgétaires en éducation le 13 mai 2026

Photo : Assemblée nationale

Je prends [l’exemple] d’enveloppes précises parce que c’est elles qui nous indiquent ce que les élèves vont recevoir dans les écoles, a rétorqué M. Nadeau-Dubois.

L’ensemble du budget des dépenses est plutôt en hausse pour la prochaine année, au-delà de l’inflation prévue, s’est défendue Mme LeBel.

[Une hausse de] 3 %, c’est ça qui est disponible pour l’éducation et c’est ça qui va être distribué. [Les CSS] vont avoir l’argent nécessaire pour couvrir les coûts de maintien de services.

La députée libérale Madwa-Nika Cadet, de son côté, a semblé incrédule d’entendre Mme LeBel répéter qu’aucune compression budgétaire n’a eu lieu dans le réseau de l’éducation l’an dernier et que la promesse de Mme Fréchette n’a pas été faite en réaction à la crise budgétaire de l’été dernier.

Pour Mme Cadet, les réponses de la ministre LeBel sont signe que la mesure à venir n’aura que peu d’impact. Ce que vous nous annoncez aujourd’hui, c’est que le projet de loi que vous comptez déposer, ça ne changera absolument rien, a-t-elle lancé.

Mme LeBel a répliqué qu’il fallait plutôt voir cette mesure, dont elle laisse le soin à la première ministre d’annoncer la forme et les modalités, comme un legs de la CAQ pour éviter des compressions de futurs gouvernements comme il y a pu en avoir par des gouvernements précédents, avant 2018 [le premier mandat de la CAQ].

L'étude des crédits en résumé

Avant leur adoption, les parlementaires doivent étudier les crédits en commission plénière, puis en commission permanente. Ensuite, l'Assemblée adopte un projet de loi de crédits qui autorise le gouvernement à puiser à même le trésor public jusqu'à concurrence des montants indiqués dans le projet de loi.

Source : Assemblée nationale (nouvelle fenêtre)

Regroupement de règles budgétaires : Je garantis la lecture, dit LeBel

Les craintes de certains quant à la réforme du financement scolaire lancée par la ministre LeBel ont aussi été abordées lors des échanges. Le regroupement d'environ 260 mesures budgétaires en 37 catégories, bien qu’accueilli positivement par plusieurs acteurs du réseau scolaire, fait craindre à certains des effets pervers en raison de la disparition des mesures protégées et réservées.

La ministre LeBel réaffirme qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Je fais confiance aux milieux, a-t-elle dit, lorsque Madwa-Nika Cadet lui a demandé une exception pour réserver des sommes à l’achat de livres par les écoles, comme réclamé par le milieu du livre.

Capture d'écran des crédits en éducation à l'Assemblée nationale.

La députée du Parti libéral du Québec Madwa-Nika Cadet, lors de l'étude des crédits en éducation le 13 mai 2026

Photo : Assemblée nationale du Québec

Il n’y aura pas de règle réservée en la matière qui sera ajoutée, a confirmé la ministre, mais elle se fait rassurante. Ça va passer par l’achat de livres, ça va peut-être passer par la bibliothèque municipale du coin. Le but, c’est qu’il y ait de la lecture. [...] Je garantis la lecture.

Le porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Pascal Bérubé, a demandé à la ministre de rassurer le milieu culturel, qui redoute que certains CSS favorisent par exemple le sport au détriment des sorties culturelles.

On laisse le terrain s’organiser avec des orientations gouvernementales claires : tous les enfants dans toutes les écoles doivent avoir accès à du sport, doivent être exposés à la culture et avoir accès à la lecture.

Restrictions budgétaires : des perturbations reconnues

Les députés de l’opposition ont également forcé la ministre LeBel à revenir sur la dernière année scolaire mouvementée. Cette dernière a été marquée à l’été 2025 par des restrictions budgétaires majeures, suivies d’un réinvestissement assorti de conditions, dont le respect de plafonds d’embauche (cibles d’ETC), jusqu’à l’intervention de la ministre à l’automne.

La ministre a maintenu la ligne ferme du gouvernement. C’est l’effet de plusieurs choses qui a donné une impression de compressions, a-t-elle réitéré, avant de répéter qu’il n’y a jamais eu de coupes dans le budget de l’éducation.

Elle a toutefois reconnu, sans pouvoir chiffrer le nombre d’employés scolaires qui ont écopé de cette mesure, que les cibles d’ETC ont entraîné des effets sur le réseau, des pépins, et nui à la capacité d’embaucher dans certains endroits, parce que le plafond a été levé trop tard.

Ça a malheureusement occasionné des perturbations sur les embauches. Mais j’ai réglé la situation le plus rapidement possible.

Mme LeBel a d'ailleurs félicité son gouvernement d’avoir, année après année au cours des deux mandats de règne caquiste, embauché des professionnels (+18 %) et du personnel de soutien (+26 %) à un rythme plus rapide que la hausse du nombre d’élèves (+9 %).

Mme Cadet s’est dite surprise d’entendre ces données, puisque le nombre de techniciens en éducation spécialisée (TES) a baissé entre mai 2025 et 2026, si on se fie aux chiffres disponibles en ligne sur le Tableau de bord de l'éducation du ministère. Un rapport de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE) a aussi documenté une baisse récente du nombre de ses membres dans le réseau scolaire.

La ministre LeBel a répondu qu’il fallait analyser les chiffres de son tableau de bord avec prudence, car ils ne font notamment pas la distinction entre les postes à temps partiel et à temps complet, et que les données d’équivalents temps plein (ETP) détenues par le MEQ sont les plus parlantes en la matière.

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