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La Colombie vire à droite avec la victoire à la présidentielle d’un candidat pro-Trump

7 hours ago 10

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L'avocat antisystème soutenu par les États-Unis, Abelardo de la Espriella, a remporté le second tour de l'élection présidentielle en Colombie dimanche, faisant basculer très à droite un pays frappé par la violence des groupes armés.

L'homme d'affaires, novice en politique, a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro.

Les résultats préliminaires officiels le donnent gagnant avec 49,7 % des voix, devant Ivan Cepeda (48,7 %).

Le président élu prendra ses fonctions le 7 août, pour un mandat de quatre ans.

Derrière un vitrage pare-balles, Abelardo de la Espriella a célébré le début d'une nouvelle ère face à des milliers de partisans réunis à Barranquilla (nord).

Partisan d'une opposition frontale aux groupes armés liés au narcotrafic, il a juré de poursuivre sans relâche les bandits, dans le cadre de la Constitution et des lois de la République, et de gouverner pour tous les Colombiens.

Le Tigre, comme le surnomment ses supporters, promet la sécurité après une campagne marquée par des attentats à la bombe de la guérilla et l'assassinat d'un prétendant à la présidence.

Avec Abelardo de la Espriella, la Colombie devient le dernier pays latino-américain en date à virer à droite, après l'Argentine, le Chili ou encore l'Équateur dont les dirigeants, alignés sur Washington, ont rapidement félicité le président élu.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a vanté sur X une future collaboration en matière de sécurité et pour mettre fin à l'immigration clandestine vers les États-Unis.

Le président américain Donal Trump, de son côté, a publié sur son réseau Truth social une photo du millionnaire colombien, accompagnée du message : il a gagné, et largement!.

Iván Cepeda, candidat du parti Pacto Histórico, montre son bulletin de vote lors du second tour de l'élection présidentielle de 2026 en Colombie, le 21 juin 2026 à Bogotá.

Iván Cepeda, candidat du parti Pacto Histórico, montre son bulletin de vote lors du second tour de l'élection présidentielle de 2026 en Colombie, le 21 juin 2026 à Bogotá.

Photo : Getty Images / Andres Rot

Maillot jaune

Les partisans du millionnaire de 47 ans sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Colombie, avec sur le dos le maillot jaune de l'équipe nationale de football qu'il avait adopté lors de ses réunions de campagne.

À Cali, troisième ville du pays, des manifestants mécontents de l'issue du scrutin ont au contraire brûlé des drapeaux américains et affronté la police antiémeute, ont constaté des journalistes de l'AFP.

À Bogota également, des protestations ont eu lieu. Nous n'allons pas soutenir ce gouvernement, il ne me représente pas en tant que jeune, a déclaré à l'AFP Brandon, un étudiant de 19 ans, en promettant beaucoup d'autres manifestations à venir.

Devant ses partisans réunis à Bogota, Ivan Cepeda a assuré qu'il n'accepterait pas la défaite avant le dépouillement final, lequel devrait prendre plusieurs jours, et qu'il contesterait les résultats de 33 000 bureaux de vote.

Une fois (...) que les vérifications correspondantes auront été effectuées, nous reconnaîtrons le résultat officiel, a assuré le philosophe et défenseur des droits de l'Homme de 63 ans.

Des femmes votent lors du second tour de l'élection présidentielle à Robles, dans le département de Valle del Cauca, en Colombie, le 21 juin 2026.

Des femmes votent lors du second tour de l'élection présidentielle à Robles, dans le département de Valle del Cauca, en Colombie, le 21 juin 2026.

Photo : Getty Images / JOAQUIN SARMIENTO

Abelardo de la Espriella a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas et la gauche, au pouvoir pour la première fois de l'histoire de la Colombie avec le président Petro.

Face à lui, le sénateur Cepeda était soutenu notamment parmi les classes populaires reconnaissantes pour la réduction de la pauvreté et les salaires plus élevés sous Petro, dans l'un des pays les plus inégalitaires au monde.

Prospérité et sécurité

La victoire du candidat de la droite dure trace une voie de prospérité et de sécurité pour le pays, a réagi Samuel Gomez, directeur de collège de 39 ans, à Barranquilla (nord).

L'avocat millionnaire incarne le rejet de la figure de Gustavo Petro, que la Constitution empêche de briguer un second mandat, et une ligne dure face au crime organisé dans un pays qui est le premier producteur de cocaïne au monde.

3:07

Les détails avec notre envoyé spécial, Jean-Michel Leprince, à Bogota

Raul Vasquez, un ingénieur de 41 ans, espère que sa présidence permettra de relancer l'économie, créer des emplois. Il attend beaucoup également sur le plan de la sécurité.

Ivan Cepeda est l'un des artisans de la stratégie de Gustavo Petro visant à négocier la paix avec les organisations criminelles (guérillas, paramilitaires, cartels) impliquées dans le narcotrafic, avec de maigres résultats. Il promettait d'approfondir les réformes sociales.

L'un de ses partisans, Santiago Galindo, employé de banque à Bogota, s'est dit après les résultats très nerveux face à ce que le président élu de droite pourrait faire.

Des experts avertissent que ses promesses d'offensive militaire pourraient plonger le pays dans une nouvelle spirale de violence.

Société divisée

Admirateur des présidents salvadorien Nayib Bukele, argentin Javier Milei et américain Donald Trump, l'homme d'affaires a promis de faire construire des mégaprisons où les détenus seraient nourris de pain et d'eau, de bombarder les camps de narcotrafiquants avec le soutien des États-Unis et d'Israël et de réduire de 40 % l'appareil d'État.

Après une campagne ayant montré une forte polarisation de l'opinion, le futur président devra reconnaître que la moitié du pays n'est pas d'accord avec lui et (...) dialoguer pour que la patrie puisse s'unir, estime Giovanna Pinzon, une psychologue de 46 ans dans la capitale.

D'autant qu'il n'aura pas les mains totalement libres pour gouverner, faute de majorité au Parlement.

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