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La France en quête d’explications face au chaos, nouvelles tensions à Paris

20 hours ago 3

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La France cherche des explications et des responsables au lendemain du chaos semé dans les principales villes du pays en marge de la mobilisation contre la « vie chère », samedi, et qui se prolongeait encore dimanche à Paris avec de nouvelles tensions vives et des images de pillage.

La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée pour le deuxième jour d'affilée à Paris, selon une source proche du dossier. Elle est engagée place de la République, où des tensions sont en cours, avec des affrontements entre plusieurs centaines de personnes et les forces de l'ordre.

Des actions de pillage ont également repris dans ce secteur, et un magasin de vêtements serait touché, selon des images de télévision.

À six mois de la présidentielle, les pillages, les affrontements avec les forces de l'ordre et les destructions qui ont déferlé jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche ont aussi fait ressurgir le débat brûlant sur les failles du maintien de l'ordre, dénoncées notamment par les maires de Paris, de Marseille (sud) ou de Limoges (centre ouest), trois villes particulièrement secouées.

Plus de 30 000 pilleurs ont été dénombrés samedi à Marseille.

Sous pression, le président, Emmanuel Macron, doit s'adresser aux Français à 20 h, heure locale, au lendemain d'une journée de la colère lycéenne et sociale qui s'est soldée par quelque 2000 interpellations et 600 blessés dans les rangs policiers.

Des personnes passent sur la rue devant des vitrines brisées d'une boutique.

Vitrines brisées de la boutique Lacoste sur l'avenue des Champs-Élysées, au lendemain des affrontements entre certains manifestants et des policiers.

Photo : Reuters / Stephanie Lecocq

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, dont la démission est réclamée à gauche et à l'extrême droite, s'exprimera dans la foulée.

Mairies attaquées, magasins saccagés, rues jonchées de débris... Dans les nombreuses villes touchées par les violences, l'heure était au bilan, à la désolation et parfois à la colère. C'est lamentable, effarant, des meutes de jeunes qu'on a vues hier ici, qui pillent, qui cassent en toute impunité, a déploré Cécile Rogue, 57 ans, à Paris.

Même sentiment devant la mairie de Limoges, dévastée par les flammes samedi. Mes enfants se sont mariés ici, ça fait mal au cœur, confie Jean-Louis, un riverain retraité. On peut avoir des revendications sans tout casser.

Des volontaires sont venus spontanément aider à déblayer les rues de centre-ville jonchées de débris, pour conjurer leur impuissance. Je me suis levée ce matin [...] je n’avais pas de mots, et je voulais me sentir utile, explique Clémentine, 47 ans, croisée à Lyon.

Record d'interpellations à Paris

Au total, 1500 commerçants touchés dans le pays et des centaines de millions d'euros de dégâts, a évalué la Fédération du commerce et de la distribution.

À Saint-Étienne (centre est), un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière, selon une source proche du dossier. Et à Mulhouse, la police des polices a été saisie après qu'une jeune femme a perdu un œil.

À Paris, 855 personnes ont été interpellées samedi, un chiffre record, a annoncé dimanche la préfecture de police (PP). Plus de 550 personnes sont en garde à vue, selon le ministère public de Paris.

Une personne qui manifestait dans la capitale est décédée à la suite d'un malaise, sans lien avec les violences ou une quelconque action des forces de l'ordre, selon les autorités.

Un homme passe devant un graffiti sur lequel on peut lire « Redistribuer les richesses », peint sur la vitrine d'un magasin.

Un homme passe devant un magasin à Marseille, au lendemain des affrontements lors d'une journée nationale de manifestations contre le coût de la vie et la hausse des prix des carburants.

Photo : Reuters / Manon Cruz

Des symboles de la République ont été attaqués : à Marseille (sud), à Lille (nord), à Angers (ouest) et à Bordeaux (sud-ouest), des manifestants ont fait irruption dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. À Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée.

À Limoges (centre ouest), c'est l'hôtel de ville, datant du XIXe siècle, qui a été presque totalement consumé.

Habitué des grandes mobilisations, le pays a déjà connu des épisodes de violences avec les gilets jaunes en 2018-2019, les émeutes provoquées par la mort de Nahel en 2023 ou les manifestations contre la réforme des retraites la même année. Mais la journée de samedi marque, selon certains observateurs, un point de bascule.

Cette journée marquera sans doute une césure, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, choqué par le niveau de violences à l'unisson de la presse étrangère.

Impuissants face au pillage et aux destructions, plusieurs maires cherchent des réponses.

Dans la capitale, des rues entières ont été méthodiquement ravagées, selon le maire socialiste Emmanuel Grégoire. Sa première adjointe, Lamia El Aaraje, a déploré un manque de moyens policiers pour mettre un terme aux pillages.

À Limoges, le maire, Guillaume Guérin (LR, droite), a accusé l'État d'avoir abandonné ses policiers nationaux face à des hordes de sauvages.

Le maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), a samedi demandé des comptes pour comprendre comment des gens ont pu impunément casser.

Critiques politiques

Une commission d'enquête parlementaire sur les violences sera créée et portera également sur la stratégie de maintien de l'ordre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance, pro-Macron).

À quelques mois de la présidentielle, le débat a rapidement rebondi sur le terrain politique. La France a été humiliée hier, a déclaré Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (extrême droite), imputant les violences à la gauche radicale LFI et à ses proxys qui, elle, accuse le gouvernement d'attiser la colère depuis le début du mouvement lycéen mi-septembre.

Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle et favorite dans les sondages, a fustigé un pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté.

La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président des États-Unis, Donald Trump, a écrit que la France brûle, estimant que le pays était brisé par l'immigration.

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